Coordonnateur des sports

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Mathieu COURRILLAUD, 29 ans, Coordonnateur des sports au Service des sports de la Mairie de Verrières en Anjou (49)

Ancien étudiant du Master Sports et Territoires en 2009/2010


Mathieu COURRILLAUD moy

Mathieu COURRILLAUD, 29 ans

Coordonnateur des sports au sein du Service des sports de la Mairie de Verrières en Anjou (49)

Ancien étudiant de la promotion Master Sports et Territoires en 2009/2010 à l'IFEPSA

En ce début d'année universitaire, Sandra SEYSSEL a le plaisir de recevoir Mathieu COURRILLAUD : ancien étudiant du Master 1 SLT et Master 2 SSSATI (Sciences Sociales et Sport : Administration, Territoires, Intégration) à Nantes. Mathieu occupe depuis 2015 un poste de Coordonnateur des sports au sein du service des sports de la commune de Verrières en Anjou.

 

Le parcours universitaire

Commençons cette interview par votre arrivée à l'IFEPSA

Sandra SEYSSEL : Comment avez-vous connu l'Institut ?

« Les différentes personnes de mon entourage que j'ai pu côtoyer et qui avaient fréquenté l'établissement ont contribué à mon choix »

Mathieu COURRILLAUD : Étant originaire du sud d'Angers, je connaissais l'Institut de nom en fait : d'une part, parce que je côtoyais au sein de mon club de football des personnes un peu plus âgées que moi ayant fréquenté l'établissement et, d'autre part, parce que j'étais élève au Lycée Jean Bodin, un établissement très proche géographiquement de l'Institut.

 

Sandra SEYSSEL : Ce n'est pourtant pas à l'IFEPSA que vous vous êtes inscrit une fois le baccalauréat en poche ...

Mathieu COURRILLAUD : Je ne suis en effet pas passé directement par l'IFEPSA après le baccalauréat, ayant opté au départ pour un B.P.J.E.P.S. (à l'I.R.S.S. à Cholet). Je recherchais une filière plus courte qu'une licence générale puisque je me destinais davantage aux métiers de l'animation et de l'éducation sportive. Cela faisait déjà un an ou deux que j'encadrais bénévolement au sein de mon club de football et le choix du B.P.J.E.P.S. s'imposait alors. Le coût de la formation a joué aussi à l'époque. Je suis donc parti sur une première année à Cholet ... avant de finalement m'en détourner assez rapidement car cela ne correspondait pas à ce que je recherchais. J'ai vite compris que ce n'était pas ceux qui bossaient le plus qui étaient récompensés mais, au contraire, ceux qui avaient un niveau sportif assez important et qui étaient davantage mis en avant. C'est à ce moment-là que je me suis décidé à rejoindre l'IFEPSA, non pas par défaut mais pour rebondir sur le cursus STAPS. Il faut aussi préciser que l'année avant d'entrer à l'I.R.S.S., j'avais tout de même réalisé les tests d'admission proposés à l'IFEPSA pour me situer. Nous devions alors passer aussi bien des tests physiques (natation, athlétisme, etc.) que rédactionnels.

 

Sandra SEYSSEL : Cela correspond à la dernière année où les tests d'admission étaient encore obligatoires pour rejoindre la filière STAPS.

Mathieu COURRILLAUD : Oui, c'est ça ! ... Ayant choisi d'arrêter le B.P.J.E.P.S., j'ai alors décidé de m'inscrire à la deuxième session des tests d'admission proposée à l'IFEPSA. Contrairement à la première session, nous n'étions pas nombreux et les épreuves étaient allégées. Ayant réussi les tests, j'ai ainsi pu intégrer la première année de STAPS, toujours avec l'idée de travailler plus tard dans l'animation sportive même si j'avais déjà un petit intérêt pour les collectivités. Il est vrai que je me destinais plus à un public jeune mais je savais que je ne voulais pas devenir professeur d'E.P.S. Je savais par ailleurs que dans les collectivités, il y avait des structures qui permettaient d'encadrer les jeunes, avec des interventions dans des écoles, des actions de type « animation jeunesse » ... Je m'orientais donc à l'époque plus vers cette voie et j'ai rapidement ciblé mes stages vers les communes pour être au contact d'éducateurs sportifs, ce dont nous reparlons tout à l'heure je crois (sourire). De fil en aiguille, j'ai ainsi avancé dans le cursus : vers la filière « métier du sport » en deuxième année et le parcours « AEEAPS » en troisième année.

