Entraîneur

Cédric DUBOIS portrait

Cédric DUBOIS, 34 ans

Entraîneur à Cambrai Volley Elan du Cambrésis (CVEC)

Ancien étudiant de la promotion 2000/2001 ayant validé une Maîtrise "Entraînement sportif" en 2005

 

Interviewé par Sandra SEYSSEL

A l'aube des vacances d'été, Sandra a rendez-vous avec Cédric DUBOIS pour réaliser l'interview métier ... de la rentrée ! Une fois n'est pas coutume, c'est par le biais de l'un des anciens étudiants, Pierre MONCANIS (Master MEEF, Second Degré, 2014-2015) que lui est donnée l'opportunité d'effectuer cette interview.

Cédric étant de passage sur Angers, ils se retrouvent donc à l'IFEPSA pour parler du métier d'entraîneur qu'il occupe au Cambrai Volley EC ! Une interview qui devrait plaire à notre local de l'étape ... Nicolas HAUW ! Bonne lecture !

 

Sandra SEYSSEL : Bonjour ! Merci de me consacrer un peu de temps pour cette interview en pleine période de vacances pour vous ! ...

Cédric DUBOIS : Bonjour ! Merci à vous d'avoir pensé à moi, cela me fait très plaisir de pouvoir revenir à l'IFEPSA pour partager mon expérience avec vous et avec vos étudiants !

 

Parcours à l'IFEPSA ...

Sandra SEYSSEL : Nous allons traditionnellement commencer par votre parcours à l'IFEPSA,..., comment avez-vous connu l'Institut ?

Cédric DUBOIS : Avant d'arriver à l'IFEPSA, j'ai réalisé une première année en STAPS à Limoges puisque j'habitais dans la Région à cette époque-là. Une première année classique, au sein d'une université publique, mais qui ne m'a pas particulièrement réussi car je ne me suis pas investi. Suite à cet échec, j'ai décidé de passer le concours pour intégrer l'IFEPSA car j'avais un copain de Limoges (Laurent MOREAU) qui le tentait de son côté et qui m'en a tout de suite parlé ! Une bonne chose puisque j'ai terminé 6ème au concours ! J'étais super content car je sortais d'une demie année de STAPS (j'ai arrêté en cours d'année),..., mais il faut dire que nous nous étions très bien préparés en amont ! Je me rappelle qu'il y avait du penta-bond à passer notamment, un truc que tu ne fais jamais (rires) !  Sauf que nous, nous nous étions entraînés dans notre jardin avant ! Nous nous observions l'un et l'autre pour pouvoir nous juger,..., nous étions tous deux entraîneurs auprès de petits donc nous avions déjà cette fibre-là, ce qui fait que nous nous donnions plein de petits conseils ! Nous nous étions vraiment bien entraînés pour le reste aussi et c'est ainsi que nous sommes arrivés de Limoges ... tous les deux ! Lui est parti en management après - il travaille actuellement comme ETAPS à la mairie de Condat-sur-Vienne, juste à côté de Limoges - tandis que j'ai intégré la filière « entraînement ».

 

Sandra SEYSSEL : Mais le concours n'est plus en vigueur depuis la rentrée 2008 ...

Cédric DUBOIS : Et c'est vraiment dommage, je trouvais cela génial le concours ! Pour vous dire, cette année-là, j'avais hésité entre l'IFEPSA et l'Ecole Nationale des sous-officiers de Saint-Maixent car je recherchais une école avec un concours d'entrée, quelque chose qui tienne la route au niveau physique ! Ce qui m'a énervé en STAPS à Limoges, c'étaient les grands amphithéâtres où nous étions 140, avec des étudiants qui ne faisaient que rentrer et sortir pendant les deux heures de cours, que répondre au téléphone,..., c'était tout sauf motivant ! Ce qui fait que je ne suis vite plus venu aux cours théoriques,..., je ne fréquentais que les cours de pratiques sportives,..., en plus, je n'aimais pas les cours scientifiques donc à partir de là, au mois de janvier, j'ai arrêté puisque de toute façon j'avais perdu ma première année...

« Nous savions pourquoi nous venions à l'IFEPSA »

 

Sandra SEYSSEL : Imaginez, nous recevrons 300 étudiants en première année l'an prochain !

Cédric DUBOIS : Ah oui ?! ... Nous, nous étions 250 aux tests d'admission pour 120 de pris je crois ! Et l'on sait bien que l'élitisme enlève beaucoup de cas, disons, « perturbateurs ». A mon époque, nous savions pourquoi nous venions à l'IFEPSA : nous recherchions un suivi et, avec des effectifs moindres au départ, nous nous trouvions ainsi dans une situation beaucoup plus confortable ensuite au fil du cursus ! Le fait d'être en petits groupes aussi, pendant les temps de pratiques notamment, expliquait que nous étions déjà plus motivés à la base ! Nous faisions beaucoup de sport par semaine, bien plus qu'en « STAPS classique », ce qui me permettait de me défouler ! Et puis ce n'est pas gratuit quand même ! Ce n'est pas pour venir faire du tarot sur les bancs de l'amphi ni pour passer son temps dans les bars les jeudis soirs ! A moindre mesure, je ne dis pas, mais tout le temps pendant l'année ?! ...

