Conseiller Technique Sport

Julien BOISTAUD

Julien BOISTAUD, 23 ans

Conseiller Technique Sport à Vendéspace situé à la Roche-sur-Yon

Ancien étudiant de la promotion Licence 3 Management du Sport en 2014/2015 et du Master 2 Sports, Loisirs, Territoires en 2016/2017 à l'IFEPSA

Interviewé par Sandra SEYSSEL

 

C'est un profil un peu particulier que nous rencontrons pour cette reprise des interviews métiers puisque Julien BOISTAUD n'est en effet pas encore complètement sorti de l'IFEPSA ! Actuellement en Master 2 "Sports, Loisirs, Territoires", Julien bénéficie d'un statut particulier d'étudiant salarié suite à son recrutement, pendant son stage de Master 1. Interview à suivre !

 

Sandra SEYSSEL : Bonjour !  C'est sympa de profiter de cette rentrée pour venir échanger quelques minutes sur votre parcours ! Cela fait toujours plaisir de vous revoir !

Julien BOISTAUD : Bonjour Sandra, c'est toujours avec un grand plaisir que je réponds à vos questions !

 

Sandra SEYSSEL : Comme pour les interviews précédentes, nous aborderons successivement les thématiques suivantes si cela vous convient : votre parcours universitaire, votre métier actuel et vos conseils aux étudiants.

Julien BOISTAUD : Pas de souci, le déroulé me convient. Vous n'avez plus qu'à me cuisiner !

 

Le parcours professionnel

Sandra SEYSSEL : Commençons par votre arrivée à l'IFEPSA ...

Julien BOISTAUD : Eh bien, j'ai toujours fais du sport, différents sports en fait, du tennis, du football, ..., tout le temps sauf cette année. Je n'ai jamais été mauvais en cours mais je n'ai jamais été super bon, ni premier de la classe non plus ! J'ai eu une scolarité « normale », j'ai appris à bosser sur le tard ! J'ai obtenu mon bac baccalauréat E.S. (Économique et social), sans mention, mais c'était le principal ! Je ne savais pas vraiment ce que je voulais faire ensuite. Plutôt des études courtes au début mais mes parents m'ont plutôt poussé à venir à l'IFEPSA avec mon profil sportif. Voilà donc comment je suis arrivé à Angers ! Je me rappelle qu'à l'époque, j'avais eu un entretien avec Christine LELIEVRE, qui m'avait présenté la filière, demandé ce que je voulais faire, précisé sur quels domaines je devais m'améliorer, etc. J'ai ainsi choisi cette voie.

 

Sandra SEYSSEL : Racontez-nous votre parcours au sein de l'Institut ...

Julien BOISTAUD : La première année, cela s'est plutôt bien passé, je n'ai pas eu de soucis au niveau des matières, de l'école, j'ai eu mon année plutôt tranquillement. C'est vrai que la vie à l'IFEPSA est plutôt douce, cela se passe bien, pour ne pas en dire plus (!). J'ai enchaîné la L1 et la L2 ainsi que les stages associés. Lors de ces deux premières années, nous avions l'occasion de réaliser des stages en école primaire, en binôme ou seuls. Ces stages permettent de véritablement pouvoir s'exercer à parler en public, à transmettre une idée, une pensée aux enfants et je trouve que c'est important pour découvrir le métier de professeur d'EPS.

 

Sandra SEYSSEL : Ce n'est pas toujours le ressenti des étudiants !