 

Sandra SEYSSEL : Une réorientation après le B.P.J.E.P.S., mais avec un projet professionnel ciblé dès le départ ...

Mathieu COURRILLAUD : Oui et le fait d'intégrer l'IFEPSA a très vite conforté cet intérêt fort pour l'animation et justifié mon souhait de rejoindre la L3 « AEEAPS » ensuite. À l'époque, je crois que nous étions le premier groupe à intégrer cette nouvelle filière. En fin de L2, j'avais sollicité Nicolas Hauw pour lui exposer mon projet, plus tourné vers l'animation et l'éducation sportive dans les collectivités, afin de pouvoir choisir la meilleure voie. Le volet à la fois « animation » et « entraînement » présent dans la filière « AEEAPS » m'a plu et je suis donc parti là-dessus ! En fin de licence, j'ai eu la chance d'effectuer un stage qui s'est révélé être un véritable déclic pour aller plus loin sur l'aspect « collectivité », en insistant davantage sur les questions de gestion, les projets sportifs, la politique sportive. C'est ainsi que j'ai décidé d'enchaîner ensuite sur le Master « S.S.S.A.T.I. (Sport et Territoire) » proposé à l'IFEPSA. Après une première année de Master réalisée sur Angers, j'ai poursuivi à Nantes pour le Master 2 pour des raisons pratiques, puisque j'habitais là-bas suite à mon stage effectué au Conseil Départemental de Loire-Atlantique à l'occasion du Master 1. La majorité des enseignements se déroulant aussi à Nantes à l'époque, tout s'est fait naturellement. Mais cela ne m'empêchait pas de côtoyer encore Hassen SLIMANI, responsable du Master SLT, qui suivait le travail que je devais effectuer pour le Conseil Départemental. En résumé, j'ai donc suivi mon cursus de 2007 à 2011 à l'IFEPSA, de la L1 au M1, puis le M2 à l'U.F.R. S.APS de Nantes. J'ai obtenu le Master « S.S.S.A.T.I. » en 2012 mais je dis toujours le Master « Sport et Territoire », c'est plus simple et cela reflète davantage la réalité du terrain.

 

 
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Sandra SEYSSEL : Je me rappelle qu'en M1, vous avez eu l'opportunité de présenter vos travaux de mémoire lors d'une communication au Colloque R.S.P.D.L. à La Roche-sur-Yon, non ?

Mathieu COURRILLAUD : Si, si, effectivement ! Hassen SLIMANI m'avait proposé de présenter mes travaux et je lui avais dit « Oui, pourquoi pas ?! ». C'était un peu impressionnant quand même (sourire) ... Ce travail de recherche était effectué dans un domaine que je connaissais plutôt bien, le football, ce qui m'a permis de m'investir beaucoup plus facilement. Je travaillais sur des thématiques qui me parlaient, même si cela pouvait constituer un piège avec le risque de ne pas toujours être objectif. Sur ce point, j'ai été bien encadré aussi ! ... C'est vrai que c'était sympa de pouvoir présenter cela et la recherche est vraiment un volet qui m'avait plu. En Master 2, j'ai été un peu déçu car au lieu de réaliser un mémoire plus en lien avec tout ce qui touche au football, j'ai dû partir sur les différentes compétences sportives des collectivités. La question était de savoir quel échelon, au niveau des collectivités, était susceptible d'intervenir le mieux en matière sportive (les communes, les départements, les intercommunalités ou les régions). De mon côté, j'avais plus l'idée de continuer sur l'univers du football amateur car, à l'époque, nous étions en plein développement du football féminin, le dossier était pris à bras le corps par la fédération et j'avais des pistes pour aller sur ce terrain. Mais après avis de mes responsables, j'ai dû partir sur un mémoire en lien avec les collectivités, d'autant que j'étais en stage dans l'une d'elles. Le travail que je réalisais en stage allait me servir pour alimenter mon mémoire et me permettre de gagner du temps. Au final, j'ai moins bien réussi le mémoire du Master 2 autour d'un thème davantage investigué que celui que j'avais abordé en Master 1, qui était un thème nouveau pour lequel il restait encore beaucoup de choses à creuser ...