 

Sandra SEYSSEL : Aviez-vous déjà une idée en termes de projet et de débouchés professionnels en intégrant l'IFEPSA ?

Cédric DUBOIS : Avant de venir ici, je savais que je ne voulais pas devenir professeur d'EPS, par exemple ! Je n'ai jamais voulu exercer cette profession : faire la police pendant les cours ou encore devoir gérer des allergies liées à l'effort, c'est bon, cela ne m'intéressait pas du tout ! Par ailleurs, je voulais des gens motivés, du répondant ! Devenir professeur d'EPS ne me semblait donc pas constituer la meilleure voie pour cela ! Petit à petit, j'ai ainsi affiné mon cursus afin de me diriger progressivement vers l'entraînement ... Avant d'intégrer l'IFEPSA, je ne m'étais jamais dit que je finirais entraîneur professionnel ! Je crois même qu'en sortant, je n'y pensais même pas ! Je me voyais davantage obtenir le professorat de sport pour devenir Conseiller Technique Sportif (CTS) et rejoindre un pôle espoir de volley-ball !

 

Sandra SEYSSEL : Comment en êtes-vous arrivé à ce parcours d'entraîneur alors ?

Cédric DUBOIS : Eh bien, tout simplement grâce aux différentes opportunités professionnelles qui se sont présentées à moi tout au long de mon parcours ! Certaines grâce à l'IFEPSA d'ailleurs, par l'intermédiaire des stages que nous devions réaliser à chaque niveau de formation ! Par rapport à ce que je vous disais tout à l'heure, je ne vous cache pas que le stage en milieu scolaire, en école primaire pour être plus précis, a été pour moi une cure et loin d'être vraiment un plaisir (rires) ! En revanche, le fait d'être obligé d'encadrer en club, en milieu associatif, je trouvais cela génial ! Tout comme l'obligation de devoir réaliser des stages professionnels ensuite ! Lors de mon stage de 3ème année, j'ai intégré le pôle espoir de volley-ball de Sablé-sur-Sarthe et c'est à ce moment-là que j'ai mis mon premier pied dans la Fédération. A cette occasion, je devais monter un projet de routine au service du pôle - un stage à forte dominante psychologique pendant lequel je me suis très bien entendu avec Philippe Delaune d'ailleurs (intervenant à l'IFEPSA). C'est également pendant ce stage que j'ai pu rencontrer le responsable du secteur féminin de la Fédération, lors de l'un de ses passages au pôle, et décrocher une place pour participer à un stage de détection nationale en juillet après avoir discuté avec lui ! Tout cela grâce au stage effectué au pôle espoir ! Je suis ainsi parti deux semaines à Toulouse où j'ai pu procéder à la détection des meilleures minimes Françaises. J'ai rencontré plein d'entraîneurs, intervenant aussi bien en centres de formation qu'en pôles espoir, super intéressant donc ! Du coup, j'y suis retourné l'année d'après parce que j'avais pris des contacts ! Plus tard, alors que je cherchais un club, j'ai entendu qu'il y avait un poste à Poitiers,..., je suis parti comme cela de Limoges à Poitiers où je ne suis finalement resté que six mois car on m'a tout de suite proposé le Pôle France à Montpellier ! Je suis donc parti en tant qu'entraîneur adjoint et c'est là que j'ai vraiment mis le pied dans le haut niveau.

« Toujours des histoires d'opportunités donc ! »

 

Sandra SEYSSEL : Le choix du stage en troisième année s'avère souvent fondamental !

Cédric DUBOIS : Pour moi, il a été fondamental en effet ! Mais cela part aussi d'une suite logique des choses ensuite, via le mémoire que j'ai réalisé en maitrise. Un mémoire sur l'évaluation de la motivation des jeunes volleyeurs, benjamins et minimes (moins de 13 et moins de 15 ans), en fonction de la formule de jeu retenue (2-2 ou 4-4). La Ligue des Pays de la Loire de Volley-ball effectuait à cette époque une expérimentation sur ces deux styles de championnats. Cela a donc été très intéressant de travailler sur cette problématique puisqu'elle faisait intervenir plusieurs facteurs tels que l'âge, l'expérience et le niveau de jeu. Je leur faisais passer des questionnaires sur la motivation contextuelle et situationnelle. Si mon mémoire était à dominante psychologique, j'ai en revanche fait beaucoup plus de terrain que d'analyse scientifique à proprement parler et mon travail de l'époque manquait beaucoup de références pour être très très pointu dans la motivation. Par contre, sur le terrain, j'ai compté toutes les touches de balle de chaque joueur sur 50 matches sur du 2-2 et du 4-4 ! J'y passais mes nuits ! Cela avait été affreux ! Mais corréler cela avec tous les questionnaires que j'avais fait passer auprès de plus de 400 enfants, c'était vraiment très intéressant ! Au final, cela faisait tout de même une très bonne étude de terrain ... j'avais eu 14/20 malgré le manque de références scientifiques. Ce stage m'a aussi été très utile dans le sens où il m'a permis de me faire connaître à la Ligue !    

