Principal adjoint

Alain FLOUR

Alain FLOUR, 43 ans

Principal adjoint au Collège Robespierre (Dunkerque)

Ancien étudiant de la promotion 1991/1992, ayant validé une Licence "Management du sport", une Licence "Education et Motricité" ainsi qu'une Maîtrise en « Management du sport » en 1995 à l'IFEPSA.

 

Interviewé par Sandra SEYSSEL

Pour cette dernière interview de l'année 2014 et à l'aube des vacances de Noël, je choisis de m'intéresser à un ancien de l'IFEPSA au parcours plutôt atypique !

En 1991, Alain FLOUR intègre l'IFEPSA pour devenir professeur d'EPS. En 1995, il obtient une Licence en « Management du sport » et une Licence en « Education et motricité » ... avant de sortir diplômé un an plus tard d'une Maîtrise en « Management du sport » ! Il obtient ensuite des diplômes spécifiques en handball et en plongée, enchaîne les missions de maître-auxiliaire en EPS pour aboutir au poste de principal adjoint, tout juste muté à Dunkerque dans un Collège en Education Prioritaire.

L'occasion était donc trop belle ! Nous voilà ainsi partis pour plusieurs échanges afin de mieux cerner son parcours universitaire et professionnel !

 

Sandra SEYSSEL : Bonjour ! Merci d'avoir répondu favorablement à ma demande, dans un contexte pourtant en pleine évolution pour vous !

Alain FLOUR : Merci à vous de m'avoir sollicité ! Cela m'a fait du bien de faire ce feedback de quelques années !

Sandra SEYSSEL : Je vous propose donc de balayer successivement les différents points que nous envisageons habituellement en interview...

Alain FLOUR : Allons-y ! ...

 

Parcours à l'IFEPSA ...

Sandra SEYSSEL : Racontez-nous tout d'abord comment s'est passée votre arrivée à l'IFEPSA ...

Alain FLOUR : Et bien, c'était une histoire d'amitié avant tout ! Nous étions en effet trois amis du même lycée Brestois, tous handballeurs de bon niveau et nous souhaitions alors intégrer des études STAPS pour poursuivre et vivre de notre passion pour le sport. Dès cette époque, plusieurs points faisaient la différence entre l'UFR STAPS de Rennes et l'IFEPSA à Angers : les conditions de travail proposées au sein de l'Institut, l'encadrement, le fait de pouvoir suivre les cours en petites promotions, l'existence d'installations « au top » (nous étions aux prémices d'Athlétis...), des objectifs clairement définis, etc. Nous avions également une ambition commune : celle de devenir professeur d'EPS (ce qui fut le cas pour chacun d'entre nous d'ailleurs !...). Fort de cette ambition, j'ai donc intégré la promo 1991 à l'IFEPSA ! ...

 

Sandra SEYSSEL : Quel a ensuite été votre parcours pendant ces « années IFEPSA » ?

Alain FLOUR : Mon parcours s'est en fait avéré particulier dès le départ puisque je me suis fait une double fracture tibia péroné en séance de judo en octobre 1991, soit un mois après la rentrée. Autant dire que cela débutait assez mal (rires) ! ... Après des mois de plâtres, de béquilles et quelques quatre-vingt séances de kiné plus tard, j'ai heureusement pu passer mes écrits en juin et mes épreuves sportives en septembre pour pouvoir obtenir ma première année ! Après l'obtention de mon DEUG, je me suis alors orienté vers la licence « Management du sport » qui venait d'ouvrir !,..., je me rappelle que nous étions deux avec Nicolas Boyer ! (également ancien étudiant de la promotion 1991, aujourd'hui Responsable des sports à la Communauté d'agglomération de Mantes-en-Yvelines, note de Sandra SEYSSEL). J'ai donc obtenu ma licence management du sport et celle d'éducation motricité en 1994.

 

Sandra SEYSSEL : Vous avez suivi les cours de ces deux spécialités de Licence la même année ?!

Alain FLOUR : Oui, c'était possible à l'époque car c'était l'année de création de la filière « Management du Sport », donc nous avions des modules supplémentaires sur l'économie du sport, les structures, les réseaux de partenaires, la gestion des ressources humaines, etc.

