Créatrice d'entreprise

Oriane SORINb

Oriane SORIN, 23 ans

Créatrice de l'entreprise O2 Sport Santé à Angers

Ancienne étudiante de la promotion 2011/2012 ayant obtenu un Master SIMS parcours APA-S en 2015

 

Interviewé par Sandra SEYSSEL

En cette veille de 2ème Journée Portes Ouvertes, nous avons rendez-vous avec Oriane SORIN. Une "ancienne" étudiante tout juste sortie de l'IFEPSA avec un Master 2 SIMS parcours APA-S et en plein lancement de son entreprise O2 Sport Santé sur Angers.

Une rencontre à découvrir ici !

 

Sandra SEYSSEL : Bonjour ! Merci d'avoir accepté cette interview en plein lancement de votre entreprise !

Oriane SORIN : De rien, c'est toujours avec plaisir que je reviens à l'IFEPSA !

Sandra SEYSSEL : Un projet de création d'entreprise dont nous parlerons en détail dans cette entrevue ... Mais avant cela, commençons tout d'abord par votre parcours à l'IFEPSA !

Oriane SORIN : Allons-y ! 

 

Le parcours à l'IFEPSA

Sandra SEYSSEL : Racontez-nous comment s'est passée votre arrivée à l'IFEPSA ! ...

Oriane SORIN : C'est un peu particulier pour moi, puisque je suis arrivée en Licence 2 à l'IFEPSA. Ma Licence 1, je l'ai effectuée à Rennes. Je sortais d'un Sport Études Handball réalisé à Segré, j'avais envie de me lancer au niveau sportif et de voir de quoi j'étais capable au niveau national en handball, de telle sorte que je suis partie à Rennes après l'obtention du baccalauréat. J'ai validé ma première année de Licence mais aussi, au niveau du handball, puisque j'ai réussi à faire quelques apparitions en Nationale 1. Cela a été une belle année, mais il n'y avait pas forcément ma spécialité (APA-S) là-bas à l'époque. Je devais aller à Saint-Brieuc si je voulais intégrer un cursus APA-S et je me suis dit « non, je pense que je vais retourner à Angers ! ». J'avais eu des bonnes critiques de l'IFEPSA. D'un autre côté, je n'ai pas continué en Nationale 1 alors qu'on m'avait proposé de faire l'année complète : j'ai dit « non » pour pouvoir revenir sur Angers. Mais j'ai ensuite tout de même continué mon parcours en handball en Nationale 2, puis Nationale 3, à La Roche-sur-Yon.

 

Le cursus suivi à l'IFEPSA ...

Sandra SEYSSEL : En intégrant l'IFEPSA en L2, votre parcours universitaire était donc déjà tout tracé ?!

Oriane SORIN : Oui ! Je suis donc rentrée en L2, puis j'ai enchainé avec la Licence 3 APA-S. Mais cela ne me suffisait pas de valider simplement une Licence. Je me suis longtemps demandé si j'allais continuer ou pas, parce que la Licence 3 était basée sur la déficience intellectuelle, un domaine qui m'intéressait moins. J'avais toutefois eu l'occasion de réaliser des stages, un peu par piston, dans des structures prenant justement en charge la déficience intellectuelle. Mais je pense que je me suis complètement trompée sur les stages à ce moment-là, même s'ils m'ont permis de savoir ce que je voulais. Arrivée en fin de Licence, j'ai heureusement pu rencontrer les Master 1 et 2 de l'époque, qui m'ont bien vendu le Master, plutôt axé sur les maladies chroniques. Je me suis dit que cette branche allait davantage me convenir et qu'il fallait que je tente ! Le programme me plaisait bien et je me suis lancée, j'ai vraiment accroché ! 

 

Sandra SEYSSEL : Comment s'est déroulé le Master ?

Oriane SORIN : En Master, j'ai alors réalisé des stages davantage dans la branche que je voulais. Avec Anthony Chauviré tout d'abord (Ancien étudiant, Promotion 2002/2003, Agent de développement, Comité Départemental EPPMM), j'intervenais le mardi soir auprès de personnes atteintes d'obésité, qui allaient se faire opérer ou s'étaient faites opérer et voulaient continuer une activité physique. Le mercredi, je travaillais avec Baptiste Recoing (Ancien étudiant, Promotion 2007/2008, Educateur en APA) au Centre de Rééducation des Capucins auprès d'adolescents et d'enfants atteints d'obésité également. Le but était donc de mettre en place des APA. Cela m'a un peu plus plu et puis, en Master 2, j'ai effectué un stage avec un kiné sur Angers où j'ai aussi essayé de mettre en place des APA.

 

Sandra SEYSSEL : Quels types d'APA avez-vous mis en place ?