 

Sandra SEYSSEL : Cela fait mettre un pied dedans ! Et c'est aussi l'objectif d'un mémoire réalisé en maîtrise ou master ...

Cédric DUBOIS : Oui, oui, exactement ! Mais c'est vrai que j'ai également fait le choix d'être très mobile, ce qui facilite aussi les opportunités ! Mes stages, je les ai réalisés sur Angers, Limoges, Poitiers, Toulouse pendant mes vacances au lieu de travailler, puis Montpellier ! Il fallait de toute façon être mobile et tout est une question d'opportunités ... il faut se forcer à aller vers les gens et mettre à profit chaque période de stage !

 

Sandra SEYSSEL : Ne pas rester passif et attentiste, être opportuniste ...

Cédric DUBOIS : Oui ! Etre curieux, impliqué, s'investir ! Entre guillemets, il faut avoir un peu de cran, ne pas avoir peur, y aller au culot ! Le monsieur que j'ai rencontré à Sablé à l'époque, c'était Michel Genson : capitaine de l'équipe de France en tant que joueur, puis entraîneur de l'équipe de France masculine et à l'origine de la création du Pôle France en 83 ! Un grand ponte en somme ! Il savait mettre à l'aise les gens donc cela allait, mais c'est de lui que tout est parti ! Il ne faut pas être attentiste et il faut oser ! 

 
Cédric DUBOIS entraîneur

Parcours professionnel ...

Sandra SEYSSEL : Une attitude positive que vous avez adoptée tout au long de votre parcours universitaire et professionnel !

Cédric DUBOIS : Effectivement ! Par exemple, lorsque je suis allé travailler à Poitiers, je suis d'abord allé voir la Ligue Régionale de Volley-ball en arrivant pour me présenter. Et là, je tombe sur Marc Francastel, entraîneur de volley-ball de l'équipe qui est aux Jeux Européens et maintenant entraîneur au Pôle France ... une personne que je ne connaissais absolument pas, juste de nom, mais à qui j'exprime mon souhait de faire de la formation de cadres, d'entraîner les jeunes en sélection régionale et d'être entraîneur adjoint ! Suite à cela, il me prend sur la formation des cadres et, en janvier, il me propose de rejoindre le Pôle France où un poste était disponible ! En février, je partais... Poitiers, je n'y suis donc resté que 6 mois !

 

Sandra SEYSSEL : On ne vous en a jamais fait le reproche ? D'être instable professionnellement ?

Cédric DUBOIS : On m'a fait la réflexion une ou deux fois et je conçois que cela puisse avoir un côté négatif. Mais à chaque fois, je suis parti car on me proposait un projet et pour un jeune entraîneur qui aspire à cela, ce n'est pas refusable, c'est extraordinaire ! Tout dépend pourquoi on change : si c'est parce que l'on se fait mettre sur la touche, c'est sûr que cela ne donne pas une bonne réputation. De mon côté, j'ai franchi les étapes très vite grâce à des opportunités que l'on me proposait,..., à chaque fois, je montais les marches trois par trois ! C'est vrai que je bouge beaucoup : je suis arrivé en équipe de France A, j'étais statisticien puis entraîneur adjoint des cadets,..., aux Championnats du Monde au Mexique, j'étais statisticien de l'équipe junior...

« Autant d'expérience de groupe, des équipes nationales et du haut niveau pour un jeune entraîneur ! »

 

Sandra SEYSSEL : Quand Pierre MONCANIS m'a contactée, j'ai cherché des informations sur votre parcours professionnel et c'est vrai que l'on s'y perd !

Cédric DUBOIS : Je ne sais pas si vous avez trouvé beaucoup de choses car le volley-ball n'est pas un sport très médiatisé (rires) ! Je vais essayer de résumer tout cela ! ... Après le Pôle France¸ je suis parti rejoindre l'équipe féminine de Béziers,..., l'équipe passait de la première à la deuxième division donc il y avait tout un club à reconstruire en commençant par un changement d'entraîneur. Mais cela a été une bonne expérience, surtout que les féminines, c'est particulier ! Avec cinq Bulgares en plus, c'était très compliqué, d'autant plus que je n'avais qu'une seule française ! Alors l'anglais, cela fait du bien d'avoir fait STAPS pour disposer de certains éléments,..., si ce n'est jamais suffisant, cela donne des bases même s'il faut toujours s'améliorer ! Là encore, cette année, j'ai plus parlé anglais que français dans le gymnase puisque j'avais 6 étrangers et 4 Français !

 

Sandra SEYSSEL : Et les joueurs parlent tous bien anglais ?

