Enseignant en APA

Loïc FAIVRE portrait

Loïc FAIVRE, 26 ans

Enseignant en APA à l'Institut de Cancérologie de l'Ouest à Angers

Ancien étudiant de la promotion 2008/2009 ayant validé un Master APAS-ERI à l'IFEPSA en 2023

 

Interviewé par Sandra SEYSSEL

Un mois après la signature d'une convention de partenariat entre l'IFEPSA et le Canoë-Kayak Club d'Angers (CKCA) dans le cadre d'une action destinée à aider les patientes atteintes d'un cancer, Loïc FAIVRE revient cette fois dans nos locaux pour nous parler de son métier et de ses nombreux projets.

 

Ancien étudiant de l'IFEPSA, Loïc exerce en tant qu'enseignant en activité physique adaptée à l'ICO (Institut de Cancérologie de l'Ouest - Site Paul Papin). Il anime également des séances d'activités physiques adaptées pour le Comité Départemental Sport Pour Tous en plus de s'être lancé comme auto-entrepreneur depuis février dernier. Il est enfin à l'initiative du partenariat créé entre l'ICO et le CKCA, duquel le groupe de Dragon Pink Ladies est né sur Angers.

Pour cette interview du mois de mai, Loïc est ainsi accompagné d'une Dragon Pink Ladies de la première heure : Françoise GOUJON ! Celle-ci nous expliquera comment elle a vécu la mise en place de cette activité « canoë-kayak » pour les patientes soignées à Paul Papin ainsi que le montage du projet pour participer à la mythique « Vogalonga » de Venise. En savoir plus sur leur projet de participation en mai 2015...

 

Loïc et Françoise GOUJON
 

 

Sandra SEYSSEL : Bonjour ! Et tout d'abord merci de revenir à l'IFEPSA pour cette interview métier !

Loïc FAIVRE : Bonjour et merci de nous accueillir aujourd'hui ! Cela fait toujours plaisir de revenir à l'IFEPSA !

 

Sandra SEYSSEL : Merci également à Françoise GOUJON de s'être jointe à nous, pour nous parler des Pink Ladies ! ...

Françoise GOUJON : De rien, j'y tenais ! ...

 

Sandra SEYSSEL : Nous allons tout d'abord suivre le cheminement habituel de nos interviews, en commençant par votre parcours à l'IFEPSA ...

 

Parcours à l'IFEPSA ...

Sandra SEYSSEL : Parlez-nous de votre arrivée à l'IFEPSA ... Qu'est-ce qui vous a poussé à intégrer l'Institut ?

Loïc FAIVRE : Je suis originaire de Bordeaux, donc peu de chance a priori d'arriver à l'IFEPSA au départ ! ... Sauf que j'ai suivi mes parents à Cholet en fin de troisième, dès la fin du collège,..., je suis resté jusqu'au lycée (au Lycée Renaudeau), où j'avais déjà opté pour une option « sport » ! Dès la seconde, mon parcours s'orientait ainsi fortement vers le sport, avec 8 heures de pratique par semaine,..., nous touchions à tous les sports, en alliant aussi bien les aspects théoriques que les activités physiques en elles-mêmes. Quant à mon arrivée à l'IFEPSA, celle-ci s'est faite naturellement en fait : le sport étant ma passion, que ce soit au niveau théorique ou pratique, puisque je n'avais pas de sport que je n'aimais pas faire ... Je ne me suis donc pas posé trente-six mille questions : j'ai choisi d'intégrer une fac de sport !

 

Sandra SEYSSEL : Vous auriez aussi pu intégrer une université publique ! ...

Loïc FAIVRE : Pourquoi plus Angers que Nantes ? ... Et bien, tout simplement parce que nous avions regardé les taux de réussite et d'insertion professionnelle en sortie de diplôme avec mes parents. Angers était bien meilleure que Nantes, donc le choix a été assez simple ... Quitte à intégrer une université, autant aller où le suivi et la réussite étaient garantis. A l'époque, les taux de réussite à Nantes n'étaient pas très importants ... Par ailleurs, il est vrai qu'au lycée, je n'étais pas non plus un élève très studieux, donc le fait d'être en petits groupes, c'était plus rassurant ... Même si après, à partir du moment où on a trouvé son domaine, les choses se mettent en place plus facilement et naturellement. Je n'étais pas un cancre non plus au lycée mais il faut reconnaître que cela ne m'amusait pas non plus d'aller au lycée tous les matins !

 

Sandra SEYSSEL : Ce qui a changé quand vous êtes arrivé à l'IFEPSA ! ...

Loïc FAIVRE : Oui, complètement ! Dès que j'ai passé le seuil de la fac de sport, cela m'amusait de travailler sur la physio, la physiopathologie, etc. Une fois que j'ai eu trouvé ma voie, c'était plaisant de se lever le matin pour venir assister aux cours !

 

Sandra SEYSSEL : Comme quoi, on ne répétera jamais assez que la motivation joue un rôle très important !

Loïc FAIVRE : Ah oui, la motivation joue un rôle essentiel ! Après, il y a aussi une mauvaise représentation de la fac de sport du côté des étudiants : on pense qu'en étant très bon en sport, on va intégrer une fac de sport et réussir,..., en fait, mieux vaut être très bon à l'écrit et à l'oral plutôt que très bon en sport. On se dit qu'on sait courir et que cela va le faire ... mais cela ne marche pas du tout comme cela dans la réalité !

 

Sandra SEYSSEL : Vous arriviez en plus dans un contexte particulier puisque c'était la première année où les tests de sélection avaient été supprimés !

Loïc FAIVRE : Exactement ! Première année où il n'y avait plus les tests de sélection,..., il était donc vraiment tout naturel pour moi, en sortie de lycée, d'intégrer l'IFEPSA. Pas d'embûches à l'entrée, surtout que j'avais un dossier correct !