Julien BOISTAUD : Même si je ne me suis jamais dit que je voulais faire professeur d'EPS plus tard, je trouvais intéressant d'appliquer et de transmettre mes connaissances, de faire faire des ateliers aux enfants et de leur faire comprendre comment réussir ! Donc je trouve vraiment ces stages utiles ! Nous avions également un stage en milieu associatif à réaliser, que j'effectuais au sein de mon club de football du May-sur-Evre. Cela se passait plutôt bien aussi, j'étais entraîneur des 13 ans et des 15 ans. Cela m'a aidé à réussir à parler librement en public et à ne pas être inquiet et stressé quand on doit prendre la parole. Du coup, cela m'a bien préparé ! Nous avions enfin un stage professionnel à effectuer lors du second semestre. J'en ai fait deux différents : professeur d'EPS au sein du Lycée Notre-Dame de Bonnes-Nouvelles à Beaupréau-en-Mauges et gestionnaire d'installations sportives dans une collectivité qui gérait la piscine, la patinoire et le C.I.S.P.A. à Cholet. Je connaissais donc un peu ce milieu, qui me plaisait, avant d'arriver au Vendéspace. J'ai trouvé ce second stage intéressant même si je ne savais pas encore vraiment ce que je voulais faire !  Quant au premier stage, j'ai découvert ce qu'était le quotidien du professeur d'E.P.S. mais cela ne m'a pas spécialement plu, ..., je ne me suis pas dit que c'était cela que je voulais faire plus tard !

 

Sandra SEYSSEL : Vous étiez en effet davantage orienté vers la filière "Management du sport" avec ce stage en collectivité ...

Julien BOISTAUD : Oui ... même si j'ai pourtant choisi d'intégrer cette filière en troisième année plutôt par défaut en fait. Je savais que je ne voulais pas faire professeur d'EPS, que je ne voulais pas entrer dans la filière APA-S, que l'entraînement sportif était un secteur compliqué car il faut beaucoup de réseau. Je me suis alors dit que le « management du sport », cela pouvait me plaire ! En ayant fait ce stage à Cholet, c'était une bonne idée pour continuer dans cette voie ! Je suis donc arrivé avec vous en Licence 3 « Management du sport » ! La troisième s'est plutôt bien passée, nous avons appris à faire pas mal de choses, à connaître ce qu'était le management du sport et notamment l'événementiel à travers différentes rencontres comme celle avec le H.B.C. Nantes. Je me souviens plus particulièrement que nous avions rencontré des professionnels qui nous expliquaient leur travail au quotidien, leurs contraintes, etc. C'était plutôt formateur et cela m'a donné envie de continuer en Master. Après avoir effectué des recherches sur l'offre de Masters orientés « management » en France, j'ai finalement choisi de rester à l'IFEPSA pour intégrer le Master « Sports, Loisirs, Territoires », où la première année s'est également bien déroulée. Le Master me convenait, je restais dans un milieu que je connaissais et au sein duquel j'avais mon réseau, ..., c'est toujours compliqué d'arriver ailleurs sans réseau ... J'avais peur qu'il ne soit trop tourné vers la sociologie, bien sûr nous avons eu des cours avec Hassen SLIMANI qui était notre référent, mais le contenu s'est révélé également basé sur l'événementiel sportif. Bien que, là encore, je ne sache pas précisément ce que je voulais faire, cela m'intéressait et cela me permettait d'atteindre un niveau correct dans les études pour pouvoir postuler à un travail intéressant !

 

Sandra SEYSSEL : Revenons sur vos stages, car je me souviens que c'était compliqué en troisième année ...

Julien BOISTAUD : En troisième année, j'ai effectué mon stage à Foot2Foot. Il fallait faire un stage et je l'ai fait là-bas, cela n'a pas forcément été le meilleur stage car notre tuteur n'ayant pas de structure pour nous accueillir (nous étions trois en stage), nous travaillions la plupart du temps à l'IFEPSA. Cela ne reste donc pas forcément un excellent souvenir même si nous nous sommes bien entendus sur le projet. Nous avons réussi à rendre un travail correct mais nous aurions bien aimé le continuer, le voir aboutir. Nous avons toutefois appris des choses, découvert le milieu de l'évènementiel et du business en plus d'apprendre à créer des camps de football.

 

Sandra SEYSSEL : Comment cela s'est passé en Master 1 ?