Cédric DUBOIS : Oui, tous les joueurs globalement ! C'est là qu'on se dit que tout est intéressant dans les études STAPS ! De l'anglais à l'anatomie ! Maintenant, je m'en sers tous les jours alors que quand j'étais en STAPS, je me disais « Mais qu'est-ce-que c'est l'anatomie ?, les muscles, c'est important de savoir où ils sont mais après, au millimètre près ?! » Sauf que je ne fais pas une seule séance de musculation, aujourd'hui, sans me remémorer mes cours d'anatomie, c'est fondamental sinon je vais blesser tous les joueurs si je n'y pense pas !

 

Sandra SEYSSEL : Quelle a été la suite après Béziers ?

Cédric DUBOIS : Dès janvier 2009, Le président du club de Beauvais (Bouc Volley) m'a contacté car il cherchait un entraineur responsable du centre de formation et adjoint sur l'équipe professionnelle (Ligue A masculine). En février 2012, l'entraineur de l'équipe professionnelle s'est fait licencié et le président m'a demandé de prendre en charge l'équipe, jusqu'en juin 2013. L'été dernier, arriver à Cambrai constituait une vraie opportunité après une année blanche. En fait, suite à mon expérience au Bouc Volley, j'ai eu une proposition l'été 2013 pour rejoindre le club de volley-ball de Harnes mais ma femme était déjà prise en stage à Saint-Nazaire, donc soit on ne se voyait pas du tout de l'année, soit je refusais. Et j'ai refusé. Après, il a fallu que je rebondisse et c'est là que je suis parti à Cambrai !

 

Sandra SEYSSEL : Cela a du vous changer de Beauvais ?!

Cédric DUBOIS : Oui ! Surtout au niveau de la différence de structuration entre les deux clubs, avec un club de Beauvais évoluant au plus hait niveau français, sortant de deux finales de Coupe de France et tournant autour de 8 salariés hors joueurs ... et un club de Cambrai au fonctionnement plus familial et moins développé structurellement. A Cambrai, l'équipe évolue en Ligue B et nous ne sommes que 2 salariés, hors joueurs.

 

Sandra SEYSSEL : Qu'est-ce qui rentre en ligne de compte dans le recrutement d'un entraîneur ?

Cédric DUBOIS : Dans ces débouchés, j'ai l'impression que les employeurs recherchent avant tout l'expérience de terrain, en plus du diplôme qui ne se suffit plus en lui-même ! De l'expérience de terrain pour connaître la façon de travailler de la personne. Pour ma part, quand j'étais à l'IFEPSA, je me suis déplacé sur de nombreux plateaux de benjamins et de minimes dans le cadre de la réalisation de mon mémoire,..., je pouvais aller voir n'importe quel club et je peux vous dire qu'ils me connaissaient ! Les dirigeants me voyaient tous les week-ends et ils se disaient : « Mais lui, c'est un acharné ! Pas besoin de savoir si c'est un bon entraineur ou pas, de toute façon, il est à fond dans son truc ! ». Aujourd'hui, les choses se compliquent avec l'élitisme de la compétition et la reconnaissance des diplômes au niveau européen ! Et l'on peut s'y perdre ! L'avantage des études STAPS, à mon sens, c'est qu'elles donnent un véritable socle de connaissances.

« L'idéal est donc de passer les diplômes d'Etat tout en suivant un cursus STAPS »

Pendant que j'étais à l'IFEPSA, j'ai d'ailleurs passé le BE 1er degré de volley-ball puis j'ai passé mon BE 2ème degré en 2007 quand j'étais à Montpellier au Pôle. Il fallait de toute façon avoir ces diplômes d'Etat pour pouvoir entraîner, le cursus STAPS ne suffisait (déjà) pas ... A l'heure actuelle, avec ces nouveaux diplômes européens, cela devient déjà compliqué d'obtenir le BPJEPS en un an ... alors les autres diplômes ... D'ailleurs, il n'y a pas que sur les connaissances mais aussi sur l'organisation du travail que le cursus STAPS s'avère être un plus ! Si tu fais deux ans d'IFEPSA et que tu n'as pas d'organisation de travail, tu ne passes pas la deuxième année ! Cela t'oblige à t'organiser alors que la filière BPJEPS c'est beaucoup (trop) de terrain, ce n'est pas assez général ! La formation est morcelée, ce qui n'aide pas à être structuré soi-même ! A chaque fois que j'arrive dans un club ou à la fin d'une saison, le président et le comité directeur sont surpris parce que je fais un bilan écrit en précisant les problèmes rencontrés et les remédiations apportées. Il s'agit de rédiger un projet comportant l'objectif principal à atteindre et les moyens pour y arriver ! C'est important de formaliser, pour soi et pour l'équipe dirigeante !

 

Sandra SEYSSEL : C'est vrai qu'un bagage général permet une certaine polyvalence ...