 

Sandra SEYSSEL : Pourquoi ce choix puisque votre objectif initial était de devenir professeur d'EPS ?

Alain FLOUR : Toujours le même objectif : celui d'être polyvalent,..., cette double compétence ne m'a pas servi pendant 15 ans mais elle m'est bien utile dans mon travail aujourd'hui ! C'est un capital qui ne se perd pas et que j'ai au contraire pu bonifier avec mes expériences dans le champ des structures associatives. Au départ et après avoir eu le concours d'ETAPS (Educateur Territorial des APS), j'étais très motivé pour travailler dans ce domaine mais les mairies de l'époque n'avaient pas toutes joué le jeu puisque les postes ouverts au concours ne l'étaient plus quelques mois plus tard.

 

Sandra SEYSSEL : Nous allons y revenir justement ... car après l'obtention de vos deux licences, vous optez finalement pour intégrer une maîtrise en « Management du sport » et pour passer le concours d'ETAPS ...

Alain FLOUR : En 1995, je décide en effet de poursuivre par une maitrise en « Management du sport » et un mémoire que je soutiens dans les locaux de l'IFEPSA, sous le regard de M. Francis GRANDIERE (précédent directeur de l'IFEPSA, note de Sandra SEYSSEL) en juin 1995. Mon mémoire portait en particulier sur l'influence de la politique dans le mouvement olympique. Ce thème sur l'olympisme était un thème très sensible en 1995 : avoir donné les Jeux à Coca Cola à Atlanta en 1996, cela m'avait fait réfléchir aux liens pouvant exister entre la géopolitique de l'époque et la désignation des villes hôtes des Jeux Olympiques dans l'histoire. La thématique des Jeux Olympiques, en tant qu'outils des politiques, reste toujours un sujet brûlant de nos jours,..., le sport est devenu un levier pour exprimer les influences de la politique, de l'économie, etc.  La désignation des prochaines Coupes du monde FIFA en Russie en 2018 et au Qatar en 2022 doivent nous interpeller, nous les acteurs du sport, alors que l'Afrique noire ou le Maghreb attendent toujours un évènement mondial. C'est également en 1995 que j'obtiens le concours d'ETAPS catégorie B pour devenir éducateur sportif.

 

Sandra SEYSSEL : Des années soutenues dont vous gardez quel(s) souvenir(s) ?

Alain FLOUR : Ce qui m'a plu ? La notion de promotion, qui n'a malheureusement plus de sens aujourd'hui en STAPS, la qualité des intervenants - je me rappelle des cours d'anatomie, de biomécanique et de physiologie qui étaient passionnants, la possibilité aussi de pratiquer de nouvelles APSA avec des groupes d'élèves cohérents, la richesse des étudiants où chacun apportait au groupe ses qualités et ses défauts (on s'en souvient avec bonheur et un brin de nostalgie !). Nous étions encadrés, accompagnés et notre parcours était individualisé. Et c'est cela, la vraie différence à mes yeux ! L'ambiance était fantastique entre nous. Et le Sporting, un lieu trop souvent fréquenté par mes soins ! (les anciens verront de quoi je parle ! ...).

 

Sandra SEYSSEL : Quelles étaient vos aspirations professionnelles en sortant de l'IFEPSA ? En termes de métiers, de perspective de carrière j'entends ...

Alain FLOUR : A 23 ans, on a une vision à court terme de sa carrière : on veut d'abord des diplômes et se construire une autonomie. On ne pense pas à une ambition particulière si ce n'est celle de trouver un emploi ! ...

 

Parcours professionnel ...

Sandra SEYSSEL : J'imagine que cela n'a pas du être si facile en pratique de trouver cet emploi ... comme pour tout diplômé !