Julien BOISTAUD : En M1, nous avions un stage de cinq mois à trouver. Cela n'était pas forcément évident car je ne voulais pas marcher par réseau, j'aurais pu me retrouver à Cholet Sports Loisirs mais je savais que je devais voir autre chose, un autre secteur ! C'est ainsi que j'ai envoyé pas mal de lettres de motivation, par dizaines, dans des structures régionales, dans le Nord de la France, dans le Sud, etc. Et puis un intervenant au sein du Master m'a dit : « Pourquoi vous ne postuleriez pas au Vendéspace ? Cela arrive qu'ils prennent des étudiants ! ». J'ai donc envoyé une lettre et la semaine d'après, Daniel SCHAFFHAUSER, Conseiller Technique Sport au Vendéspace me rappelait ! « Pourquoi pas, votre profil m'intéresse, j'aimerais bien vous rencontrer ! ». Je me rends alors à l'entretien, cela se passe bien, même très bien, j'explique ce que je veux faire. Lors de l'entretien, il me fait savoir que le Vendéspace a beaucoup de stagiaires, que cela peut être compliqué, que mon profil les intéresse mais que c'est à moi de me vendre ! Une semaine après, il me dit que c'est bon. Je le rencontre une à deux fois avant le stage pour préparer mon intervention.

 

Sandra SEYSSEL : Vous avez donc su bien vous vendre (rires) ! En quoi devait consister votre mission ?

Julien BOISTAUD : Il s'agissait essentiellement de l'aider dans l'organisation des évènements sportifs. J'avais plusieurs missions génériques plutôt qu'une mission type, avec pour objectif principal de l'accompagner dans son travail et aussi d'apporter ma pierre à l'édifice pour l'organisation des événements. Il m'a confié des responsabilités dès le départ, ce qui est plutôt rare car les stagiaires sont souvent laissés de côté ou ont accès à un dixième du dossier. C'est vrai que là, ils m'ont directement donné des billes pour pouvoir travailler ! Ils m'ont mis un petit peu partout, j'ai rencontré du monde et de fil en aiguille, j'ai eu encore plus de responsabilités. Je gérais même des événements en toute autonomie, des petits mais c'était bien ! J'avais par exemple en charge l'organisation des finales de coupe de Challenge en handball, qui durent deux jours avec différentes équipes. De temps en temps, j'étais le seul dans le Vendéspace à tenir l'évènement donc c'est vrai que là-dessus on apprend, on se rend compte de tous les petits soucis qui peuvent se passer lors de l'évènement ! Mais je restais toujours en lien avec lui, je pouvais l'appeler régulièrement. Et voilà qu'un matin, mon tuteur m'informe qu'il va quitter son poste et qu'il pensait à moi pour prendre sa suite, que j'étais plutôt bien parti puisque le stage se passait très bien ! Le personnel du Vendéspace et même la direction avait de bons échos et cela s'est fait de fil en aiguille jusqu'à ce que le poste me soit proposé ... pendant mon stage ! Cela devait être en mai, j'avais déjà effectué trois mois et demie de stage sur les cinq mois prévus.

 

Sandra SEYSSEL : C'est tôt non ?

Julien BOISTAUD : C'est tôt, oui, mais j'avais fait plein de choses déjà ! Je connaissais les dossiers à venir parce que l'on travaille dessus 6 mois en avance. Cela leur évitait de prendre quelqu'un en devant le mettre dans le bain pour qu'il s'imprègne du fonctionnement. Ils m'ont ainsi fait confiance. J'ai signé mon contrat mi-juillet, à la fin de mon stage et j'ai officiellement pris mes fonctions le 16 août dernier à la place de mon maître de stage.

 

Le métier actuel

Vendéspace 01
 

 

Sandra SEYSSEL : Vous êtes passé du statut de stagiaire à celui de salarié dans la foulée !

Julien BOISTAUD : C'est vrai que cela change (rires) ! Au niveau des responsabilités notamment ! Il est vrai qu'en tant que stagiaire, on se dédouane très souvent, sauf que là, je ne peux pas demander à quelqu'un d'autre car c'est à moi de dire et/ou faire ! Ce décalage est important. Prenons l'exemple des réunions : le stagiaire peut intervenir de temps en temps mais le conseiller technique, lui, mène la réunion, qui peut rassembler jusqu'à une quinzaine de personnes ! C'est très variable. Il s'agit de réunions très ponctuelles avec les chefs de pôles (responsables du P.C. sécurité et de la billetterie, responsable technique), avec la secrétaire de direction mais aussi avec les différentes fédérations, les ligues, les comités en fonction des événements à organiser.

