Le calendrier vaccinal 2025 apporte des modifications importantes pour renforcer la protection des Français contre plusieurs maladies infectieuses. Publié par le ministère de la Santé, ce nouveau calendrier intègre des obligations vaccinales élargies, notamment pour les méningocoques, et des recommandations actualisées pour les personnes âgées et les femmes enceintes. Face à la recrudescence de certaines pathologies comme la rougeole et la coqueluche, ces ajustements visent à améliorer la couverture vaccinale nationale. Voici un guide complet pour comprendre les nouveautés et savoir quels vaccins sont nécessaires selon l’âge et la situation de chacun.
Les principales nouveautés du calendrier vaccinal 2025

L’année 2025 marque un tournant dans la politique vaccinale française avec plusieurs évolutions majeures. Ces modifications répondent à des enjeux épidémiologiques précis et visent à adapter la protection immunitaire aux réalités sanitaires actuelles.
Vaccination contre les infections à méningocoques
La vaccination contre les méningocoques connaît la transformation la plus notable. Depuis janvier 2025, elle devient obligatoire pour tous les nourrissons. Le schéma vaccinal distingue désormais deux types : le méningocoque B avec des doses administrées à 3, 5 et 12 mois, et le méningocoque ACWY qui remplace l’ancien vaccin contre le méningocoque C seul, avec des injections prévues à 6 et 12 mois. Cette évolution reflète l’augmentation des cas liés à ces sérotypes. Les adolescents âgés de 11 à 14 ans bénéficient également d’une recommandation renforcée pour la vaccination ACWY, période où le risque de transmission est particulièrement élevé en milieu scolaire. Un rattrapage est possible jusqu’à 24 mois pour le méningocoque B afin de ne laisser aucun enfant sans protection.
Vaccination contre les infections à pneumocoques
Le vaccin contre les pneumocoques élargit significativement son public cible. Auparavant réservé aux personnes présentant des facteurs de risque, il est désormais recommandé pour toutes les personnes de 65 ans et plus, indépendamment de leur état de santé. Cette mesure s’appuie sur les données montrant que l’âge constitue en soi un facteur de vulnérabilité face aux infections pneumococciques invasives, responsables de pneumonies graves, de méningites et de septicémies. Cette universalisation de la recommandation simplifie également le message sanitaire et facilite l’accès à la vaccination pour les seniors.
Vaccination contre la coqueluche
Face au contexte épidémique actuel, les autorités sanitaires renforcent la vigilance autour de la vaccination contre la coqueluche. Les rappels vaccinaux sont particulièrement mis en avant, notamment pour protéger les nourrissons qui restent les plus vulnérables aux formes graves. La stratégie du cocooning, qui consiste à vacciner l’entourage proche des nouveau-nés, demeure essentielle. Le rattrapage vaccinal pour les doses manquées est encouragé, avec une fenêtre étendue jusqu’à 24 mois pour certaines situations, permettant de combler les retards accumulés pendant la période pandémique.
Vaccination contre les infections à vrs
Le virus respiratoire syncytial (VRS) fait son entrée remarquée dans le calendrier vaccinal 2025. Cette infection, responsable de bronchiolites sévères chez les nourrissons et de complications respiratoires chez les personnes âgées, bénéficie désormais de vaccins recommandés. Pour les femmes enceintes, la vaccination est préconisée entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée, permettant le transfert d’anticorps protecteurs au fœtus. Les personnes de 75 ans et plus, ainsi que celles âgées de 65 à 74 ans présentant des comorbidités respiratoires ou cardiaques, peuvent accéder aux vaccins Abrysvo, Arexvy ou mRESVIA, offrant une protection durant les mois d’hiver où le VRS circule intensément.
Vaccination contre la dengue
À l’inverse des ajouts, le calendrier 2025 retire la recommandation de vaccination contre la dengue pour les personnes de 65 ans et plus, y compris les voyageurs. Cette décision s’appuie sur des données d’efficacité et de sécurité réévaluées, suggérant un bénéfice limité pour cette tranche d’âge. Les voyageurs se rendant en zones endémiques doivent désormais privilégier les mesures de prévention vectorielle, comme l’utilisation de répulsifs et de moustiquaires.
Vaccination contre la rougeole, les oreillons et la rubéole
L’intensification des cas de rougeole en France et en Europe conduit au renforcement de la vaccination ROR (Rougeole-Oreillons-Rubéole). Les autorités insistent sur la nécessité d’une couverture vaccinale à deux doses pour obtenir une immunité optimale. Les professionnels de santé et les établissements scolaires sont mobilisés pour identifier les personnes non ou insuffisamment vaccinées et proposer un rattrapage vaccinal. Cette maladie hautement contagieuse peut entraîner des complications graves, d’où l’urgence d’améliorer la protection collective.
Les vaccins obligatoires en france

Le système vaccinal français distingue clairement les vaccinations obligatoires des recommandations, une spécificité qui évolue selon les générations.