Cédric DUBOIS : C'est un socle, vraiment ! Ce n'est pas suffisant pour entraîner mais c'est crucial pour pouvoir s'ouvrir et évoluer. Je continue tous les ans à suivre des formations à l'INSEP,..., cette année, c'était sur la motivation et la dynamique de groupe, le collectif,..., l'an dernier, c'était sur la prévention des blessures et la préparation physique dans différents domaines. Je pense que je vais bientôt en faire une sur les aspects juridiques et les agents sportifs car ce sont des thématiques très complexes et je pense que je peux apporter davantage à mon club en étant plus solide là-dessus. J'aimerais être plus complet mais c'est grâce à l'IFEPSA que je peux intégrer toute cette masse de connaissances.  Nous sommes tellement des petites structures qu'il faut être très compétent dans certains domaines et surtout ne pas dire de bêtises dans d'autres domaines parfois légaux. Par exemple : pour l'obligation de mutuelle à partir du 1er janvier 2016, si je n'ai pas créé le dossier, j'ai donné des pistes ! Car nous avons un public particulier, un public de joueurs professionnels qui vont chez le kiné bien plus souvent qu'une personne lambda, qui vont chez l'ostéopathe,..., il faut que ce soit pris en charge car ils ont des besoins en podologie, des besoins en ophtalmologie, ce n'est pas évident... Là, c'est un élu qui s'en est occupé, il m'a demandé des pistes à explorer et des choses où il devait faire attention...

 

Sandra SEYSSEL : Quel regard portez-vous sur toutes ces expériences ?

« Les filles, c'est particulier ! »

Cédric DUBOIS : Chaque expérience est une découverte humaine. Chaque joueur, chaque joueuse, chaque dirigeant est unique et demande une attention particulière. Les équipes comme les individus sont à chaque fois de nouvelles entités et demande donc une adaptation. Ce terme est fondamental pour moi dans le métier d'entraineur sportif. Par exemple, j'ai vécu des différences énormes entre mon expérience féminine et avec les équipes masculines. Avec les joueuses de Béziers, il fallait leur expliquer les raisons et les bénéfices de chaque chose. Si elles ne sont pas convaincues de l'intérêt de tel ou tel exercice, elles ne le font pas ou seulement à 10% de ce qu'elles peuvent faire. Alors que les garçons, ils sont d'abord dans l'exécution puis dans la compréhension : s'ils voient un dessin et que le dessin dit qu'il faut faire ça, ils vont faire ça. Si je leur mets 3x8 de 9kg, ils comprennent qu'ils auront trois séries de 8 répétitions à 9kg à effectuer,..., ils ne chercheront pas à comprendre de prime abord. Quelque part, c'est frustrant car ils ne se rendent pas compte que c'est réfléchi, très réfléchi des fois ! Après les filles, c'est différent : par rapport à la musculation par exemple ! La mise en place d'un cycle de musculation était nécessaire en termes d'entraînement et de préparation physique mais il ne fallait surtout pas qu'elles prennent un centimètre de tour de biceps ou de tour de cuisse ! J'ai même des joueuses qui voulaient perdre des cuisses en faisant de la musculation ! Pour essayer de prendre en compte leurs attentes, je leur faisais alterner des squats et à côté des exercices pour les fessiers pour qu'elles s'affinent. Les filles, il faut arriver à leur faire comprendre que cela va leur faire du bien sportivement et qu'elles ne vont pas « devenir des camions » ! Par ailleurs, si les hommes sont plus dans la confrontation entre eux pour faire bouger les lignes, pour être meilleurs, les filles, elles, vont rarement se confronter. Quand la copine n'est pas bien ou en échec, elle va moins naturellement l'aider, ni la pousser dans ses retranchements. Les joueuses que j'avais à Béziers n'avaient pas ce réflexe d'aider quand une coéquipière était en difficulté, pour que l'équipe garde son niveau de jeu. Les garçons, eux, vont s'entraider plus naturellement,..., s'ils arrivent à aider leur coéquipier, cela va les valoriser. Les filles, elles, n'ont pas besoin de ça. En tout cas, sur l'expérience que j'ai vécu avec elles...

 

Sandra SEYSSEL : Il faut s'adapter à son public ...

Cédric DUBOIS : Exactement ! Il y a aussi une question de culture : c'est-à-dire qu'un joueur de 30 ans, cela fait déjà 12 ans qu'il est sportif professionnel donc il a l'habitude de faire tels exercices, par exemple en musculation. Du coup, dès le début de l'année, j'ai besoin de savoir ce qu'il a l'habitude de faire et je lui redonne ce qu'il veut faire, parce que cela le met en confiance, il est maître de ce qu'il fait, il a sa routine et il sent que je prends en considération ses attentes. Cela fait partie de ses attentes et de ses besoins mais cela sert aussi à créer une relation : on va partir d'un exercice, éventuellement en voir un autre qu'il n'avait pas l'habitude de faire,..., mais ils apprennent très vite. L'avantage aussi, c'est que c'est moi qui recrute les joueurs, ce qui peut faciliter les choses sur la prise en charge du groupe.