 

Sandra SEYSSEL : Vous pouvez dire merci à vos cours de connaissance du milieu sportif et d'organisation des A.P.S. !

Julien BOISTAUD : C'est vrai que connaître les strates sur l'organisation du sport en France, c'est intéressant et cela permet de se situer par rapport aux acteurs intervenant en la matière. Ces cours m'ont aidé sur ce point, même si nous n'avions pas toujours de bonnes notes avec vous (rires) ! Je me souviens également que, dans les premières années à l'IFEPSA, on nous apprenait à écrire français, à essayer d'organiser nos idées et c'est vrai que cela nous sert maintenant vraiment ! On voit la différence entre une personne qui sort avec un bagage et une personne qui n'a pas fait d'études. On rédige à longueur de journée et envoyer des mails avec des fautes, c'est toujours un peu embêtant ! Tout ce que j'ai appris n'est pas forcément utile pour mon poste actuel mais je me sers des connaissances acquises parfois ! J'ai aussi eu la chance que mon tuteur ait bien préparé ma prise de fonction, qui s'est faite plutôt en douceur avec un passage de témoin, un tuilage.

 

Sandra SEYSSEL : Justement, comment s'organisent vos missions exactement ?

Julien BOISTAUD : Mes missions sont de quatre ordres, que l'on peut classer en fonction du temps et de l'importance consacrés à chacune. La mission la plus importante consiste à élaborer et à organiser des événements sportifs au Vendéspace (feuilles de route, rétro-planning à construire, etc.). Ma seconde mission consiste à planifier et à organiser l'utilisation courante du Vendéspace pour le mouvement sportif Vendéen (les 8 comités disposant d'une convention d'utilisation). Ma troisième mission comprend la rédaction de conventions, de réponses à des appels d'offre en matière de marchés publics (par exemple avec le Vendée Freestyle qui est un évènement 100% du conseil départemental et pour lequel nous sommes en marché public avec une société) mais aussi de rapports en lien avec les événements sportifs. Ma dernière mission est en lien avec les fédérations françaises et étrangères pour la recherche de compétitions et d'événements à organiser au Vendéspace.

 

Sandra SEYSSEL : Vous travaillez sur quel type d'événements en ce moment ?

Julien BOISTAUD : En termes de gros évènements, il y a le Championnat d'Europe de badminton, le Top 12 de gymnastique, le Championnat d'Europe de twirling bâton, le Trophée des champions de handball et le match des champions de basketball à organiser. Ce sont les cinq gros événements sur lesquels je travaille actuellement et je vais prochainement me concentrer sur l'organisation du triathlon qui demande un temps important de préparation. 1500 athlètes seront en effet réunis sur le samedi et le dimanche et il s'agit de créer des parcours, de canaliser le flux dans les différentes salles du Vendéspace, de gérer la circulation du public, etc. Nous aurons ensuite les Internationaux de tennis de Vendée avec un cash point de 100 000 $, c'est un tournoi de challenger, c'est un gros tournoi. Cela fait partie des 5 plus gros challengers donc c'est toujours très motivant !

 

Sandra SEYSSEL : Parlez-nous de l'aspect réglementaire plus précisément !