Alain FLOUR : En effet ! ... Après avoir cherché durant quelques mois un poste d'éducateur sportif de manière pérenne, je me suis assez rapidement retrouvé professeur d'EPS dans le public. Et ce dès la sortie de l'armée où j'avais eu l'opportunité de faire mes armes (!) en tant qu'officier des sports au radar de Bretagne à Brest. De 1996 à 2001, j'ai ainsi enchainé des missions de maître-auxiliaire en EPS dans le Finistère. En 2001, je réussis le CAPEPS. J'enseigne alors en tant que professeur d'EPS certifié en Normandie,..., puis après quatre années passées comme TZR sur plusieurs postes, je reviens sur Brest pour intégrer un poste de TZR durant cinq années encore avant d'obtenir un poste fixe en 2011 au collège de Lesneven (poche de Brest). De 2012 à 2014, j'occupe les fonctions de principal adjoint au collège La Tourelle à Quimper (500 élèves) puis celles de proviseur adjoint au lycée général de l'Iroise (800 élèves) à Brest. Cette année, je tente alors le concours des « personnels de direction » que j'obtiens. Ce qui implique une mutation avec un départ pour le Nord-Pas-de-Calais pour 3 ans au minimum et 9 ans au maximum (nous pouvons êtres mutés tous les trois ans et les mutations se font en fonction de vos compétences professionnelles et non plus en fonction d'un barème).

 

Sandra SEYSSEL : Mais je crois savoir que vous avez aussi obtenu d'autres diplômes en handball et en plongée durant cette période !

Alain FLOUR : Pendant mes années de maître-auxiliaire, j'en ai profité pour passer des diplômes d'entraineur en handball au niveau national. De 2006 à 2012, j'ai d'ailleurs l'occasion d'entraîner, au Lesneven le Folgoët Handball en nationale 1 féminine puis en  pré-nationale masculine aux Abers Handball. En 2004, j'obtiens également le diplôme de moniteur national de plongée.

 

 
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Sandra SEYSSEL : Vous aviez un objectif précis en passant ces diplômes ou était-ce uniquement une question de challenge ?

Alain FLOUR : Pour la plongée, passer le diplôme de moniteur national consistait pour moi à pouvoir encadrer et travailler dans mon domaine d'expression favorite mais aussi à assouvir ma passion pour la photo sous-marine. On ne vit pas de la plongée chez nous en Bretagne, on fait juste des saisons,..., j'ai donc pu m'occuper pendant des années d'un club de plongée au CSA Le Conquet et faire un job plutôt sympa. Cela m'a permis de voyager dans des pays où l'eau est turquoise et chaude. Pour le handball, l'obtention de ces diplômes rentrait plutôt dans une certaine forme de continuité : après des années en tant que joueur, j'avais envie de me retrouver de l'autre côté,..., j'ai donc passé des diplômes pour acquérir des compétences et être indemnisé en fonction de ces dernières. J'ai toujours été très pragmatique avec mes dirigeants,..., je travaillais dur pour les clubs et tout travail, même dans le monde associatif, mérite salaire à un certain niveau. Je le dis pour les jeunes étudiants pour qui l'encadrement est une mission,..., or, il faut savoir se vendre....

 

Sandra SEYSSEL : Pouvez-vous nous décrire en quelques mots votre expérience en tant que professeur d'EPS ?

Alain FLOUR : 17 ans en quelques mots (rires) ! ... Je dirais que les professeurs d'EPS sont des ovnis dans les salles des professeurs mais que notre présence est bénéfique à l'institution « Education Nationale ». Le professeur d'EPS est un enseignant de la motricité mais aussi de la citoyenneté : on acquière en EPS le savoir-vivre ensemble, le respect des règles communes, le respect de son corps ainsi qu'une certaine hygiène de vie. L'EPS permet de mieux connaître les enfants et de pouvoir déceler ainsi leurs difficultés, car le cognitif est intimement lié à la motricité. J'oserais dire « peu importe les notes ! », qui restent des commandes institutionnelles ... Les « profs de sport » que nous sommes doivent apporter aux collèges et aux lycées la connaissance des élèves dans un contexte différent. Ce n'est pas par hasard que les ESPE ont pris beaucoup de nos formations en STAPS pour construire les parcours des futurs enseignants.

 

Sandra SEYSSEL : Qu'est-ce qui vous reste de ces années « prof » ?