 

« Voilà comment je suis donc arrivé à Angers, cela a été assez naturel finalement ! »

 

Sandra SEYSSEL : Aviez-vous des diplômes sportifs avant d'arriver ? Encadriez-vous en club ?

Loïc FAIVRE : Pas du tout ! Le seul diplôme que j'avais avant de commencer mes études supérieures, c'était le BAFA ! ... Ainsi qu'une petite expérience en club : de façon ponctuelle, j'allais donner un petit coup de main ...

 

Sandra SEYSSEL : Parlez-nous de votre cursus à l'IFEPSA et en particulier de votre sensibilité par rapport à la filière "APA-S" ...

Loïc FAIVRE : Cette sensibilité s'est affirmée dès la première année en fait, par le biais des stages qui m'ont beaucoup apporté ! J'ai en effet commencé en L1 par un stage d'une semaine en ITEP, à côté de Cholet, auprès d'enfants qui avaient des troubles du comportement. Ce stage m'a plu mais je sentais d'ores et déjà que ce n'était pas pile poil mon domaine car j'étais avec des enfants,..., on se rapprochait plus du sport « basique » que de la prise en charge de l'activité physique. J'étais partagé entre des choses qui me plaisaient et d'autres, qui me dérangeaient. Ensuite, en deuxième année, nous réalisions des stages en milieu primaire si je me souviens bien et là, j'ai su que cela me plaisait beaucoup moins (rires) ! Je ne passais pas des mauvais moments mais je ne prenais pas non plus un plaisir fou à aller dans un collège ! Raison pour laquelle j'ai suivi des options orientées vers la filière « APA-S », comme nous en avions la possibilité, dès la seconde année. Le secteur du handicap m'intéressait déjà fortement, surtout le handicap moteur ... En troisième année, nous devions effectuer un stage d'un mois, que j'ai choisi de réaliser au Centre de Rééducation à Saint-Jacques sur Nantes. Et c'est le premier stage où j'ai pris énormément de plaisir, et ce malgré tous les allers-retours que je faisais tous les jours (rires) ! Cela m'a vraiment beaucoup plu malgré les quelques contraintes ! Je suis d'ailleurs resté longtemps en contact avec mon maître de stage ensuite ! Mais il est vrai que ce stage est arrivé un peu tôt dans mon cursus car en L3, on n'a pas vraiment le temps de mettre en place un réel projet, d'en apprécier les retombées et de l'améliorer. Nous restons en effet entre observation et pratique ... un stage d'un mois, c'est bien pour découvrir mais trop peu pour mettre des choses en place. Je n'ai pas pu apporter grand-chose à la structure mais les personnes que j'ai côtoyées, au contraire, m'ont apporté énormément ! Mon choix pour la filière « APA-S » était ensuite  bien ancré et j'ai naturellement intégré le master « APAS-ERI » proposé à l'IFEPSA.

 

Sandra SEYSSEL : Première année de mise en route du Master "APAS-ERI" également !

Loïc FAIVRE : Oui, tout à fait ! Un master commun au sein duquel nous avions toutefois des cours spécifiques autour du versant "santé". Durant cette année, j'ai réalisé mon stage au Centre de Rééducation de Cholet qui s'est également très bien passé. Je dois dire que nous avons eu de la chance, pendant cette première année, d'avoir des cours dispensés par le Docteur Abadie, spécialisée en oncologie à Angers, car cela nous a permis de découvrir ce domaine. J'ai trouvé cela très intéressant, j'avais l'impression qu'il y avait en plus plein de choses à faire dans ce domaine. Du coup, je suis allé la voir à la fin d'un cours en lui disant : « Vous parlez d'activités physiques, mais y a-t-il quelque chose qui existe à Angers ? ». Ce à quoi elle m'a répondu que « non », que cela faisait quelques années qu'elle essayait de mettre des choses en place mais qu'elle n'avait pas assez de temps pour le faire. J'ai alors saisi cette opportunité et je lui ai proposé de réaliser un stage au sein de l'ICO à Angers, dans le cadre de mon futur master 2. Le stage étant de plus de 4 mois, je pouvais espérer développer pas mal de choses ! Ainsi, pendant toute la fin du master 1 et le début du master 2, nous avons travaillé ensemble sur ce que nous pouvions proposer en termes de type d'activité, de moment et de lieu. L'objet de mon stage de master 2 a donc consisté à mettre en place une activité physique (essentiellement du renforcement musculaire) adaptée auprès des personnes en cours de soins à l'ICO.

 

Sandra SEYSSEL : Là encore, un choix de stage qui s'est révélé fondamental ! ...

Loïc FAIVRE : A la fin de ce stage, je savais (officieusement) que cela allait déboucher sur quelque chose mais je ne savais pas sur quoi ! Cela pouvait aller de 2h à 35h par semaine, même si c'était tout de même compliqué pour un 35h ! L'ICO m'a recontacté fin août pour me proposer un temps partiel de 4 demi-journées afin de développer l'activité que j'avais mise en place. Voilà comment j'ai intégré l'ICO une fois mon diplôme obtenu ! Si j'avais un conseil à donner sur les stages, ce serait de réaliser à tout prix un stage où des projets sont possibles ! Il faut créer la demande ! Parce que si les étudiants postulent à un endroit où il y a déjà quelqu'un, ils auront peu de chance d'avoir des débouchés derrière ... L'autre chose qui a joué, c'est que j'ai également toujours trouvé mes stages moi-même ... ce qui s'est révélé très important au niveau de mon implication ! Par ailleurs, pour celui de Saint-Jacques, je m'y étais aussi pris bien en avance ! A Cholet, c'était un peu plus limite ... un mois avant ! ... Et le stage de master 2, je l'avais dès le master 1 ... Il ne faut donc pas aller dans des stages tous tracés : je sais qu'en APA-S, beaucoup d'étudiants vont en « diabétologie » au CHU pour effectuer leur stage, sauf qu'au CHU, cela fait 10 ans qu'ils prennent des stagiaires dans ce secteur... c'est bien pour des L2/L3 mais après, il faut aller voir autre chose ... Il y a plein de maisons de retraite notamment, des cliniques privées ou des EHPAD, où tout reste à faire ! Il faut aussi élargir son domaine d'intervention : en centre de rééducation par exemple, on est confronté à un public très large ...    