« Autant que les hommes, la structure est un facteur central de la réussite du projet ! »

Cédric DUBOIS : Il y a des structures où il n'y a que l'entraînement auquel penser, la performance de l'équipe, la vidéo à préparer et des structures - beaucoup plus nombreuses en volley-ball - où l'on doit avoir un peu l'œil partout. Pendant une saison, si j'avais plus de temps, je ferais plus de vidéos, plus d'entraînements mais comme je n'ai que ce temps-là, je fonctionne comme cela. Si en plus, sur le temps que j'ai, il faut que je perde du temps, je fais moins de vidéo, moins d'entraînement, moins de préparation, moins de débriefing, et c'est frustrant ! Si j'avais un entraîneur adjoint, voire deux entraîneurs adjoints, on ferait trois fois plus de choses. Or je suis obligé de faire des choix par rapport à tout ce que j'aimerais faire. La structure et son fonctionnement sont donc très importants. Entraîner au Bouc Volley et à Cambrai est donc singulièrement différent !

 

Sandra SEYSSEL : A quel(s) niveau(x) ?

Cédric DUBOIS : A Beauvais par exemple, il y avait le bureau des entraîneurs, le bureau administratif plus deux salles côte à côte avec trois bureaux de chaque côté. Un bel outil ! ... Avec un gymnase que l'on pouvait utiliser n'importe quand, une salle de musculation collée au gymnase, vraiment idéal ! Au club de Cambrai, nous sommes deux salariés,..., les horaires d'entraînement se situent entre 12h et 14h ou après 18h, la salle de musculation n'est pas à côté mais à 1km. Donc l'importance de la structure est déterminante. A Cambrai, je travaille avec un préparateur physique et j'aimerais bien avoir un adjoint mais il a déjà plein de missions auprès du club amateur et ce n'est donc pas possible ! J'aimerais avoir un médecin qui prenne complètement en charge la blessure du joueur et ce n'est pas possible non plus. Ici, nous disposons d'un seul kiné alors qu'à Beauvais, il y en avait trois, plus un médecin, un podologue, un ostéopathe. Là, notre kiné ne va pas pouvoir masser trois joueurs en même temps ! A Beauvais, nous faisions des rotations toutes les semaines au niveau des kinés : ils venaient dans la salle après deux entraînements pour masser les joueurs. Il est donc très important de pouvoir bien évaluer les possibilités de la structure avec ce que l'on peut faire en tant qu'entraîneur,..., parce que dès que l'on sera en sur régime, la structure ne suivra pas derrière et nous perdrons de l'efficacité. C'est un équilibre à trouver, faire attention à ne pas s'éparpiller, à ne pas se débattre inutilement. Tous les projets ont leur intérêt et la réussite d'un projet ambitieux comme Cambrai est très enrichissante.

 

Sandra SEYSSEL : Une journée d'entraîneur à Cambrai, cela se passe comment alors ?

Cédric DUBOIS : Alors, deux entraînements par jour, musculation à 10h ou en gymnase à 12h, je ne commence pas trop tôt le matin donc ça va (rires) ! C'est aussi beaucoup de vidéo, de la logistique comme pour préparer le déplacement, la séance. Le soir, l'entraînement a généralement lieu à 18h, nous ne pouvons pas avoir de créneaux plus tôt ou de plus de 2h. Beaucoup de vidéo, beaucoup de préparation de plan de jeu et il y a quand même une partie invisible qui touche à la communication : que ce soit par rapport à l'adversaire que l'on va jouer mais aussi dans l'équipe où il est nécessaire de prendre régulièrement de l'information auprès du capitaine, du kiné ou d'autres sur les joueurs. Mais ce n'est pas parce qu'on voit des choses qu'il faut agir tout de suite,..., il faut déjà prendre en compte les informations reçues dans son entraînement. Cette année, j'ai eu deux joueurs dont les femmes ont accouché le même jour en février et j'ai mis du temps avant de savoir que leurs femmes étaient enceintes ! Il y en a un qui avait du mal à rester concentré toute une semaine et quand j'ai su que sa femme était enceinte, j'ai tout de suite compris car c'était le premier enfant et c'était donc logique qu'il s'inquiète ! La communication, même indirecte, est donc fondamentale. 

 

(A ce moment de l'interview, nous en profitons pour faire une courte pause du fait de l'intrusion de Nicolas Hauw dans mon bureau (!) venu passer un petit coucou ! ...)

 

Sandra SEYSSEL : Nous parlions de vos journées d'entraîneur,..., qu'est-ce qui vous plaît le plus et/ou le moins dans votre métier ?