 

Sandra SEYSSEL : Les travaux menés lors du Master vous ont toutefois permis de développer des connaissances et compétences spécifiques mais aussi de vous créer un véritable réseau professionnel ...

Mathieu COURRILLAUD : Oui, tout à fait, le mémoire de Master 2, notamment, m'a permis de développer tout un champ de connaissances sur les compétences des collectivités. J'ai également pu rencontrer pas mal de personnes intéressantes au sein du département de Loire-Atlantique pour la suite de mon parcours et j'ai d'ailleurs gardé plusieurs relations. C'est cette année-là que j'ai adhéré au réseau ANDIISS Pays de Loire puisque, parmi les membres du Conseil d'administration du réseau Pays de Loire, il y avait des gens du département que je côtoyais. Il est vrai que c'était intéressant d'élargir un peu mes relations ! Je suis toujours membre aujourd'hui de ce réseau et je participe à ce titre aux journées d'études proposées dans le cadre de mon activité professionnelle mais nous y reviendrons !

 

Sandra SEYSSEL : Vous qui avez côtoyé l'IFEPSA et l'Université de Nantes, quel regard portez-vous sur ces années STAPS ?

« Je trouve que l'on avait un vrai suivi ici, couplé avec un gros travail sur la méthodologie, la rigueur »

Mathieu COURRILLAUD : Au départ, il y avait un point non négligeable à prendre en compte : l'IFEPSA était à côté de chez moi, à 10 minutes pour être précis, ce qui a nécessairement pesé dans la balance. J'avais visité l'U.F.R. STAPS du Mans aussi, avant de m'inscrire en B.P.J.E.P.S. Mais nous avons finalement opté pour l'I.F.E.P.S.A. avec mes parents, après l'épisode B.P.J.E.P.S., car c'était à côté. L'Institut avait aussi une bonne réputation même si, à l'époque, il était davantage axé sur la valorisation du métier d'enseignant d'E.P.S. Les différentes personnes de mon entourage que j'ai pu côtoyer et qui avaient fréquenté l'établissement ont contribué à mon choix. Pour avoir été un an et demi à Nantes, c'est l'usine et encore, j'étais en Master 2 ! En première année, ce sont de grosses promotions alors que nous à l'époque, nous étions 130 ...Après, c'est vrai que cela se resserre en fonction des spécialités choisies pour arriver à des effectifs plus petits. Arrivé en Master 1, nous étions trois à l'IFEPSA et le reste des étudiants était inscrit à Nantes. Nous avions des cours communs de temps en temps mais nous étions clairement mieux lotis sur le suivi ! Nous pouvions faire des petites réunions de travail à quatre dans son bureau du responsable, c'était intéressant ! Je n'ai pas de vrai critère de comparaison avec Nantes comme je n'ai fait qu'un an là-bas mais nous avions aussi de bons échanges avec les intervenants. En première année et en deuxième année de Licence, nous ne pouvons pas être dans le même type d'échanges, c'est cela qui est appréciable après, en master et encore plus quand on est sur des petites promotions ! En tout état de cause, je trouve que l'on avait un vrai suivi ici, couplé avec un gros travail sur la méthodologie, la rigueur. C'est grâce à cela que nous avons tous réussi nos mémoires. Oui, je dirais que le vrai plus de l'IFEPSA est le suivi individualisé des étudiants, les cours en effectifs restreints en plus d'avoir un vrai cadre et un niveau d'exigence certain ! La rigueur, la méthodologie et le travail sont nécessaires car au bout d'un moment, ça bloque si on ne s'y met pas un petit peu. Bien travailler au lycée sans trop forcer et arriver sur les exigences du travail universitaire, il y a un gouffre ! On ne peut plus simplement restituer la connaissance ! Il y en a qui ont peut-être réussi sans trop de difficultés mais à un moment donné, il y en a aussi qui tombent car ils sont surpris.