 

Sandra SEYSSEL : Monter un projet sur la mise en place d'une nouvelle activité, cela faisait aussi appel à des notions de management ! ...

Loïc FAIVRE : Tout à fait, ce qui n'était pas évident même si on avait abordé quelques notions en cours heureusement. Mais j'ai surtout fait avec les moyens dont je disposais pendant le stage. Avec ce qu'on m'a proposé, j'ai pu mettre en place cette activité. J'ai eu la chance de pouvoir proposer et opérationnaliser cette nouvelle activité physique selon mes idées. Au niveau du lieu en revanche, c'était plus compliqué puisque l'activité est pratiquée à la Ligue contre le Cancer qui a des créneaux fixes. Maintenant, je dispose également de stagiaires pour m'aider !

 

Sandra SEYSSEL : Quels sont les enseignements clés qui ont contribué à la réussite de votre projet ?

Loïc FAIVRE : Sans hésiter la physiopathologie, puisque c'est grâce à cet enseignement que j'ai trouvé mon stage et que je suis embauché aujourd'hui ! Au-delà de cela, cet enseignement est vraiment fondamental pour les étudiants de la filière « APA-S » : tout le monde sait ce que c'est que le cancer mais, concrètement, qu'est-ce qui se passe autour ? Cela reste obscur pour beaucoup ... mais c'est indispensable à connaître pour pouvoir proposer une activité adaptée. Tous les TD supports se sont également révélés importants car ils nous permettaient de faire des simulations, de proposer des projets et d'avoir droit à l'erreur !

 

Sandra SEYSSEL : Vous gardez donc un très bon souvenir de votre passage à l'IFEPSA (rires) ?

Loïc FAIVRE : Pour moi, c'est vrai que cela a été une très bonne expérience ! Quand on regarde le contexte actuel, j'ai eu beaucoup de chance de pouvoir déboucher sur un emploi dès l'obtention de mon diplôme ! Il faut aussi dire que j'ai toujours validé mes semestres du premier coup, que j'ai pu réaliser un super mémoire sur lequel j'ai pris du plaisir à travailler. Ces années se sont donc révélées très positives pour moi ! Honnêtement, pas grand-chose à redire (rires) ! Après, s'il y avait des choses à rajouter, ce serait peut-être des notions en gestion de projet, autour de l'auto-entreprenariat et de la création d'entreprise en général. Même si je sais qu'on n'est pas forcément réceptifs en master 1 ou 2 sur ces notions, cela me paraît important dans le sens où, dans le secteur des  activités physiques adaptées, on est quand même amenés à avoir plusieurs employeurs. Pour la personne qui veut ensuite développer sa propre structure, ce serait vraiment intéressant de pouvoir mettre cela en place.

 

« Il faut oser, ouvrir des portes. On ne risque rien, au pire ce sera une réponse négative ! »

 

Sandra SEYSSEL : Si vous deviez résumer vos années « ifepsiennes » en quelques mots ?

Loïc FAIVRE : Cela reste de très bonnes années, j'ai bien profité de la vie étudiante (rires) ! De mon côté, j'ai pris beaucoup de plaisir et si quelqu'un me demande un jour des conseils sur le fait de venir ou non à l'IFEPSA, je dirai : « A 100%, oui ! ». Nous sommes bien suivis, y compris après la formation, puisque j'ai eu l'opportunité de présenter mon mémoire à un colloque de recherche 6 mois après l'obtention de mon diplôme. Un projet dans lequel Nicolas HAUW m'a d'ailleurs soutenu,..., il m'a même accompagné au colloque ... Je trouve que nous sommes très bien accompagnés tout au long de l'affirmation de notre projet professionnel. Il y a aussi énormément de partenariats autour de l'IFEPSA, qui donnent des chances d'emploi importantes à la sortie.

 

Sandra SEYSSEL : Nous allons y venir justement ...

 

Métiers actuels ...

Sandra SEYSSEL : Parlez-nous des différentes activités que vous menez de front ! ...

Loïc FAIVRE : Et bien, c'est assez diversifié et complémentaire : j'ai donc mon 40 % à l'ICO Paul PAPIN en oncologie,...,  je travaille également avec Anthony Chauviré au Comité Départemental Sport Pour Tous, à hauteur de 20 % de mon temps environ et avec lequel j'ai commencé à travailler en Master 1 à un rythme de 1h par semaine à l'époque ... Et  je viens de me lancer en tant qu'auto-entrepreneur depuis février dernier ! Par conséquent, cela fait plein d'employeurs et de casquettes différentes mais, pour l'instant, je m'y retrouve plutôt assez bien même si je ne ferai certainement pas cela des années et des années. J'espère surtout que le Centre Paul PAPIN augmentera à terme mon temps de travail !   

 

Sandra SEYSSEL : En quoi consistent vos missions à l'ICO ?