Cédric DUBOIS : Ce qui me plaît le plus dans ce métier, c'est la relation humaine ! J'ai la chance de côtoyer des joueurs motivés avec lesquels nous avons vraiment un intérêt partagé, un objectif commun ! Tous les matins, je me lève et je suis super content de faire ce boulot-là. Je suis à l'aise avec le terrain et c'est ce qui me motive. En revanche, je suis mal à l'aise avec tout ce dont je dois m'occuper autour (rires) et en particulier avec tous les parasites qui, de toute façon, existeront toujours ! Par ailleurs, il faut faire la part des choses, ce qui est parfois difficile avec différentes cultures. Cette année, j'avais 4 Français, 2 Serbes, 1 Brésilien, 1 Grec, 1 Espagnol et 1 Américain, soit 6 nationalités, 6 cultures, 6 habitudes différentes et des joueurs centrés sur des aspects différents également : sur la tâche pour certains, sur l'humain pour d'autres,..., du coup ils ne demandent pas du tout le même fonctionnement. Un Serbe ou un Américain, tu lui dis de faire ça, il le fait. Un latin, on va faire ça ensemble, c'est beaucoup plus humain que centré sur la tâche. Il y a de l'humain car il faut sentir les choses même si cela reste empirique et il y a beaucoup de technique pour mieux agir ensemble et entre eux ! Un entraîneur doit être capable de sentir les choses, un regard, une attitude, identifier le non-dit verbal et c'est sur ce point que je considère que je suis un très jeune entraîneur : j'ai encore énormément à apprendre juste sur de l'observation de l'être humain en lui-même, sur le volley-ball aussi. Sur deux joueurs, il y en a un avec qui il va falloir mettre la main sur l'épaule pour rentrer en communication et un autre avec lequel il ne faudra surtout pas le faire car il se sentira agressé. Tous ces petits trucs-là, j'ai déjà commencé à les aborder en lisant des ouvrages sur la PNL (Programmation Neuro-Linguistique) et un autre sur l'analyse transactionnelle. Mais ça c'est pareil, cela reste des outils mais il faut savoir s'en servir, et c'est là-dessus qu'il faut encore que je progresse encore énormément, en me posant encore plus des questions !  Car l'entraîneur qui se dit que ce qu'il fait c'est bien, cela n'existe pas ! Vu que les joueurs vont et viennent, il y a tout le temps de nouvelles techniques d'observation, le jeu évolue, cela va de plus en plus vite, cela saute de plus en plus haut et il faut savoir s'adapter en permanence.

 

Sandra SEYSSEL : Quelles sont vos perspectives de carrière dans le métier ?

Cédric DUBOIS : Alors moi, je n'ai pas envie de faire cela jusqu'à 65 voire 70 ans ! Je pense entraîner au maximum jusqu'à 50 ans, après je vais peut-être me consacrer à ma famille ! Un weekend sur deux je suis ailleurs, c'est une sacrée vie ! L'employabilité, elle est avec le club professionnel, c'est pour cela que je pense que l'organisation du sport en France doit évoluer ! Est-ce qu'elle va évoluer sur des ligues fermées comme les ligues Américaines ?, je ne sais pas mais c'est une possibilité. Est-ce qu'elle va plus évoluer vers un système asiatique avec une entreprise propriétaire d'un club, de type « Toyota World Club » et là, au moins, il y aura de l'argent ... Il faudra peut-être car dans le cas présent, le budget d'un club de volley est composé de subventions publiques local à 70% voire 95% dans certains clubs de volley-ball ! Mais c'est cette mise en danger, cet inconfort qui met la personne dans les meilleurs dispositions pour donner le meilleur d'elle-même,..., être trop dans le confort, ce n'est pas possible ! Après, avec une certaine réputation, une expérience, une renommée, il y a aucune raison de ne pas retrouver un emploi. Une fois, c'est en ligue A,..., une fois, en ligue B ou encore avec un pôle espoir ! Cela peut encore évoluer. Je ne sais pas combien de temps je ferai cette carrière-là... on ne reste pas 15 ans dans le même club en tout cas et il y aura toujours plus d'entraîneurs que de clubs, plus que de joueurs qui veulent être en ligue A que de places disponibles. C'est la logique des choses.

« Cela va avec l'essence du métier même d'entraîneur d'être toujours en danger pour tout le temps donner le meilleur de lui-même »

 

Sandra SEYSSEL : Le jour où vous ne pouvez ou ne voulez plus être entraîneur, comment envisagez-vous les choses ?

Cédric DUBOIS : Bonne question, que je me pose souvent ! Qu'est-ce que je ferai après ?! Pourquoi pas Intervenant à l'IFEPSA ?! Dans une structure comme la vôtre et avec l'image élitiste que j'en ai, cela me plairait énormément ! Je pense à Olivier Saurin quand il nous donnait des cours : je buvais littéralement ses propos ! Sinon, j'irais bien sur une perspective de pôle espoir pour continuer à faire de la formation de haut niveau, ce qui correspondrait davantage à mon idée de départ,...,  nous avons affaire à un public motivé et nos weekends sont libres, ce qui me permettrait de pouvoir profiter de ma famille car depuis 10 ans... Et puis, c'est dans une structure plus stable normalement, ce qui signifie moins de mise en danger pour un projet plus à long terme, sur trois ans. Moi c'est ce que j'aime bien ... Pour moi, la notion de projet est importante et en pôle espoir, il y a tout un projet à avoir avec chaque joueur, qui peut être intéressant. C'est une structure bien cadrée même si, forcément, on ne peut pas tout faire et que tout n'est pas faisable. Sinon après, j'aimerais trouver un emploi qui incite les gens à faire du sport ou créer une structure, un peu comme un centre de loisir, pour les y inciter mais pas pour faire de la garderie non plus ... Il y a des idées mais rien de concret... 