Obligations vaccinales pour les enfants nés après le 1er janvier 2018
Depuis 2018, la France impose 11 vaccinations obligatoires pour les enfants, un dispositif renforcé avec le calendrier 2025. Ces vaccins protègent contre la diphtérie, le tétanos, la poliomyélite, l’Haemophilus influenzae de type b, l’hépatite B, la coqueluche, le pneumocoque, les méningocoques B et ACWY (nouveauté majeure), ainsi que la rougeole, les oreillons et la rubéole. Le parcours vaccinal comprend 8 rendez-vous répartis durant les premières années de vie, pour un total de 13 injections. Cette approche intensive garantit une immunité précoce et durable, protégeant les enfants durant la période où leur système immunitaire est encore en développement. Les vaccins sont exigés pour l’entrée en collectivité (crèche, école), sauf contre-indication médicale attestée.
Vaccins obligatoires pour les personnes nées avant 2018
Pour les générations antérieures, seules trois vaccinations demeurent obligatoires : la diphtérie, le tétanos et la poliomyélite (DTP). Ces maladies, bien que devenues rares grâce à la vaccination, représentent toujours un danger mortel en l’absence de protection. Les rappels sont échelonnés tout au long de la vie : tous les 10 ans jusqu’à 65 ans, puis à 65, 75 et 85 ans, et ensuite tous les 10 ans. Ce rythme adapté permet de maintenir une immunité suffisante face à ces pathogènes, particulièrement le tétanos qui peut survenir suite à une simple blessure. Même si d’autres vaccins ne sont que recommandés pour cette population, leur importance n’en reste pas moins capitale pour la santé individuelle et collective.
Calendrier vaccinal par tranche d’âge
Comprendre le calendrier vaccinal nécessite d’examiner les recommandations spécifiques à chaque période de vie, car les besoins immunitaires évoluent considérablement.
Vaccination des nourrissons et jeunes enfants
Les premières années de vie concentrent l’essentiel des vaccinations obligatoires. Le schéma débute dès l’âge de 2 mois avec une première série d’injections combinées. Les principaux rendez-vous vaccinaux s’organisent à 1, 2, 4 et 11 mois pour les vaccins de base, puis à 16-18 mois et 6 ans pour les rappels. À 3 et 5 mois s’ajoutent les doses contre le méningocoque B, tandis que la vaccination méningocoque ACWY intervient à 6 et 12 mois. Ce calendrier dense peut sembler exigeant, mais il correspond aux périodes où les enfants développent progressivement leurs défenses immunitaires. Les vaccins combinés (hexavalents notamment) permettent de réduire le nombre d’injections tout en garantissant une protection complète. Les professionnels de la petite enfance et pédiatres jouent un rôle essentiel dans le suivi de ce parcours.
Vaccination des adolescents et jeunes adultes
L’adolescence représente une phase de rattrapage et d’ajout de nouvelles protections. Entre 11 et 14 ans, les jeunes reçoivent le vaccin contre les méningocoques ACWY, ainsi que le rappel DTP prévu entre 11 et 13 ans. C’est également l’âge recommandé pour la vaccination contre les papillomavirus humains (HPV), qui protège contre plusieurs cancers dont celui du col de l’utérus. Les jeunes filles comme les jeunes garçons sont désormais concernés par cette vaccination, idéalement avant le début de la vie sexuelle. Cette période de transition vers l’âge adulte est aussi l’occasion de vérifier et compléter les vaccinations manquées durant l’enfance, notamment le ROR si les deux doses n’ont pas été administrées.
Rappels vaccinaux pour les adultes
La vie adulte nécessite une vigilance continue avec les rappels DTP réguliers. Le rythme établi prévoit une injection tous les 10 ans de 25 à 65 ans (à 25, 45 et 65 ans précisément), puis tous les 10 ans après 65 ans. Ces rappels maintiennent l’immunité contre des maladies qui, bien qu’oubliées, restent présentes. Le tétanos notamment peut survenir à tout moment suite à une plaie souillée. Certaines situations professionnelles ou projets de voyage peuvent nécessiter des vaccinations complémentaires : hépatite A et B pour les professionnels de santé, fièvre jaune pour les départs en zones tropicales. Les adultes ont tendance à négliger ces rendez-vous vaccinaux, pourtant essentiels à leur protection.
Vaccination des personnes de plus de 65 ans
Les seniors constituent une population prioritaire avec des recommandations vaccinales spécifiques. Au-delà de 65 ans, le système immunitaire perd en efficacité, justifiant une protection renforcée. Le vaccin contre le pneumocoque est désormais recommandé universellement dès 65 ans. La vaccination antigrippale annuelle reste fortement conseillée chaque automne, réduisant significativement les risques de complications graves. Le vaccin contre le zona bénéficie également d’une recommandation à partir de 65 ans, sans limite d’âge supérieure, car cette affection douloureuse touche fréquemment les personnes âgées. Enfin, le vaccin contre le VRS concerne les personnes de 75 ans et plus, ou celles de 65 à 74 ans présentant des pathologies cardiaques ou respiratoires. Cette approche globale vise à préserver l’autonomie et la qualité de vie des seniors.