Oriane SORIN : Je m'occupais de prendre en charge les personnes dans la salle, à qui je faisais faire des exercices de renforcement musculaire et de ré-entraînement à l'effort. Les kinés me disaient de faire travailler tels ou tels groupes musculaires et je trouvais des exercices en fonction. J'ai mis aussi en place la marche nordique et j'étais contente parce que quelques personnes ont accroché et grâce à cela, certaines d'entre elles ont réalisé qu'elles étaient capables de marcher pendant au moins une heure avec des bâtons. Je pense notamment à une personne qui a continué, ensuite, à faire de la marche nordique. C'était une satisfaction !

 

Sandra SEYSSEL : Comment avez-vous rebondi suite à ce stage ?

Oriane SORIN : Et bien, j'ai rebondi sur le projet actuel que j'ai avec Jérôme GAUDINAU, Préparateur Physique et co-gérant de l'Aqua Gym Club (Angers) et qui m'a proposé de m'associer avec lui dans le cadre de la création d'une société pour prévenir les maladies chroniques ou intervenir dans la ré-athlétisation. L'objectif étant de permettre à des personnes de faire de l'activité physique encadrée (marche nordique, marche active dans les environs proches), soit en salle (ré-entrainement à l'effort, renforcement musculaire sur machine, dans le bassin aquatique) ou encore à domicile. Angers est une ville très riche pour ses espaces verts et il faut en profiter !

 

Sandra SEYSSEL : Le projet a donc mûri alors que vous étiez toujours en formation ! ...

Oriane SORIN : Oui, en fin de cursus de Master. C'est à ce moment-là que Jérôme m'a proposé de m'associer avec lui, et j'ai donc décidé de finir ma période de stage en préparant la création de cette entreprise.

 

Sandra SEYSSEL : Quel regard portez-vous sur vos années IFEPSA ?

Oriane SORIN : Elles ont été riches de connaissances ! Et je tiens à remercier les enseignants, toujours prêts à vous aider et disponibles. Moi qui suis de nature stressée, tout le monde le sait ici (rires), ils m'ont beaucoup soutenue et c'est cela aussi qui vous fait avancer !

 

Sandra SEYSSEL : Vous n'imaginiez certainement pas créer un jour votre entreprise en intégrant une filière STAPS ?

Oriane SORIN : C'est sûr que non !

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Mon projet de création d'entreprise

Sandra SEYSSEL : Parlez-nous du projet de création ...

Oriane SORIN : Nous souhaitons mettre l'accent sur les activités extérieures, comme la marche nordique, la marche active et, aux beaux jours, réaliser les séances de renforcement musculaire en plein air. Ensuite, un partenariat a été conclu avec l'Aqua Gym Club d'Angers, consistant en la mise à disposition du matériel de la salle. Ceci permet de pouvoir réaliser tout ce qui a trait au ré-entraînement à l'effort. O2 Sport Santé et l'Aqua Gym Club sont deux entités complètement différentes, nous louons simplement les espaces de l'Aqua Gym Club pour réaliser des séances ! La personne ensuite peut choisir de réaliser seule les séances avec le coach sport santé ou en groupe (2 à 6 personnes maximum) mais ce qui prime, c'est le suivi personnalisé. Sinon, pas de local pour le moment mais qui sait, peut-être qu'un jour cela arrivera !

 

Sandra SEYSSEL : Comment vous y êtes-vous prise pour les formalités de création ?

Oriane SORIN : En fait, c'est Jérôme qui s'est beaucoup occupé de la gestion administrative même si j'y ai aussi participé car il connaissait déjà toutes les démarches à réaliser en vue de la création puisqu'il est gérant de la salle sur Angers. Il a fallu aussi trouver le nom de la société, le logo. Nous avons essayé de faire le logo nous-mêmes, en le dessinant, sauf que c'était un peu compliqué, d'autant plus que nous avons trouvé le nom après le logo. Du coup, les deux n'allaient pas ensemble et nous avons décidé de faire appel à quelqu'un. J'ai aussi appris pas mal de choses sur la création de sites internet. Pour le site Internet, nous avons fait cela de septembre à décembre,..., heureusement j'ai mon ami qui est dans l'informatique, ce qui a facilité les choses puisque c'est lui qui nous a fait cela ! Le choix du nom a été compliqué aussi puisqu'il ne doit pas appartenir à une autre société ! ... Il a fallu faire des recherches de noms sur Internet avant de déposer le nom choisi auprès de l'INPI. J'ai aussi dû créer mon statut d'autoentrepreneur en septembre, pour pouvoir aussi bien travailler au sein d'O2 Sport Santé qu'auprès d'autres structures. J'ai, par la suite, ouvert un compte professionnel. Cela a pris pas mal de temps car il y a là aussi pas mal de formalités à réaliser après nos études (mutuelle, assurance maladie, etc.). 