 

Sandra SEYSSEL : Les stages réalisés à chaque niveau de formation témoignent aussi du réel investissement des étudiants dans l'affirmation de leur projet professionnel. Comment avez-vous procédé de votre côté ?

« Il ne faut pas effectuer un stage au hasard, même si c'est parfois difficile lorsque l'on a des refus »

Mathieu COURRILLAUD : Mon premier stage en Licence 1, je l'ai réalisé pendant une semaine à la Communauté de Communes de Thouars aux côtés d'un éducateur sportif territorial qui faisait de l'animation dans les écoles mais aussi des animations périscolaires et dans les écoles multisports le mercredi. J'étais alors sur des missions d'observation. La deuxième année, où nous avions deux semaines de stage, j'ai eu la possibilité de pouvoir effectuer deux stages différents : le premier, au sein de la Communauté de Commune de La Flèche auprès d'une équipe d'animateurs sportifs territoriaux qui intervenait essentiellement dans les écoles primaires du canton et, le second, au sein de la Commune de Mozé-sur-Louet dans le service « Animation, jeunesse et sport ». Ce second stage m'a permis par la suite de pouvoir travailler tous les étés auprès de la Commune à l'Espace jeunesse. En parallèle, j'intervenais en tant que bénévole dans mon club de football où j'ai pris petit à petit des responsabilités dans l'encadrement des équipes jeunes et des écoles de foot (une intervention bénévole que j'ai intégrée dans le stage associatif que nous devions réaliser chaque mercredi après-midi). J'ai d'ailleurs continué jusqu'en Master 2 même si ce n'était plus obligatoire et que ce n'était pas évident car j'habitais Nantes.

« Pour mon stage de Licence 3, j'ai voulu prendre de la hauteur et ne pas rester dans ma zone de confort au sein de mon club »

Surtout que je ne voulais pas être entraîneur dans un club par la suite. Travailler au sein du club correspondait pour moi à une réelle volonté de m'investir et à faire profiter tout le monde de mon cursus STAPS et de mes compétences d'encadrement ... tout en me permettant de rester avec un public jeune sur un versant « animation ». En troisième année, j'ai ainsi effectué mon stage d'un mois à la ville d'Angers et cela a été un vrai déclic ! Car j'ai pu travailler sur les questions de gestion, de politiques sportives ... mais à une échelle territoriale plus grande ! Cette année-là, nous avons été deux étudiants à être pris en stage et nous travaillions tous les deux sur le même sujet : l'identification d'un outil d'auto-évaluation pour les éducateurs sportifs territoriaux de la ville. Un stage très formateur puisque nous échangions avec l'actuel Directeur adjoint du service des sports, Monsieur Olivier Lucas et l'ancien Directeur du service des sports, Monsieur Yves Le Vilain, avec qui j'ai beaucoup appris. Cela a tout déclenché puisque lors de ma soutenance de stage, où j'avais été évalué par le Directeur du service des sports d'Ancenis et Hassen Slimani, ceux-ci m'ont incité à poursuivre dans cette voie ! C'est ainsi qu'en Master, je suis arrivé au Conseil départemental de Loire-Atlantique pour y effectuer mes stages de première et deuxième année grâce à l'appui d'Hassen, qui était en lien avec le Directeur du service des sports d'Ancenis pour mener un travail d'enquête sociologique auprès des clubs. Et je l'en remercie ! Cela a été une étape importante puisque j'ai noué des contacts professionnels avec des gens que je côtoie toujours aujourd'hui. Il ne faut donc pas effectuer un stage au hasard, même si c'est parfois difficile lorsque l'on a des refus. Je ne pense pas m'être trompé, cela m'a beaucoup appris.

 

Le parcours professionnel

Sandra SEYSSEL : Ces stages ont véritablement conditionné le déroulement de votre parcours professionnel ...