Loïc FAIVRE : Je travaille 4 matinées (lundi/mardi et jeudi/vendredi), même si je suis tout de même présent le lundi en début d'après-midi pour régler tout ce qui est administratif. Ma mission principale consiste donc à développer l'activité que j'ai mise en place dans le cadre de mon stage de M2. Mais comme je n'ai pas assez de temps et de moyens pour tout faire, j'ai essayé de développer des activités en parallèle de l'ICO,..., telles que le canoë-kayak et le projet de la Vogalonga avec les Pink Ladies, dont nous parlerons tout à l'heure. Nous sommes aussi en train de développer un projet autour de l'escrime pour que des personnes puissent en faire post-traitement. Ce sont donc des projets réalisés dans le cadre du Centre mais je les développe en-dehors de mon temps de travail car je n'ai pas assez de temps sinon pour le faire. J'essaie aussi de mettre en place des consultations en amont, c'est-à-dire avant que les personnes ne viennent pratiquer pour la première fois l'activité, notamment sur des aspects liés à l'impédancemétrie (c'est un stagiaire de l'IFEPSA qui s'en occupe actuellement d'ailleurs). L'objectif, ce serait de proposer cela à toutes les personnes qui viennent pratiquer une activité physique et que le test soit pratiqué également à la fin du programme pour voir l'évolution du patient au fil des séances. Nous allons aussi avoir prochainement des ateliers d'éducation thérapeutique.   

 

Sandra SEYSSEL : Qu'en est-il au Comité ? ...

Loïc FAIVRE : Lorsque j'étais étudiant, le Comité a commencé à me donner de plus en plus d'heures mais c'est aussi arrivé à une époque où je demandais aussi de plus en plus d'heures, donc cela tombait bien ! Aujourd'hui, je dois faire environ 8 heures par semaine auprès de publics très différents, mais toujours dans le domaine de la santé. J'interviens 1h30 à un endroit, 1h30 à un autre. Dans le cadre du Comité, il s'agit surtout d'animer et de proposer des séances qui soient adaptées à tout type de public.  

 

Sandra SEYSSEL : Quant au versant auto-entreprenariat de votre activité ? ...

Loïc FAIVRE : En fait, je sous-loue une salle d'activités physiques adaptées, prédestinée au départ pour des personnes ayant des problèmes de dos et dans laquelle un kiné spécialisé intervient. Il se trouve que la population qui vient le plus, ce sont des anciennes patientes de l'ICO qui ont repris le travail et qui sont donc sorties du parcours de soins mais qui veulent continuer une activité physique par rapport au bénéfice qu'elles peuvent en retirer. Le lien se fait donc assez naturellement. Par ailleurs, la salle est également ouverte à des personnes sans problème de santé particulier, mais qui souhaitent pratiquer au quotidien. Il s'agit surtout de renforcement musculaire en salle et je propose aussi de la marche nordique en extérieur. L'activité est ouverte à tous, mais l'objectif n'est pas d'être 50 personnes dans une salle à faire la même chose ! J'insiste sur le suivi et les conseils que je peux apporter à ces personnes. Les groupes sont ainsi constitués de 8 à 10 personnes maximum, ce qui rend le cours assez convivial,..., les gens peuvent discuter un petit peu (rires) ! N'est-ce pas Françoise ! ... Je fais donc cela tous les mardis soir, 3 fois 1 heure ...

 

Sandra SEYSSEL : Comment avez-vous géré les formalités administratives liées à la création de votre activité ?

Loïc FAIVRE : J'ai fait appel à la CCI car, au départ, mon projet était de monter une entreprise,..., un projet sur lequel j'ai travaillé pendant 6 mois. Et j'ai donc dû effectuer mes démarches à la CCI à cette époque-là ... J'avais trouvé un local et commencé à entamer les démarches, mais il se trouve que je ne pouvais pas supporter le coût des travaux pour la salle (18 000 euros HT, faramineux pour moi !), sans compter les contraintes liées à l'accessibilité des personnes à mobilité réduite et les retards administratifs subis au niveau de la mairie. Je n'ai donc jamais pu commencer, surtout que la banque ne m'avait pas donné son accord non plus ! J'ai tout laissé tomber en juillet 2014 mais je n'ai pas complètement abandonné l'idée de me lancer. J'ai réfléchi à ce que je pouvais faire et je me suis lancé dans l'auto-entreprenariat. J'ai finalement trouvé une salle par un contact interposé, avec qui j'avais suivi une formation pour les personnes ayant des problèmes de dos. Je l'ai contacté et nous avons conclu un contrat de sous-location puisque la personne, le kiné en question, n'avait pas besoin de la salle le mardi après-midi. C'était donc le parfait compromis pour moi !

 

Sandra SEYSSEL : Avez-vous déjà un recul par rapport à cette activité ?

Loïc FAIVRE : Je suis content parce que cela marche et que je m'y retrouve financièrement pour le moment. Mais c'est vrai que ce n'est pas simple : il faut faire ses déclarations chaque mois, régler ses cotisations sociales à temps, etc. Ce sont beaucoup de papiers mais l'avantage, c'est que je vois et j'apprends beaucoup de choses ! 

 

Sandra SEYSSEL : Justement, comment arrivez-vous à jongler entre toutes ces activités ?

Loïc FAIVRE : J'ai un emploi du temps qui est assez cadré car je n'ai pas beaucoup de marge de manœuvre entre chaque activité ! Surtout en début de semaine, j'ai tout qui s'enchaine à la suite ... J'essaie aussi d'être le plus rentable possible car j'ai des déplacements à intégrer également ! Cela demande un peu d'énergie et un peu de courage, mais cela permet de faire ce qu'on veut quasiment ! C'est vrai que c'est un emploi du temps à tenir mais je suis amené à rencontrer des populations très différentes, à l'occasion de mes différentes activités et à monter de nombreux projets et c'est ce qui me plait !

 

Sandra SEYSSEL : Ceci nous permet d'arriver sur le projet Vogalonga, qui va vous mobiliser encore plus prochainement !

Loïc FAIVRE : (rires) ...

Françoise GOUJON : Ah ça, c'est sûr ! ...

 
LF équipe Vilalonga

Le projet Vogalonga ...

Sandra SEYSSEL : Racontez-nous comment le projet est né !