 

Sandra SEYSSEL : Je crois aussi savoir que vous occupez un emploi salarié en parallèle ! ...

Oriane SORIN : A côté de cela, j'ai effectivement aussi une activité salariée en tant qu' "Assistante d'éducation" dans un lycée. Ce qui complique les choses puisque je tombe sur plusieurs statuts, mon activité salariée (principale) et mon activité d'autoentrepreneur (activité secondaire). Je dépends donc de la MGEN et du RSI et il faut faire attention par rapport aux cotisations à devoir. Il faut bien intégrer tout cela en créant son entreprise ! J'ai mis du temps à comprendre ! Pour créer son statut d'autoentrepreneur, je conseille vraiment de passer à l'URSSAF pour avoir un interlocuteur en face de soi. Parce que sur Internet, je me suis rendue compte, avec d'autres autoentrepreneurs, que certains droits, à des aides notamment, n'étaient tout simplement pas proposés ! C'était le cas de l'ACCRE par exemple, c'est une aide aux jeunes autoentrepreneurs. Cette aide permet de se lancer tranquillement en payant moins de charges sociales au départ. A l'URSSAF, on peut aussi poser toutes les questions que l'on veut sur le fonctionnement des différents régimes et l'interlocuteur nous guide par rapport à notre activité.

 

Sandra SEYSSEL : Un peu stressant quand même, non ? 

Oriane SORIN : Oui, un peu quand même ! Mais je suis accompagnée par Jérôme dans tous les aspects de la création, donc c'est rassurant ! En ce moment, je suis (enfin) dans la phase de prospection ! Il faut bien avoir en tête que créer une entreprise engage des frais : créer et déposer un logo, déposer un nom, se faire aider par un cabinet comptable, acheter du matériel... Il faut vraiment le prendre en compte ! Heureusement, des formations nous sont proposées pour pouvoir gérer au mieux le lancement de notre activité, par exemple à la CCI avec la Maison de la Création. Être entouré de personnes de confiance est très important et rassurant !

 

​Sandra SEYSSEL : Et vous vous y prenez comment pour la prospection ? Vous n'avez pas été formée pour cela ! ...

Oriane SORIN : Ce n'est pas facile car je n'ai jamais fait cela ! Dans un premier temps, nous avons envie de travailler avec les structures telles que le CHU, la Clinique de l'Anjou, la Clinique Saint-Joseph etc. J'ai décidé de me déplacer pour prospecter ! Je pars du principe que c'est plus crédible de venir, en personne, pour présenter son offre de vive voix. Pour les grosses structures comme cela, je vais continuer à y aller. Je vais voir ensuite avec les médecins généralistes, les kinés, les ostéopathes, peut-être en me concentrant sur un secteur géographique, dans un premier temps, en envoyant des courriers pour éviter trop de déplacement. Je ne pensais pas que cette phase de prospection était assez compliquée ! La dernière fois que je suis allée à la Clinique de l'Anjou, j'ai réussi à avoir deux rendez-vous, en plus de laisser ma carte à plusieurs secrétaires ! J'avoue que ce n'est pas toujours facile de trouver la motivation pour aller prospecter !

 

Sandra SEYSSEL : C'est maintenant qu'il faut actionner son réseau !

Oriane SORIN : Le réseau est effectivement très important ! Il faut le travailler dès la Licence ! Les enseignants nous rabâchent de travailler notre réseau mais on ne le prend pas forcément au sérieux. Et on s'en rend compte seulement en fin de cycle ! Sauf que dans notre branche, le réseau est super important ! C'est ce qui nous donne de la crédibilité ! Comme je le disais tout à l'heure, j'ai fait un stage avec Anthony Chauviré et depuis, il m'appelle parfois pour le remplacer ou si des créneaux se libèrent. Le réseau, cela sert à ça ! De mon côté, je reviens souvent à l'IFEPSA. Je revois Cynthia Viaud par exemple, par rapport au droit ... je me rappelle qu'elle nous avait dit « si vous créez une entreprise et que vous avez besoin, n'hésitez pas à revenir vers moi ! ». Du coup, je l'ai revue deux fois depuis le début de l'année pour mon organisation professionnelle : les factures, les papiers, les impôts etc.

 

Sandra SEYSSEL : Le soutien après la sortie est fondamental !