« Avant la fin du Master 2, je m'étais déjà mis en recherche d'emploi, avec l'idée d'intégrer plutôt un poste de "Chargé de projet" ou "Chargé de développement" au sein d'une petite collectivité »

Mathieu COURRILLAUD : En finissant le Master, j'avais appréhendé à peu près tous les types de structures au sein desquelles je pouvais être amené à travailler par la suite (communes, intercommunalités, la ville d'Angers et le département). Avec le travail de mémoire effectué en Master 2, où j'avais dû approfondir les différents échelons, les histoires de compétences et de politiques sportives, je disposais d'un bagage solide. Avant la fin du Master 2, je m'étais déjà mis en recherche d'emploi, avec l'idée d'intégrer plutôt un poste de "Chargé de projet" ou "Chargé de développement" au sein d'une petite collectivité pour y développer quelque chose de nouveau. J'ai mis près d'un an à trouver un poste quasiment.

 

Sandra SEYSSEL : Comment vous y êtes-vous pris dans votre recherche ?

Mathieu COURRILLAUD : Cela n'a pas été évident ! Il faut regarder les offres sur les portails spécialisés, il faut faire des démarches spontanées aussi, ce qui n'est pas simple et demande du temps. Le fait d'avoir eu un très bon stage en Master 2 m'a ouvert des portes pour faire des remplacements en tant qu'animateur sportif. Cela m'a permis de vivre un petit peu et de continuer à toucher ce milieu « sport territorial », même si c'était de l'animation et que je ne me destinais plus forcément à cela. C'était toujours intéressant pour moi et cela me permettait de garder un pied à l'étrier. Pendant cette année de recherche d'emploi, j'ai dû passer trois ou quatre entretiens dont un qui était vraiment un poste très intéressant, à Rochefort en Charente-Maritime. La communauté d'agglomération voulait prendre la compétence « sport » et cherchait quelqu'un sur deux ans pour faire un diagnostic « sport », ce qui collait dans la continuité de ce que j'avais fait. Arrivé dans les deux derniers candidats, c'est finalement une personne plus expérimentée qui a été recrutée.

 

Sandra SEYSSEL : Votre recherche d'emploi n'a pas été simple, comment avez-vous rebondi ?

Mathieu COURRILLAUD : Le problème, c'est que les postes qui collaient à mon profil étaient en fait des postes de direction dans les annonces ...c'est comme cela que je me suis retrouvé en Champagne Ardennes au bout d'un an de recherche. C'est en novembre 2013 que j'ai trouvé un poste à Saint-Dizier en Haute-Marne ... donc bien loin de ma région ! J'ai en effet vite compris, lors de mes recherches, que je ne pouvais pas me restreindre à la région des Pays de la Loire et ce d'autant plus que l'intervention des collectivités en matière sportive est régie par la clause de compétence générale. Elles n'ont donc pas d'obligation d'intervenir en la matière et tout dépend aussi de la taille du territoire, ce qui a un impact ensuite sur l'existence des postes à pourvoir ou non dans ce secteur. Saint-Dizier faisait partie des collectivités où cette compétence "sport" existait et elle recherchait une personne pour remplacer quelqu'un. Je me suis ainsi retrouvé là-bas pour un premier entretien, puis un deuxième où je me suis vite rendu compte que le poste proposé contenait un versant managérial important puisque Saint-Dizier est la sous-préfecture de département, soit 26 000 habitants, 70 clubs et une trentaine d'équipements sportifs à gérer. J'y étais allé pour me faire une idée ... et j'ai été retenu !

 

Sandra SEYSSEL : Que s'est-il passé dans votre tête à ce moment-là ?!

Mathieu COURRILLAUD : Il y a eu un moment de réflexion, car c'était quand même à l'autre bout de la France avec une vie personnelle à concilier. Mais j'ai décidé d'y aller, surtout que j'étais en recherche d'emploi depuis longtemps et je ne pouvais pas me permettre de refuser. J'avais toutefois bien en tête que cela n'allait pas être facile car j'arrivais tout de suite en haut en terme de responsabilité, avec 25 agents à animer, des budgets importants à gérer et une action très politique à mener. Nous étions en effet sur une équipe municipale avec une majorité, plusieurs minorités et des oppositions fortes. Cela a été une expérience d'un an et demi mais avec un bilan en demi-teinte.