Alain FLOUR : La bienveillance envers mes élèves et aujourd'hui les professeurs, les agents ainsi que les collaborateurs que je suis amené à gérer. Il faut faire attention à ne pas trop intellectualiser l'EPS, la didactique se doit d'être au service de la pédagogie ! ...

 

Sandra SEYSSEL : Toujours est-il que votre pluri-compétence ne peut que vous servir dans la réalisation de vos missions au quotidien ! ...

Alain FLOUR : C'est en m'écoutant parler que je me rends compte de mon parcours de vie,..., tout cela me paraît naturel, c'est un parcours d'évidence ! Acquérir des compétences multiples dans des domaines différents vous permet obligatoirement de vous adapter à diverses situations. J'en profite en effet aujourd'hui puisque je dois tous les jours faire appel à de multiples situations complexes ! ...

 

Métier actuel ...

Sandra SEYSSEL : Qu'est-ce qui a motivé votre choix de passer de l'autre côté de la barrière en devenant chef d'établissement ?

Alain FLOUR : La crise de la quarantaine peut être (rires) ! ... Plus sérieusement, lorsque vous êtes professeur d'EPS, et beaucoup vont se retrouver dans ce schéma, vous vous investissez beaucoup avec vos élèves, les parents, les partenaires, les associations, les mairies,..., vous portez aussi des projets autour de nombreux sports (ski, activités physiques de pleine nature, voile, plongée....). Cela vous amène forcément à avoir des regards différents sur l'Education Nationale et à apporter une analyse de plus en plus fine de notre institution. Le rôle de coordonnateur disciplinaire, ainsi que la présence au sein des instances des établissements où j'ai enseigné m'ont permis de réfléchir à une évolution de carrière. A travers le fruit de multiples rencontres avec des inspecteurs et des chefs d'établissements, cette perspective d'évolution s'est ensuite transformée en véritable ambition ! Celle de passer du spécialiste disciplinaire que nous sommes en tant que professeurs d'EPS au généraliste de l'Education Nationale que peut être un chef d'établissement. J'ai adoré ce que je faisais en tant que professeur d'EPS mais l'évolution devient une évidence à un moment donné !

 

Sandra SEYSSEL : Mais vouloir n'est pas forcément pouvoir ! ...

Alain FLOUR : Effectivement ! La mutation s'opère par le passage d'un concours plutôt sélectif : 605 postes pour 4 300 candidats, soit 14 % d'admis ! Cela devient alors une véritable expérience de vie : oser repartir à 42 ans sur les chemins de l'ESEN à Poitiers, apprendre le droit, le cadre institutionnel, les ressources humaines, savoir gérer des budgets énormes et mener à bien des politiques d'EPLE ! ... Cela s'apprend et demande du temps. La moyenne d'âge des personnels de direction stagiaires en France est de 44 ans,..., je suis donc en plein dedans. Le métier de professeur d'EPS a certes constitué un atout mais mon cursus personnel de sportif, d'encadrant, d'entraineur et de moniteur de plongée m'ont aussi permis de me sentir à l'aise dans l'approche de ce métier. C'est la richesse du parcours qui permet cela, la bougeotte aussi peut-être ! La notion d'adaptabilité demeure quoiqu'il en soit la force majeure de mon parcours ! ...

 

Sandra SEYSSEL : Pouvez-vous nous situer votre nouveau cadre de travail ?