Julien BOISTAUD : Je m'occupe de l'ensemble de la rédaction des conventions pour les évènements sportifs. Nous avons plusieurs types de conventions, des conventions de mise à disposition du Vendéspace, des conventions de partenariat, des conventions de billetterie, etc. Voilà un petit peu les conventions que je peux rédiger et également tout un volet écriture pour les rapports pour la commission permanente. Vu que je m'occupe du sport, je dois aussi rédiger des rapports pour annoncer les prochains évènements, annoncer ceux qu'on a envie de faire. Je m'occupe de récupérer les chèques et les attestations pour la sécurité. Je dispose heureusement d'un pôle juridique que je peux appeler pour des conseils ! Et ce n'est pas la première année donc c'est plus simple pour moi, je reprends certaines choses, je modifie certaines choses avec une trame au départ. Mais il faut beaucoup d'anticipation, le temps que cela passe en commission permanente et que ce soit validé. Cela peut parfois prendre plus de deux mois. Il faut vraiment prévoir les contrats en amont ! C'est plutôt le juridique qui me motive le moins mais il faut le faire, je préfère la partie opérationnelle sur l'organisation pure !

 

Sandra SEYSSEL : Qu'est-ce qui vous prend le plus de temps parmi vos missions ?

Julien BOISTAUD : Sans hésiter, l'organisation des évènements avec les rendez-vous, les feuilles de route à établir, les conventions à élaborer pour que l'évènement se passe bien. C'est ça qui prend le plus de temps. La deuxième partie, cela va être le juridique et la troisième partie, la recherche de nouvelles compétitions à organiser. J'ai heureusement des contacts avec des sociétés de production, des fédérations, ce qui me permet de savoir à peu près quels évènements pourraient arriver au Vendéspace. Parfois, ce sont aussi mes élus qui vont parler directement avec une tierce personne et orienter les choix. La commission permanente valide ou non de toute façon et certains évènements sont parfois refusés car ils ne sont pas assez attractifs pour le département en termes de renommée par exemple. Cela dépend aussi des politiques sportives menées sur le territoire. Il y a des sports qui deviennent olympiques chaque année, pourquoi ne pas les mettre en valeur ? Également, nous avons mis en place des conventions biennales d'utilisation entre le département et huit comités où ceux-ci ont la possibilité de venir s'entraîner tous les jours au Vendéspace. Nous utilisons une plateforme de réservation que l'on a mise en place et j'ai la responsabilité de valider les créneaux. C'est un gros travail pour concilier les différents types d'utilisation ! Nous essayons de faire des points régulièrement pour voir s'il n'y a pas eu de changements dans la plateforme de réservation. J'ai aussi des maintenances à prévoir sur le matériel sportif, ce qui n'est pas simple avec 295 jours d'occupation ! Au Vendéspace, c'est 50/50 avec à la fois de la culture et du sport (ce que je préfère évidemment) ! Cela évolue en fonction des années mais on essaie d'être à peu près équitable, toujours dans le but de proposer aux Vendéens des activités variées.

 

Sandra SEYSSEL : Anticipation et réactivité sont donc des qualités indispensables !

Julien BOISTAUD : Oui ! J'essaie de planifier vraiment mes priorités. Par exemple, on est à un mois de l'évènement, il faut que la feuille de route soit bien rédigée. Je n'hésite alors pas à planifier de nouveaux rendez-vous en avance. Je me cale dans la semaine une journée où j'essaie de remplir toutes mes missions, forcément il faut prévoir. Le jour de l'évènement, je ne vais pas forcément dans mon bureau car je suis sur le terrain. Le Vendéspace dispose d'une équipe technique de 4 personnes, très compétente. Le responsable de la technique a été directeur adjoint de la technique du Puy du Fou. Nous avons aussi de nombreux techniciens sons et lumières qui ont traversé le monde. Ils connaissent leur boulot, cela se passe très bien. Ils ont déjà fait cela des milliers de fois, ils savent faire. L'an dernier en M1, nous avons vraiment été sensibilisés à la politique de sécurité et de sûreté aussi, que je retrouve parfaitement au Vendéspace : la sécurité du bâtiment avec tout ce qui touche à la prévention incendie, le secours aux personnes et la sûreté, avec du personnel qui va être responsable de la fouille par exemple. Le Vendéspace est un E.R.P. (Etablissement Recevant du Public) de première catégorie classé « X » et « L » et c'est important de voir cela en cours avant ! On voit aussi en pratique que les aspects liés à la sécurité freinent la tenue des évènements sportifs à cause des budgets associés. Les organisateurs de petits évènements sportifs ne s'attendent parfois pas au montant de la facture pour la fouille et la palpation du public ! C'est un frein indéniable. Il y avait le Raid des Chaussées en Vendée dernièrement mais ils ont annulé car la sûreté leur coûtait trop cher ! Cela crée des emplois mais cela freine les petits évènements. On a des réunions parfois avec le cabinet du Préfet pour être en accord avec la législation aussi.