 

Sandra SEYSSEL : Pour quelle(s) raison(s) ?

« Dès ma prise de poste, cela a vite été compliqué. Je me retrouvais à devoir manager 25 agents, à 25 ans »

Mathieu COURRILLAUD : En fait, à la fin du master, j'ai passé deux concours de la fonction publique de catégorie A : celui de Conseiller Technique des Activités Physiques et Sportives (C.T.A.P.S.), qui était en lien avec mon parcours STAPS et celui d'Attaché Territorial, correspondant à la filière administrative plus traditionnelle. Je n'ai pas eu le C.T.A.P.S., à la différence de mes deux autres collègues de promotion mais j'ai eu celui d'Attaché Territorial alors que je l'avais pris en seconde main. Et c'est sur la base de ce concours réussi que j'ai été recruté à Saint-Dizier ... sauf qu'au bout d'un an et demi, ils ont refusé ma titularisation. Un cas assez inédit en fait ... lié au déroulement de cette année et demie ... Dès ma prise de poste, cela a vite été compliqué. Je me retrouvais à devoir manager 25 agents, à 25 ans. J'étais le plus jeune agent tandis que certains avaient trente ans de boutique ... Même si personne ne m'a mis de bâtons dans les roues, je n'ai pas eu de transition avec mon prédécesseur et j'ai dû apprendre auprès des gens avec lesquels je travaillais, c'est-à-dire une petite équipe administrative de quatre personnes, ce n'était donc pas l'idéal. Ma mission consistait à redresser un service où je me suis vite aperçu que c'était la cohue. D'emblée, je suis plus parti sur un fonctionnement d'équipe avec ma casquette de responsable de service mais ce n'était pas forcément ce que l'on attendait de moi. Le refus de titularisation a constitué ma porte de sortie car si je démissionnais, je perdais le bénéfice de mon concours et cela aurait été très compliqué de le justifier ensuite. À la fin, j'y allais à reculons car cela ne correspondait pas du tout à ce que je voulais faire et il n'y avait pas de véritable relation avec l'adjoint au sport, qui décidait de tout ... J'ai fait ce que j'ai pu mais je pense que je n'avais pas la personnalité adéquate !

 

Sandra SEYSSEL : Vous en retenez certainement des éléments positifs tout de même ?

« J'ai énormément appris, à vitesse accélérée, sur tous les aspects »

Mathieu COURRILLAUD : Pour autant, ce premier poste s'est en effet révélé très riche. J'ai énormément appris, à vitesse accélérée, sur tous les aspects : les relations humaines, les relations avec les clubs, les clubs mécontents, la relation avec tous les politiques, les autres services, l'aspect managérial, etc. Cela a été très riche ... mais difficile. Découvrir une autre région, cela fait envie aussi quand on est jeune diplômé ! Même si depuis, je suis revenu suivre ma compagne à Nantes. Après cette première expérience, j'ai en effet trouvé rapidement le poste que j'occupe aujourd'hui sur la commune de Saint-Sylvain-d'Anjou (devenue Verrières en Anjou).

 
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Sandra SEYSSEL : Racontez-nous tout cela ...

Mathieu COURRILLAUD : En fait, je suis arrivé dans un service des sports qui se créait...Lorsque j'ai vu cette offre, je me suis tout de suite positionné car je connaissais un peu le secteur et c'était typiquement le type de poste que j'envisageais à la sortie de mes études. Un poste de coordonnateur des sports sur une commune. J'avais tout misé sur cette offre, il faut dire aussi qu'il n'y en avait pas beaucoup à ce moment-là. Mais j'avais peur aussi que l'on me dise que j'avais un niveau trop élevé, comme j'avais eu un poste beaucoup plus important avant. Je me demandais également comment évoquer le refus de titularisation ... Lors de l'entretien, j'ai simplement expliqué ce qui c'était passé et j'ai été pris. Au départ, c'était sur un CDD à mi-temps sur 3 mois de la rentrée scolaire jusqu'à fin décembre. Là, j'ai vraiment pu apporter la petite expérience acquise à Saint-Dizier pour mettre en place le service dans un contexte où un seul élu très impliqué chapeautait tout, sauf que la commune grossissait avec de nouveaux équipements sportifs à prévoir, beaucoup d'associations à gérer pour 1500 licenciés. La volonté de la commune était de structurer tout cela et d'avoir un relais sur le terrain. Grâce à ma force de proposition, je suis rapidement passé à temps plein et j'ai été recruté par voie statutaire sans concours, au tout premier échelon. Je suis maintenant titulaire de mon poste et là, je suis inscrit au concours de fin d'année.