 

Sandra SEYSSEL : C'est déjà important d'avoir des pistes !

Cédric DUBOIS : Là, j'ai un contrat de deux ans à Cambrai,..., j'ai fait la première année, je vais sur la deuxième année. Je vais peut-être signer un nouveau contrat de 2 voire 3 ans ou peut-être que je vais bouger ! De toute façon il faut rester ouvert ! 

 

Conseils aux étudiants ...

« Etre flexible, curieux, passionné, adaptable, ouvert et se confronter à la réalité du terrain »

Sandra SEYSSEL : Si vous aviez quelques conseils à donner à nos étudiants ?! ...

Cédric DUBOIS : Tout d'abord, être flexible, curieux et ne pas se sentir « arrivé » car là, c'est la meilleure chose pour être sur la touche ! Ensuite, avoir des roues de secours ! De mon côté, j'espère que ce sera seulement pour dans quelques années ...  Je suis encore trop passionné par ce que je fais pour avoir envie de faire autre chose. Ce qui rejoint un troisième conseil : la passion ! S'il n'y a pas de passion, il faut arrêter car il y a de la pression, des egos à gérer, c'est un milieu très complexe ... Il faut donc être vraiment passionné au départ car on gère de l'humain ! Je pense que pour rester passionné, il faut aussi avoir de nouvelles missions, si on reste tout le temps à faire la même chose, moi honnêtement, je ne pourrais pas ! Donc bouge, que ce soit géographiquement ou que ce soit en termes de publics rencontrés, il faut que cela se renouvelle pour entretenir sa passion, la monotonie c'est affreux, dans le sport cela paraît encore plus affreux ! Heureusement, c'est tout de même plus facile dans le sport de garder sa passion vu que les joueurs se renouvèlent,..., quand j'ai commencé il y a huit ans, le jeune joueur que j'avais au pôle France à Montpellier par rapport au jeune joueur que j'ai à Cambrai, il y en a un qui a grandi avec internet, les réseaux sociaux et pas l'autre, et c'est complètement différent. Cela joue aussi dans la prise en compte de l'individu, dans sa manière à soi de s'adresser à eux, il faut que ça évolue en même temps car sinon ... Ceci rejoint à un autre conseil en matière d'entraînement : il faut s'adapter à l'évolution de la société et donc des joueurs qui vont avec. Que ce soit par rapport à la technologie ou par rapport à la pratique technique du côté de l'entraînement... Il y a 10 ans, il fallait envoyer une cassette VHF, maintenant tout est sur serveur... Des outils supplémentaires, encore une fois, il faut savoir s'en servir pour qu'ils soient performants. Il ne faut pas rester non plus fermé sur l'entraînement mais au contraire s'intéresser à beaucoup de choses, comme la législation par exemple. C'est ça qui est intéressant sur un cursus STAPS comme celui proposé par l'IFEPSA, c'est que l'on voit plein de choses, de législation, de l'anatomie... Nous abordons plein de disciplines différentes que nous pouvons ensuite réutiliser. En résumé, il faut essayer de toucher à tout car il y a des clubs où c'est fondamental pour qu'il puisse survivre, progresser. Il faut voir la réalité du terrain : comme disait Bigard, « c'est quand on est au pied du mur qu'on voit mieux le mur ! ». En cela, le stage est un bon élément pour se confronter à cette réalité. Tous les stages ont bénéfiques pour moi et surtout les stages professionnels ! Du lundi matin jusqu'au samedi soir, j'étais avec le CSP Limoges, j'avais déjà assisté à des séances de musculation, visionné les cassettes d'agents aux côtés de l'entraîneur, etc. J'étais donc complètement plongé dans le fonctionnement quotidien de l'entraîneur. Cet aller-retour entre terrain (stage) et acquisition des connaissances (IFEPSA), c'est ce qui a été le plus important à mon sens !  Ce qui est génial, c'est que l'étudiant va voir les entraîneurs travailler et il y a des entraîneurs aussi qui viennent ici donner des cours, c'est bien !

 

Sandra SEYSSEL : Nous avons effectivement un bon outil de travail à l'IFEPSA !

Cédric DUBOIS : C'est important car, dans le sport, on s'adresse à des profils très diversifiés - des joueurs aux sponsors, en passant par les dirigeants, les élus des collectivités - et il faut être capable de leur parler dans leur langue ! Et c'est ce nous apprenons à l'IFEPSA !