Rattrapage vaccinal et situations particulières
Le calendrier vaccinal ne se limite pas aux parcours standards : il prévoit des solutions pour toutes les situations atypiques.
Comment rattraper un retard vaccinal
Un retard dans les vaccinations ne constitue jamais un obstacle insurmontable. Le principe fondamental est qu’il n’est jamais nécessaire de tout recommencer : on reprend simplement le calendrier là où il a été interrompu. Les autorités sanitaires insistent sur le fait qu’aucun délai maximal n’annule l’efficacité des doses déjà reçues. Pour les méningocoques B, une attention particulière est portée au rattrapage jusqu’à 24 mois, période où l’enfant reste particulièrement vulnérable. Les médecins et pharmaciens peuvent établir un schéma personnalisé tenant compte de l’âge actuel, des vaccins déjà administrés et des priorités épidémiologiques. Les situations de rupture de suivi (déménagement, oubli, contexte sanitaire) sont fréquentes, d’où l’importance de conserver son carnet de vaccination et de consulter régulièrement un professionnel de santé.
Vaccination pendant la grossesse
La grossesse représente une période stratégique pour certaines vaccinations qui protègent simultanément la mère et le futur bébé. La nouveauté 2025 concerne le vaccin contre le VRS, recommandé entre la 32ème et la 36ème semaine d’aménorrhée. Cette vaccination permet le transfert d’anticorps maternels au fœtus, offrant une protection durant les premiers mois de vie, période de grande vulnérabilité face aux bronchiolites. La vaccination contre la coqueluche reste également recommandée à chaque grossesse, idéalement au début du troisième trimestre, pour protéger le nouveau-né avant ses premières vaccinations. Le rappel DTP peut être effectué si nécessaire. Il est essentiel de distinguer les vaccins vivants atténués (contre-indiqués durant la grossesse) des vaccins inactivés (sans danger). Les femmes enceintes doivent aborder cette question lors des consultations prénatales.
Vaccination des populations à risque
Certaines personnes nécessitent une protection vaccinale renforcée en raison de leurs conditions de santé ou de leur exposition. Les patients atteints de maladies chroniques (diabète, insuffisance cardiaque, pathologies respiratoires, immunodépression) bénéficient de recommandations élargies, notamment pour le pneumocoque, la grippe et le VRS. Les professionnels de santé et les personnes travaillant au contact d’enfants en bas âge doivent maintenir à jour leurs vaccinations pour éviter de transmettre des infections à des populations fragiles. Les personnes immunodéprimées (suite à une greffe, une chimiothérapie, ou atteintes du VIH) suivent des protocoles spécifiques avec parfois des doses supplémentaires ou des vaccins particuliers. Chaque situation mérite une évaluation médicale personnalisée pour déterminer le schéma vaccinal optimal.
Questions fréquemment posées
Quelles sont les principales nouveautés du calendrier vaccinal 2025 ?
Le calendrier vaccinal 2025 introduit l’obligation vaccinale contre les méningocoques B et ACWY pour les nourrissons, recommande le vaccin pneumocoque pour tous les 65 ans et plus, et ajoute la vaccination contre le VRS pour les femmes enceintes et les seniors.
À quel âge faut-il vacciner son enfant contre le méningocoque en 2025 ?
Les nourrissons doivent recevoir le vaccin méningocoque B à 3, 5 et 12 mois. Pour le méningocoque ACWY, les injections sont prévues à 6 et 12 mois. Un rattrapage est possible jusqu’à 24 mois pour le méningocoque B.
Comment rattraper un retard dans le calendrier vaccinal de mon enfant ?
Il n’est jamais nécessaire de tout recommencer. On reprend simplement le calendrier là où il a été interrompu, sans délai maximal qui annule les doses déjà reçues. Consultez un professionnel de santé pour établir un schéma personnalisé.
Quels vaccins sont recommandés pour les personnes de plus de 65 ans ?
Les seniors de 65 ans et plus doivent recevoir le vaccin contre le pneumocoque, la grippe annuelle et le zona. Les 75 ans et plus peuvent bénéficier du vaccin contre le VRS, ainsi que les 65-74 ans avec comorbidités.
Peut-on se faire vacciner pendant la grossesse ?
Oui, certains vaccins sont recommandés durant la grossesse. Le vaccin contre le VRS est préconisé entre la 32ème et 36ème semaine, et la coqueluche au troisième trimestre pour protéger le futur bébé par transfert d’anticorps maternels.
Quelle est la différence entre vaccins obligatoires et recommandés en france ?
Les vaccins obligatoires sont exigés pour l’entrée en collectivité (11 vaccins pour les enfants nés après 2018, 3 pour ceux avant). Les vaccins recommandés restent fortement conseillés pour protéger la santé individuelle et collective, sans obligation légale.