 

Sandra SEYSSEL : En quoi consistent vos missions ?

« Mon travail consiste donc principalement à mettre en œuvre la politique sportive municipale autour de trois volets principaux »

Mathieu COURRILLAUD : Je suis vraiment sur les missions que je voulais, c'est-à-dire que je fais de l'administratif, du technique et de l'animation sur les temps périscolaires. Aujourd'hui, je suis vraiment le « référent sport » de la commune avec une vraie relation de travail avec l'élu et l'avantage d'être sur cette taille de commune (5000 habitants). La particularité étant que l'année dernière, nous avons fusionné avec la commune voisine de Pellouailles-les-Vignes pour donner la commune nouvelle de Verrières-en-Anjou qui comprend aujourd'hui 7 300 habitants, 18 associations sportives, 3000 licenciés sportifs, de très beaux équipements par rapport à la taille de la commune, qui est aussi en plein développement urbain. Lors de ma première année, j'avais pour objectif de mettre en place un bon cadre de fonctionnement pour le service des sports à Saint-Sylvain. Puis la fusion des deux communes est arrivée et nous travaillons actuellement sur la création d'un service des sports élargi à elles deux. Mon travail consiste donc principalement à mettre en œuvre la politique sportive municipale autour de trois volets principaux : le premier comprend la gestion du parc sportif municipal, c'est-à-dire les installations (nous avons aujourd'hui trois gros complexes sportifs à gérer en lien très fort avec les autres services municipaux, les utilisateurs des clubs et les scolaires) ; le second volet consiste en la coordination des évènements sportifs (nous avons des clubs très dynamiques qui sont à l'initiative de la majorité des évènements et auxquels nous apportons un très fort soutien et c'est aussi mon rôle de coordonner tout cela) ; le troisième volet, qui revêt un poids important, fait la part belle aux relations que je dois nouer avec les associations sportives (les associations ont dorénavant un interlocuteur "sport" pour toutes leurs demandes et les projets sur lesquels elles travaillent). J'ai vraiment ce rôle d'intermédiaire, d'interlocuteur et c'est ce dernier volet qui caractérise le plus mon poste actuel je pense. Je suis un relais pour les élus mais aussi pour les associations car je suis sur le terrain. Je représente la personne à laquelle ils peuvent identifier le service des sports et vers qui ils peuvent se tourner pour toute demande sur l'emploi sportif, les subventions, les projets sportifs. On me laisse beaucoup de champ libre, d'autonomie et là, j'ai vraiment trouvé ce qui me correspond ! J'ai vu ce qu'était le management dans mon précédent poste et je ne voulais plus faire cela. Peut-être dans 5 ou 10 ans, je me dirais « oui pourquoi pas, animer une petite équipe » ... mais pas sur une aussi grosse boutique. Là, je pense que c'est une taille de territoire qui me correspond bien, je peux avoir de la proximité avec mes responsables associatifs, les éducateurs mais aussi avec les élus.

« Je n'ai pas à faire à des politiciens mais à des bénévoles, des gens qui travaillent et/ou sont issus du milieu sportif et qui connaissent donc leur sujet. C'est plus intéressant ! »

 

Sandra SEYSSEL : Tout étant en structuration, rien n'est figé et le challenge est quotidien ...