Loïc FAIVRE : Le postulat de départ a été le suivant : les personnes en cours de soins avaient accès à de l'activité physique mais nous n'avions rien à proposer aux personnes se trouvant en post-soins ou à celles reprenant une activité professionnelle. Du coup, surfant sur la vague de ce qui se faisait déjà dans d'autres villes en France - les Pink Ladies existaient déjà à Reims, Strasbourg, Lille, Annecy et, plus proche de nous, à Nantes ou encore à Saint-Nazaire - et désireux de combler ce retard, nous sommes allés voir le Club de Canoë-Kayak d'Angers (CKCA), au lac de Maine, pour lui proposer le projet de la Vogalonga. Le club avait tout : le matériel, les équipes d'encadrants, les bateaux,..., et l'envie surtout !   

Françoise GOUJON : Ce projet correspondait aussi à leur projet de club, autour de la place qu'il souhaitait donner au « sport-santé » ...

Loïc FAIVRE : Exactement,..., du coup, en 3 mois, le partenariat était conclu ! Au premier coup de téléphone, nous avons compris que nous étions sur la même longueur d'onde, que cela ne représentait pas grand-chose financièrement pour eux puisque tout était déjà sur place. Finalement, pas beaucoup d'embûches sur ce projet ! Les Pink Ladies ont donc commencé à ramer en avril 2014 !

Françoise GOUJON : Oui, oui,.., j'étais là au tout début du projet (rires) ! Je me rappelle très bien de Loïc, qui m'en avait parlé alors que nous étions en train de marcher : « Ce qui serait bien (avait-il dit), ce serait de financer un projet de canoë-kayak qui pourrait peut-être aller jusqu'à participer à la Vogalonga ! ». Alors moi, cela s'est connecté direct dans ma tête (rires) car je connaissais la Vogalonga, j'avais déjà vu des reportages dessus à la télévision. A cette époque, j'avais été complètement submergée d'émotion par ce que ces femmes faisaient ! ... alors même que je n'étais pas malade à cette époque. Ensuite, pendant ma maladie, je n'ai pourtant pas trop pensé à ce type de projet car il n'y avait rien de concret qui se mettait en place à l'époque à Angers ... Alors quand Loïc a commencé à en parler alors que je suivais l'activité de marche nordique, j'ai tout de suite dit que je voulais être la première inscrite (rires) !

Loïc FAIVRE : J'ai proposé cela en pensant que cela pouvait rassembler pas mal de personnes mais après, tout le monde n'aime pas l'eau non plus ! ... Mais c'était un début ! ... Parce qu'il arrive aussi parfois de tomber à l'eau (rires) !

Françoise GOUJON : Ah oui, il faut aimer l'eau, parce que sinon ! ... Mais on a eu la chance de débuter l'activité kayak en faisant des baptêmes où beaucoup de monde était présent d'ailleurs!  

Loïc FAIVRE : Vous étiez combien de personnes quand vous avez commencé ?

Françoise GOUJON : Un groupe de 12 ou 13, quelque chose comme cela ... avec des personnes qui ont arrêté entre temps ou qui nous ont quitté, tout simplement ... Car il y aussi des personnes qui sont encore malades, qui sont encore en soins avec des traitements lourds et continuels ...

Loïc FAIVRE : Il faut bien se rendre compte que les traitements, cela peut encore durer jusqu'à 5 ou 10 ans après ! Même si l'on ne parle plus de chimiothérapie, cela reste lourd !

Françoise GOUJON : De mon côté, je pratiquais des activités physiques avant ma maladie, ce qui est une chance !

Loïc FAIVRE : A côté de vous, d'autres personnes ne pratiquaient aucune activité avant et là, c'est le jour et la nuit ! Elles pratiquent encore plus que les autres quasiment ! Je crois que c'est aussi cela, l'intérêt de mon métier : donner goût à l'activité physique et non pas seulement mettre en place des activités de marche nordique et de renforcement musculaire ! C'est donner aux personnes l'envie de continuer dans la pratique, sinon, cela ne sert à rien ce que je fais !!! Faire faire de l'activité physique pour 6 mois et arrêter ensuite ...

Françoise GOUJON : C'est vrai que j'ai le souvenir, quand j'étais en chimio, d'être très fatiguée ... la seule chose qui me tombait dessus, c'était l'épuisement et ce qui est sûr, c'est que je ne voulais pas pratiquer une activité physique du tout !!! Alors que j'en faisais beaucoup avant ... de la gym, de l'aquagym depuis toujours, à haute dose ! ... et un peu de marche, 2 fois par mois et 10 km à chaque fois quand même ... Mais quand je suis tombée malade, j'étais tellement épuisée que je ne voulais plus entendre parler de rien du tout au niveau de l'activité physique ! Mais j'avais un médecin, un homéopathe, qui me disait : « ah, ça serait quand même bien si vous pouviez marcher,..., ne serait-ce qu'une demi-heure par jour ... ». Mais je m'y refusais : je ne pouvais pas ! Par contre, dès que la chimio a été terminée, j'ai recommencé à marcher avec Loïc à la fin du printemps 2013 et j'ai repris mes activités d'auparavant : gym, marche nordique et canoë-kayak du coup ! Une dernière activité que j'ai rejointe avec un grand enthousiasme !

 

Sandra SEYSSEL : C'est tout de même une activité plutôt physique !

Loïc FAIVRE : Oui, même s'il faut souligner qu'elles pratiquent sur une embarcation à plusieurs, c'est du C9, avec 8 à 10 personnes qui rament, complétées par un barreur. Le but du jeu étant que chacune puisse pagayer du côté où elle le souhaite : soit du côté « opération », pour participer à la reconstruction et reprendre du muscle, soit du côté opposé si cela reste encore un peu douloureux.