 

Sandra SEYSSEL : Plus je vous écoute et plus je me demande : « Allez-vous réussir à concilier les deux avec le M2 ? »

Julien BOISTAUD : Pour le moment, j'essaie (rires) ! Je pense que c'est une question d'organisation aussi, sinon cela serait impossible. Mais il faut savoir ce que l'on veut vraiment. Les études sont un accès à des métiers motivants... J'aime bien être tributaire des différents évènements ! Pendant l'évènement, si on a des petits soucis, il faudra les régler mais également savoir les anticiper avec la société de production par exemple. Mais j'ai eu un bon formateur, il m'a bien fait évoluer. C'est vrai que lorsqu'il m'a proposé le poste, je me suis dit « wouah, est-ce que ce n'est pas trop grand pour moi ? ». Forcément, je me suis posé la question. Mais je me suis dit qu'un jour j'aimerais bien occuper cet emploi et il faut bien commencer à un moment donné, il faut savoir sauter le pas !

 

Les conseils aux étudiants

Sandra SEYSSEL : Encore une fois, le choix du stage aura été crucial !

Julien BOISTAUD : Les stages donnent une plus-value à la formation, c'est certain ! Lorsque l'on vous impose un stage, ce n'est pas pareil en terme d'implication. Si la recherche de stage est importante, la constitution de son réseau l'est tout autant ! Je me rappelle des cours de François Steinebach, où il nous parlait de la démarche réseau que l'on devait mettre en place ! Vous avez des personnes qui vont être très fortes à l'école, avec de grosses capacités intellectuelles mais avec un réseau faible voire inexistant et des personnes moins douées à l'école mais avec un réseau important. C'est souvent la seconde qui sera prise sur un poste.

 

Sandra SEYSSEL : Quels autres conseils souhaiteriez-vous prodiguer ?

Julien BOISTAUD : Cela est toujours étrange de donner des conseils quand on n'est encore assujetti au statut d'étudiant... Je vais essayer de jouer le jeu quand même ! Tout d'abord, osez postuler à des emplois même si le profil recherché ne colle pas parfaitement au vôtre, je crois plus aux capacités d'analyse et d'adaptation des personnes qu'à leurs compétences techniques même si un minimum est tout de même requis. De toute manière, quand une personne débute elle ne connaît pas l'ensemble du métier, je pense que c'est pendant l'entretien qu'il est essentiel de préciser que l'on s'adapte vite, je pense que c'est un levier de confiance pour séduire un recruteur. Sans le savoir, vous partagez peut-être des valeurs communes avec le recruteur, qui décidera de vous donner une chance pour cela même si vous ne correspondez pas exactement au profil recherché. Ensuite, ayez à l'esprit et mettez en avant que la jeunesse est un atout et non un manque d'expérience ; faire apparaître dans le C.V. un centre d'intérêt, une expérience, un diplôme, bref, quelque chose d'original qui peut susciter de la curiosité. Au final nous avons tous une Licence ou un Master en STAPS, on a tous fait des stages, nous avons tous peu d'expérience mais nous avons tous quelque chose de différent... Il faut peut-être avoir une opportunité, forcer la chance et la saisir quand elle arrive...

 

Sandra SEYSSEL : Merci pour tous ces conseils et d'avoir accepté cette interview, cela prend toujours du temps !

Julien BOISTAUD : C'est avec un grand plaisir que je vous ai répondu. Maintenant, il faut que j'aille rencontrer mon nouveau responsable du diplôme ! ...

 

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