Oriane SORIN : Oui ! Je trouve ça bien parce qu'en sortie de diplôme, que ce soit la Licence ou le Master, on se sent un peu démunis ! On a été toute notre vie à l'école et là, il faut sortir et il faut y aller ! Heureusement, nous engrangeons de l'expérience grâce au stage mais cela reste quand même ponctuel dans un cursus. Il faut se lancer, le vouloir ! Je me suis dit « Oriane, c'est une opportunité, faut se lancer et on verra bien ! ». Et au pire des cas, même si cela ne fonctionne pas, j'en retirerai du positif. J'aurai appris, acquis des compétences et notamment comment créer une entreprise ! J'espère, bien sûr, que cela va fonctionner !

 

Sandra SEYSSEL : S'il y avait un idéal, il correspondrait à votre projet actuel ?

Oriane SORIN : Oui, c'est vraiment la façon dont je voulais travailler : avoir plusieurs créneaux avec différents publics ... On étudie différentes pathologies et on a envie d'aller plus loin lorsque l'on accompagne des personnes qui ont différentes problématiques. Nous sommes sans cesse dans la recherche de bonnes pratiques, de recommandations. Je sais donc que lorsque mon activité sera lancée, je devrai consacrer pas mal de temps à cela !  Ce sera du travail hors séance ! C'est donc un projet qui fait appel à des notions très diverses : de la gestion administrative à la gestion commerciale en passant par la gestion de projet !

 

Sandra SEYSSEL : Selon vous, quels sont les plus de O2 Sport Santé ?

Oriane SORIN : Sans nul doute, le suivi personnalisé proposé ! Permettre à des personnes de continuer à pratiquer, une fois sorties de l'encadrement des grosses structures et toucher des personnes qui veulent se lancer dans une activité physique. Nous réalisons un bilan personnalisé avec la personne sur différentes données (taille, poids), fréquence cardiaque (tests de condition physique) pour en savoir un peu plus sur la personne. Nous mettons ensuite en place un programme adapté. Comme je le disais plus haut également, l'autre point clé sera d'arriver à s'adapter au maximum aux besoins et envies des personnes ! Nous visons  différentes problématiques chroniques : l'arthrose, la sédentarité, le sevrage du tabac, le diabète, les maladies cardiovasculaires, l'obésité etc. Nous avons aussi souhaité cibler d'autres domaines le sport santé entreprise par exemple et d'autres que vous pouvez retrouver sur notre site. Nous pouvons de toute façon intervenir de manière indépendante ou en complémentarité d'une autre activité pratiquée par ailleurs par les personnes. Je pense que c'est un projet différent de ce qui est proposé sur Angers, je trouve cela intéressant d'élargir les offres d'activités physiques adaptées. Je suis vraiment contente du résultat !

 

Sandra SEYSSEL : Un conseil, peut-être, aux futurs créateurs(trices) d'entreprise !

Oriane SORIN : Il ne faut pas se laisser déstabiliser, être bien entourés, garder le moral et la motivation ! Quand on est jeunes diplômés, on n'a pas forcément confiance en ce que nous faisons mais il faut y croire !

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Les conseils aux étudiants

Sandra SEYSSEL : Je crois que vous avez un message fort à faire passer à nos étudiants !

Oriane SORIN : Ce que je conseille vraiment aux étudiants, c'est de ne pas prendre à la légère cette tâche de trouver un stage ! Il faut vraiment la prendre au sérieux ! De mon côté, je pense que je ne l'ai vraiment pas prise au sérieux en Licence dans le sens où j'ai trouvé mes stages par piston, parce que c'était plus facile ... Et c'est mon regret par rapport à mes études, je n'ai pas fait les stages qui me correspondait, même si j'ai beaucoup appris, mais j'aurais dû m'en occuper plus vite pour pouvoir intégrer une place de stagiaire dans une grosse structure. Je n'ai pas bien géré la phase de recherche de stage en fait : les stages arrivent vite dans le cursus, il faut absolument que l'on trouve quelque chose et je n'y ai pas assez réfléchi. On se dit qu'il faut faire des lettres de motivation, etc., mais il faut vraiment prendre le temps de le faire en fait ! Au final, je n'ai jamais travaillé avec un enseignant APA dans mes stages ! Je regrette vraiment de ne pas avoir réalisé mes stages dans des structures auprès d'un enseignant APA qui mettait en place des programmes spécifiques. Après, je pense qu'il n'est jamais trop tard pour aller voir ce que font les autres ailleurs ! ... Choisissez donc un stage qui vous plaît et n'attendez pas le dernier moment pour chercher !

        

Sandra SEYSSEL : Les étudiants sauront se souvenir de ce conseil je l'espère ! Merci encore d'avoir pris le temps de passer pour cette interview !

Oriane SORIN : Pas de souci, j'avais du temps en ce moment, c'était l'occasion ! Merci de nous faire connaître un peu, grâce à cette interview !