Françoise GOUJON : Oui, on fait un choix, tout en ayant la possibilité de pouvoir changer éventuellement ! De mon côté, je ne peux pas ramer des deux côtés car j'ai de l'arthrose dans la main gauche et je ne peux pas tirer sur la pagaie avec, donc ma main reste posée sur la pagaie pendant que je rame avec la main droite.

 

Sandra SEYSSEL : Comment le groupe a-t-il évolué depuis les premiers coups de pagaie ?

Françoise GOUJON : Nous sommes actuellement 11 fidèles, 11 mordues qui partent à la Vogalonga ! Mais d'autres personnes vont en revanche prochainement intégrer le groupe pour venir s'entraîner avec nous !

Loïc FAIVRE : Ce qui serait bien, c'est que le groupe tourne autour de 15 à 20 personnes pour assurer un roulement pendant les entrainements. Mais votre groupe a déjà ramé tout l'hiver par contre, ce qui n'était pas évident !  

Françoise GOUJON : Ah oui, quand il pleut et qu'il y a du vent ! ...

Loïc FAIVRE : Mine de rien, vous avez passé votre premier vrai hiver et vous avez ramé toute l'année ! Ce qui est pour moi une vraie réussite parce que ce n'est vraiment pas évident !

Françoise GOUJON : Oui, oui, mais on est un groupe qui s'est trouvé très soudé quand on a commencé à travailler sur ce projet de la Vogalonga, un projet qu'il a tout d'abord fallu monter avant de devoir aussi budgétiser le voyage ... ce qui s'est révélé une chose assez lourde à faire en fait ! ... parce que nous ne savions pas où nous allions ! Nous avions aussi la pression, quelque part, et le président du CKCA nous disait : « Mais les filles, si vous n'avez pas le budget (« 30 000 euros quand même »), comment vous allez faire ? ». Nous lui répondions qu'il n'était même pas question que nous n'ayons pas le budget, que nous n'y pensions même pas ! Ce n'était même pas une chose à nous dire ! D'ailleurs, nous l'avons bouclé largement, notre budget ! On a bossé à fond aussi ! J'ai beaucoup donné de mon temps mais on s'accompagne les unes les autres pour faire des démarches, pour aller dans les entreprises. Celles qui ont repris le travail prennent du temps le soir ... Nous faisons aussi des échanges avec d'autres clubs parce que nous avons du mal à maîtriser certaines informations telles que la logistique sur place notamment. Il fallait construire le voyage : nous sommes accompagnées par 5 garçons, qui partent en minibus avec une remorque et 2 bateaux derrière,..., mais toutes les filles, nous partons en avion ! Il fallait donc projeter tout cela ! Nous sommes encore un peu mal à l'aise avec la question du stationnement, très compliqué à Venise, avec La Biennale en plus cette année (événement qui a lieu tous les 2 ans). Surtout que la Vogalonga, c'est 1 800 embarcations et 8 000 participantes, en plus de tous les touristes qui sont très nombreux à cette période-là. Je me suis donc rendue à Venise en janvier avec une amie pour prospecter un peu et repérer les lieux pour ne pas perdre de temps une fois sur place, même si nous sommes passées par une agence pour l'hôtel.

Loïc FAIVRE : C'est quand même un projet qui était énorme et elles ont tout mené de bout en bout ! J'ai été à l'initiative de l'activité mais par contre après, ce sont à 100% les Pink Ladies qui ont créé leur projet. Je n'ai rien fait de particulier !

Françoise GOUJON : Oh si, quand même ! Faut pas exagérer Loïc ! ... L'intérêt continuel que vous avez porté sur le projet, vous êtes toujours présent avec nous pour échanger ! ...

Loïc FAIVRE : Oui, oui, bien sûr, mais le projet, c'est quand même vous qui l'avez mené de bout en bout !

Françoise GOUJON : Ah oui, mais c'était notre boulot ça ! ...

 

« 32 km à faire, dans la lagune de Venise »

 

Sandra SEYSSEL : Parlez-nous un peu de l'aspect sportif de la Vogalonga !

Françoise GOUJON : Et bien, c'est quand même 32 km à effectuer dans la lagune de Venise ! Nous nous entrainons donc tous les samedis matin,..., même si, personnellement, je trouve qu'on ne s'entraine pas assez ! Mais il est vrai que ce n'est pas évident de rajouter des plages d'entrainement puisque la plupart des personnes travaillent ... ce qui est aussi bon signe, c'est qu'elles vont mieux ! Heureusement, la Vogalonga reste une randonnée et nous aurons la possibilité de nous arrêter dans les îles pour nous reposer si besoin. Le départ a lieu à 9h00 et après, on arrive quand on arrive,..., pas à la nuit j'espère !

Loïc FAIVRE : Non, en milieu d'après-midi quand même ! ... Mais on fera des séances supplémentaires avant Venise quand même !

Françoise GOUJON : Heureusement, nous aurons aussi un kiné, pour nous remettre en état quand nous aurons fini ... surtout au niveau des bras ! ...   

Loïc FAIVRE : Oui, car le risque majeur, c'est celui de lymphoedème : quand on a eu une opération au niveau du sein, cela touche les ganglions et cela peut entrainer des problèmes de circulation au niveau de la lymphe. Avec 30 km d'effort physique, certaines personnes pourront avoir besoin d'un drainage lymphatique à l'arrivée, ce qui nécessitait donc la présence d'un kiné pour faciliter la récupération après la course.

Françoise GOUJON : Nous sommes donc bien entourées ! ... Et nous aurons aussi un photographe professionnel pour immortaliser tout cela ! ... Comme nous avons réussi à obtenu un budget plus important que prévu, nous avons décidé de réaliser une exposition  photos sur notre participation à la Vogalonga. Nous avons d'ailleurs déjà réservé la salle : l'exposition aura lieu aux Trois Mats, aux Justices, durant la première quinzaine de juillet. Nous avons également dans l'idée de créer un livre pour relater notre vécu dans cette aventure ! Un projet qui a été un vrai défi pour nous et qui a mobilisé beaucoup de notre temps ! C'est pour cela que nous ne nous engagerons pas sur la Vogalonga l'an prochain,..., d'ailleurs, les autres groupes de Pink Ladies ne le font pas tous les ans ! Nous reviendrons alors vers vous dans 2 ans, par l'intermédiaire de Loïc, pour nous aider dans la mise en œuvre de notre seconde participation ! ... 