Alain FLOUR : Et bien, je suis donc sur un collège en réseau de réussite scolaire à Dunkerque dans un quartier en zone sensible. La pauvreté du territoire et la complexité de ce dernier font que le collège est une institution reconnue et primordiale pour cette jeunesse désœuvrée. Le collège comprend au total 500 élèves, 50 professeurs, 20 agents et 30 intervenants extérieurs. C'est l'avantage de l'éducation prioritaire, qui permet une richesse pédagogique que je n'ai jamais rencontrée ailleurs ! Ce collège comporte également trois sections sportives (handball, football et tennis de table) et bénéficie du « label Olympique ». Ce label fait partie d'un projet mené par le Conseil Général 59 qui, par un appel à projet en 2013, a proposé aux collèges d'écrire une liste d'actions dans un cadre ambitieux pour le collège et son environnement. Le collège Robespierre a choisi comme titre de son projet « Collège Robespierre, Collège Olympique », autrement dit le sport comme « lieu à l'éducation, la santé et à la citoyenneté ». Notre projet a été retenu et nous avons une enveloppe de 70 000 euros entre 2014 et 2017 pour mener à bien dix actions ayant pour thème transversal l'olympisme. Nous avons obtenu de fait le LABEL dit « Olympique ». Ce dispositif se nomme « PEGD 59 (Projet Educatif  Global du département du Nord) ». Parmi les quelques actions identifiées : action 1, tout commence et finit par un spectacle, où l'atelier « danse » du collège va proposer un spectacle sur le thème des Jeux Olympiques ; action 4, le handicap, notre médaille d'or à nous, autour d'une semaine basée sur le handicap avec l'intervention de divers champions olympiques Handisport dans le collège, etc.

 

Sandra SEYSSEL : Vaste projet qui ne peut qu'intéresser les élèves ! ... Un projet qui s'intègre de toute façon pleinement dans des actions plus traditionnelles telles que l'association sportive. En tant qu'ancien professeur d'EPS devenu chef d'établissement, quel regard portez-vous sur la place de l'association sportive dans un collège tel que le vôtre ?

Alain FLOUR : Primordiale, évidente, nécessaire et obligatoire ! L'UNSS est un levier de notre établissement qui comporte 150 licenciés (des vrais !!!!...), lesquels font vivre de multiples ateliers (danse, fitness, aérobie, tennis de table, relaxation, etc.). Je suis de cette génération de chef d'établissement qui mettra en place un vrai projet d'association sportive et qui donnera les moyens pour le faire fonctionner. Reste quand même, d'un point de vue juridique, à clarifier notre rôle de président d'une association de type « loi 1901 » au sein même de nos locaux ! ...

 
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Sandra SEYSSEL : De nouvelles contraintes qui s'imposent à vous de par vos nouvelles fonctions ... J'imagine que le rythme de travail change du tout au tout par rapport à un poste de professeur d'EPS !

Alain FLOUR : On travaille 60 heures par semaine au minimum ! C'est une évolution en effet ! En terme de salaire, vous pouvez commencer aux alentours de 2 850 euros par mois selon votre reclassement. Mais heureusement, cela grimpe vite pour atteindre 4 500 euros par mois en fin de carrière. Mais si vous faites ce choix pour l'argent, restez prof ! ...

 

Sandra SEYSSEL : Les missions d'un chef d'établissement au quotidien sont en effet loin d'être évidentes ! 

Alain FLOUR : Nous avons de nombreuses responsabilités, au rang desquelles le pilotage et l'administration de l'établissement, la mise en place des organisations (EDT, suivi, dispositifs de réussite scolaire, évaluation, examens...), la communication interne et externe, l'évaluation des personnels et plus généralement la gestion des ressources humaines, la création et le développement des réseaux.

 

Sandra SEYSSEL : Selon vous, quelles sont les qualités fondamentales requises ?

Alain FLOUR : Surtout, être performant dans le pilotage de son établissement et savoir prendre les/des (bonnes) décisions ! A titre d'exemple, la DGH ou Dotation Horaire Globale : une fois placées les heures d'enseignement obligatoires et les contraintes légales (dédoublement obligatoire, heures de chair, de laboratoire, etc.), nous avons l'autonomie pour mener à bien NOTRE politique d'établissement. Les sections sportives sont des choix, la classe bi-langue ANG/ALL dès la sixième également,..., mettre des moyens pour aider les élèves de sixième en difficulté l'est tout autant, tout comme ouvrir le collège durant les vacances, faire rentrer des partenaires pour nous aider à construire le parcours et assurer le lien social..... Voilà des exemples d'autonomie que peu de personnes connaissent. Le chef d'établissement, c'est ainsi le premier pédagogue. Tout le prouve, faut-il encore s'en rendre compte ! ...

 

Sandra SEYSSEL : Comme vous le disiez, cela s'apprend ! ...