 

Sandra SEYSSEL : Cela pourrait en effet être très constructif de faire appel à des étudiants en management pour toute la partie organisationnelle du projet !

Françoise GOUJON : Tout à fait ! Comme je vous le disais, je suis passée par une agence car je ne me voyais pas gérer le voyage, les hôtels, enfin tout quoi ! Mais dans 2 ans, nous aurons déjà bien balisé le terrain et pourquoi ne pas faire appel à des étudiants effectivement ! ... Mais j'ai tout de même eu beaucoup de plaisir à rechercher toutes les informations, je n'étais pas très douée pour Internet mais cela m'a fait progresser ! Nous avons aussi eu la chance de pouvoir compter sur des personnes très actives en matière de communication (Blog, Facebook, articles de presse, etc.), ce qui a contribué à rassembler les fonds plus facilement ! Car les entreprises étaient un peu frileuses au départ ! ...

Loïc FAIVRE : Puis l'argent est arrivé et vous avez alors  pu réaliser toutes vos tenues ! 

Françoise GOUJON : Oui, c'est bien d'en parler car le Comité Féminin 49, qui s'occupe d'Octobre Rose (pour le dépistage du cancer du sein), a été très réactif et a tout de suite adhéré à notre projet, lequel correspondait exactement aux initiatives qu'il souhaitait soutenir. Le Comité nous a ainsi payé tout l'équipement : les pagaies réglables en carbone et adaptée à chacune, une veste et des tee-shirts avec un logo créé spécifiquement, un k-way, une casquette et un gilet de sauvetage. Et le Comité nous a également largement soutenues financièrement, ce qui a permis de vraiment lancer le projet ! On ne peut que le remercier, surtout que le suivi est très important de la part du Comité à notre égard !  

 

 
LF Equipe Vogalonga 2015
 

 

Sandra SEYSSEL : Qu'en est-il des entreprises ?

Françoise GOUJON : Nous avons eu finalement quelques entreprises Angevines qui ont été au top aussi, vraiment ! Avec des partenariats qui ont aussi permis de créer du lien !

Loïc FAIVRE : En nombre de partenariats, cela commence à être conséquent quand même ! Avec l'IFEPSA notamment ! ... Vous devez bien en être à 40 au moins, toutes sommes confondues ! Beaucoup d'entreprises ont répondu favorablement ...

Françoise GOUJON : Oh oui ! Je ne serais d'ailleurs plus capable de dire à combien nous en sommes ! Même si nous avons aussi eu quelques déceptions,..., quand les personnes ne lisent même pas le projet, c'est vraiment rageant ! Mais c'est comme ça !

 

Sandra SEYSSEL : Cela reste de toute façon un projet qui a mobilisé de nombreux acteurs !

Loïc FAIVRE : Cela a aussi permis de mettre en avant les bienfaits de l'activité physique en cours de soins !

Françoise GOUJON : On n'arrête pas de dire à quel point c'est important pour les malades et, surtout, c'est visible sur nous en plus !

Loïc FAIVRE : C'est vrai ! Quand on voit Françoise qui sort de soins, il n'y a pas non plus des années, on ne peut pas imaginer les bénéfices que l'activité a eus sur elle ! Pour moi, c'est le meilleur message !

Françoise GOUJON : Oui, c'est vrai ! Et c'est ce qu'on veut aussi faire passer : l'idée que l'activité physique est une chose vraiment très importante, tout le temps ! Quand on est malade, on pourrait s'imaginer qu'il faut arrêter, eh bien non, pas du tout ! Il faut au contraire continuer, aller de l'avant !

 

Sandra SEYSSEL : On sent qu'une véritable relation, qui dépasse le cadre de la prise en charge, s'est nouée entre vous 2 !

Loïc FAIVRE : Oui, oui ! Nous n'avons plus du tout le même style de relation, c'est sûr ! De vous voir maintenant, avec tous ces projets en perspective, c'est vraiment très gratifiant pour moi en tout cas ! On a l'impression d'avoir bien réussi quelque chose ! Faire des projets lorsque l'on est atteint d'un cancer du sein, ce n'est pas forcément la première chose à laquelle on pense ! Pouvoir créer un projet, qui dure depuis maintenant quasiment un an, c'est génial ! Cela était difficile de se projeter au début mais maintenant, ça roule !

Françoise GOUJON : Je participe encore aux ateliers de Loïc d'ailleurs ! La possibilité de pouvoir se lancer dans un tel projet, lorsque l'on a été malade, c'est très important ! C'est passer à autre chose et se dire qu'on est encore dans la vie ! Que l'on n'est pas en marge ! Le regard que je déteste par-dessus tout, c'est vraiment le regard de complaisance ! C'est insupportable ça !

 

Sandra SEYSSEL : Se lancer dans un tel projet dépend aussi de l'initiative de certaines personnes et de l'élan qu'elles sont capables d'insuffler autour de cela !

Françoise GOUJON : Tout à fait, Loïc s'est impliqué dans ce projet mais il aurait aussi très bien pu ne pas le faire ...

Loïc FAIVRE : Oui, peut-être, mais je pense que cela fait partie de notre métier aussi ! Faire faire de l'activité physique sur 6 mois ou 1 an, cela ne sert à rien s'il n'y a rien derrière ! Si la personne ne continue pas autre chose, autant ne rien faire ! Surtout avec une pathologie comme celle du cancer en général, il ne faut vraiment pas arrêter ! Répéter aux gens, pendant les séances, de faire du sport et ne rien proposer quand ils sortent, cela n'a pas de sens ! J'y ai peut-être mis du mien mais pour moi, ce n'était pas possible de ne rien proposer après ! L'an prochain, ce sera l'escrime, ce sera autre chose l'année suivante mais je ne vais pas m'arrêter ensuite,..., c'est bien de proposer un maximum de choses ! Et puis il faut sortir du contexte de l'ICO, des traitements aussi !

Françoise GOUJON : Je suis d'accord, c'est bien d'ouvrir vers des projets autres !

Loïc FAIVRE : Dans mon cas, être titulaire d'un Master 2 et uniquement animer des séances de renforcement musculaire, cela me paraissait un peu dommage aussi ! Cela reviendrait à ne pas utiliser la diversité des compétences acquises pendant le cursus en tout cas ! Si on n'utilise pas ces 5 ans d'études, cela n'a pas forcément d'intérêt ... Le jour où je n'ai plus de projets, c'est qu'il n'y aura plus grand-chose à faire avec l'ICO ! ...

Françoise GOUJON : C'est vrai aussi que nous avons accroché tout de suite au projet ! C'est une osmose qui s'est faite !

Loïc FAIVRE : Je ne peux de toute façon pas convaincre tout le monde, mais vous avez plutôt bien réagi dès le départ ! Je pense qu'il y a plein de choses à faire dans tous les domaines !

Françoise GOUJON : C'est bien qu'on aie eu Loïc aussi, je le dis parce que c'est ce que ressentent toutes les filles du groupe ! C'est bien que ce soit lui qui soit là, il y aurait eu quelqu'un d'autre, on n'en serait peut-être pas arrivées là non plus ! Loïc, c'est un battant, un actif, avec des projets et qui veut aller de l'avant ! Cela n'a pu se faire que parce qu'à l'origine, il avait envie de lancer cette idée-là ... Autrement, j'aurais probablement arrêté de faire de l'activité physique avec l'ICO ! Je me serais débrouillée toute seule, lâchée dans la nature ! Alors que là, ne serait-ce qu'avec ce groupe de canoë-kayak qui va partir à Venise, on a pu créer un groupe homogène et très soudé. On sait qu'au-delà, cela continuera aussi et que l'on gardera du lien ! Il nous appartient aussi, nous les Pink Ladies, d'être assez percutantes auprès des nouvelles pour qu'elles prennent la relève et continuent le projet !    

 

Sandra SEYSSEL : Vous avez encore de beaux projets à développer, l'un et l'autre !

Françoise GOUJON : Oui ! Ce que j'entends, c'est que Loïc a encore plein de projets en tête et c'est formidable d'entendre ça ! On se dit, entre nous, que malgré la maladie, on a eu de « la chance » d'avoir été traitées à Papin et d'avoir eu Loïc à nos côtés ! Il faut le dire quand même ! Quelques années en arrière, ces activités n'existaient pas !

Loïc FAIVRE : Ce n'est pas la même prise en charge aujourd'hui aussi ! Et c'est loin d'être fini, question projets (rires) ! Il y aussi un travail de sensibilisation à faire auprès des personnes plus âgées pour qu'elles pratiquent une activité physique !  

Françoise GOUJON : Oh oui, oui ! Très peu de personnes, arrivées à un certain âge, pratiquent une activité physique et cela aurait été mon cas, je n'aurais même pas pu profiter de l'activité proposée par Loïc au niveau du canoë-kayak, tout simplement parce que je n'aurais pas pu suivre ! A l'heure actuelle, les personnes ne travaillent plus au-delà de 65 ans et elles pourraient très bien s'investir dans une activité physique telle que celle-là ! La communication est faite autour de cela mais elle reste aussi souvent sans suite dans les faits ! Les femmes n'osent pas ! Et c'est là que j'ai un rôle à jouer !

 

Sandra SEYSSEL : Nous allons donc suivre votre aventure à la Vogalonga avec un grand intérêt !

Françoise GOUJON : Surtout que nous aurons une « Go Pro » en plus, pour filmer (rires) !, avec tout le matériel adapté ! Ah oui, oui, attention, nous faisons les choses bien ! Et certaines donneront des nouvelles sur Facebook aussi ! ...

 

LF Signature partenariat Dragon Pink Ladies
 

Conseils aux futurs étudiants ...

Sandra SEYSSEL : Si vous aviez quelques conseils à transmettre, en guise de mot de la fin ?

Loïc FAIVRE : Il faut bouger, s'investir ! Trouver des stages qui sont vraiment intéressants et, surtout, où il y a des débouchés ! Avoir un réseau énorme aussi ! Mettre le pied très rapidement dans le monde professionnel, même pour quelques heures par semaine, cela fait connaître du monde et participe ainsi à la construction du réseau ! Moi, j'adore mon métier, j'adore ce que je fais,..., la personne qui se lève le matin et qui n'a pas envie de travailler, c'est qu'elle n'est pas au bon endroit, c'est tout !

Françoise GOUJON : Il ne faut pas rester inactif ! On est face à une génération de jeunes qui ont été habitués à être collés devant des ordinateurs, à ne rien faire devant ! ... Vous savez, il y a des personnes qui ne sont pas au bon endroit nulle part non plus ! C'est la réalité aussi ! ...

 

Sandra SEYSSEL : C'est sur ces précieux conseils que nous en terminons ! Encore un grand merci à vous 2 pour votre venue, j'ai pris beaucoup de plaisir à vous recevoir et à échanger avec vous ! On croise les doigts pour la Vogalonga !

Loïc FAIVRE : Bon courage pour la retranscription en tout cas ! Merci à vous !

Françoise GOUJON : Regardez bien les actualités nationales, vous verrez les équipes qui participent et notamment la nôtre, on l'espère ! A bientôt !