Alain FLOUR : Oui ! On ne devient pas chef d'établissement par défaut ou par usure du métier de « prof »,..., on le devient par conviction, compétence et passion. C'est une évolution naturelle mais qui a des conséquences pour sa famille et il faut être solide sur ce point également. La première mutation, c'est la place au concours et un éloignement de sa région.

 

Sandra SEYSSEL : Qu'est-ce qui vous plaît le plus dans ce métier ?

Alain FLOUR : La richesse des personnes et la variété des situations ainsi que la réussite des élèves et le regard bienveillant des parents à notre encontre.

 

Sandra SEYSSEL : Vous parliez d'ambition,..., comment envisagez-vous la suite de votre carrière ?

Alain FLOUR : Une carrière de chef d'établissement public passe d'abord par la case d'adjoint, où l'on apprend à sécuriser les organisations, à mener une politique de projets, etc. De fait, devenir chef d'établissement peut s'envisager comme une suite logique et réaliste dans trois ou quatre ans. Ce n'est alors plus le même métier : le chef d'établissement est plus dans la recherche de financements, dans la gestion des travaux, dans l'évaluation des dispositifs, dans l'analyse des indicateurs et dans la communication. L'ambition n'est pas un gros mot : c'est une logique,..., je me vois assez bien en outre-mer ou dans un lycée, mais procédons par étape ! ...

 

Nous voilà arrivés au terme de l'interview, que nous achevons comme à l'accoutumée par quelques conseils donnés aux étudiants actuels de l'IFEPSA.

 

Conseils aux étudiants ...

Sandra SEYSSEL : Dans le contexte qu'est le nôtre aujourd'hui, quels conseils donneriez-vous à nos étudiants ?

Alain FLOUR : Le premier conseil, c'est d'oser et de s'ouvrir à de multiples horizons ! Les études STAPS permettent d'acquérir une base exceptionnelle en termes de compétences, de communication et de culture. Que ce soit dans le monde du sport, du handicap ou encore de l'évènementiel, on recherche des gens passionnés, qui mêlent des compétences professionnelles, une culture humaniste et une capacité à communiquer, à manager, à DECIDER et à donner une plus-value à la structure qui les accueille ! Le second conseil serait celui de maîtriser les outils numériques : la connaissance de ces outils numériques est le levier de transmission des savoirs de demain,..., il faut savoir les maîtriser, non pas pour avoir un avantage mais pour éviter de se créer un handicap (c'est ce que nous appelons « la fracture numérique ») ! On ne vit plus comme il y a 20 ans,..., qui peut garantir que nous ferons le même métier toute notre vie ? Personnellement j'ai osé et je ne regrette rien. Une nouvelle page s'ouvre devant moi, de nouvelles perspectives, de nouveaux horizons et d'autres missions. Le personnel de direction est en pleine mutation : nous sommes des managers de l'état, des cadres de l'institution et des institutions,..., et les passerelles avec les autres fonctions publique, territoriale et hospitalière s'offrent à notre parcours.

 

Sandra SEYSSEL : Quel serait votre mot de la fin ? ...

Alain FLOUR : A vous de jouer ! Rien n'est impossible ! La concurrence est rude et seul le travail, les diplômes, et j'insiste sur le pluriel !, vous permettront de réussir VOTRE parcours et de ne pas SUBIR votre vie mais de la CHOISIR ! L'IFEPSA restera gravé à jamais dans mon parcours, c'est le lieu où tout a commencé ! La maturité professionnelle arrive bien après les études et je n'ai jamais été autant épanoui qu'à 43 ans, avec le sentiment de repartir pour de nouvelles aventures ! Alors si je l'ai fait, à vous de jouer ! Bonne continuité à tous et merci pour tout !

 

Sandra SEYSSEL : Merci pour tous ces conseils et toute cette énergie !

Alain FLOUR : Merci à vous ! J'ai pu voir de loin la transformation de l'IFEPSA et je crois que tous les étudiants sont fiers d'y être passés un jour ! ...

PS : une pensée pour Jérémy, un membre de notre promotion 1991 avec qui nous étions proches durant ces 4 années d'études (décédé beaucoup trop jeune).