« Il faut aussi garder en tête de toujours se renouveler »

Mathieu COURRILLAUD : Voilà !  Cela correspond à ce que je disais au tout début de l'entretien ! Dans ma recherche de poste, j'étais dans l'idéal plus dans l'idée d'accompagner la création de quelque chose que de reprendre et gérer quelque chose et de faire en sorte que cela tourne bien. Là, nous avons mis en place des procédures de fonctionnement, ce qui va faciliter le passage à la deuxième rentrée sportive. Nous sommes vraiment dans la structuration où il faut tout organiser pour que les deux communes ne fassent plus qu'une et où il s'agit d'harmoniser toutes les actions. Il faut aussi garder en tête de toujours se renouveler. La commune a un certain poids au niveau de l'agglomération d'Angers car elle connaît un développement fort depuis plusieurs années. Raison pour laquelle j'ai monté plusieurs dossiers de labellisation pour positionner la commune. Nous en avons obtenu un, le label « Ville active et sportive » et nous en avons un deuxième en cours pour la « Ville sportive des Pays de Loire ». Nous avons aussi des gros projets d'infrastructures sportives nouvelles ou de réhabilitation, que je pilote un peu. J'essaie vraiment d'apporter de la nouveauté dans les manifestations ainsi qu'un meilleur soutien aux associations. Il y a beaucoup de choses à développer avec le cap 2020 et les élections municipales. C'est aussi un aspect du métier ! Si l'équipe municipale se renouvelle en 2020 et que le sport n'est plus la priorité parce que cela n'a pas suffisamment avancé, tout peut être remis en cause ! Toujours en raison de cette clause de compétence générale ...

 
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Sandra SEYSSEL : L'avantage est que vous gardez toujours la vision du terrain, ce qui compte lors du renouvellement des équipes municipales ...

Mathieu COURRILLAUD : Oui, c'est vrai ! J'ai cette proximité associative puisque je viens de ce milieu aussi ! Jusqu'à cette année encore, je pratiquais régulièrement. Le fait d'avoir vu différentes tailles de communes me permet aussi d'apporter des choses. C'est vrai que je me revendique plus comme quelqu'un qui vient du terrain, en ayant fait du bénévolat associatif, de l'encadrement de jeunes. Si mon travail est davantage administratif pour le moment avec tout ce qu'il y a à mettre en place (coordination entre les associations, les élus, les autres services de la commune, les services logistiques, les services techniques, les services espaces verts, le mouvement sportif fédéral), j'espère faire évoluer le poste avec un petit volet d'animation sur les temps périscolaires. Pour le moment, il y a une volonté municipale de laisser l'animation aux associations, les stages vacances aux clubs et nous ne proposons pas d'activités propres, juste les temps périscolaires. Les interventions dans les écoles sont des choses qui peuvent m'intéresser aussi. Parfois, nous organisons aussi des manifestations institutionnelles. Dernièrement, nous avons accueilli les finales départementales de tennis de table où nous étions en lien avec le comité départemental, les autres collectivités, etc. C'est hyper intéressant !

 

Sandra SEYSSEL : Vous avez donc trouvé votre idéal de poste !

« Je me suis créé ma chance et ensuite, j'ai tout de suite développé plein de projets »

Mathieu COURRILLAUD : Pour moi oui ! Je suis bien tombé au moment où il y a eu cette opportunité ! Si j'avais été titulaire sur mon ancien poste, je ne pense pas que j'aurais pu atterrir ici car un autre poste « catégorie A » n'aurait pas été ouvert directement. C'est pour cela que le poste a débuté en CDD de trois mois car la commune ne savait pas où elle allait. Je me suis créé ma chance et ensuite, j'ai tout de suite développé plein de projets. Ceci m'a permis d'obtenir la confiance des élus, qui ont vu rapidement la nécessité de pérenniser le poste et ce d'autant plus avec le projet de commune nouvelle.

 

Sandra SEYSSEL : Tous les acteurs sont en lien et il est primordial de bien connaître ce qu'on appelle la « pyramide sportive » ! Ce n'est pas toujours évident pour les étudiants d'en prendre conscience !

Mathieu COURRILLAUD : C'est vrai ! Quand on arrive en début de cursus, ce n'est pas évident ! Je me souviens que jusqu'en master, nous avions des cours sur les collectivités !Par contre, je me rappelle qu'en troisième année, nous devions organiser des conférences avec des professionnels et j'avais proposé de faire venir Olivier Lucas (cf. plus haut). Personne ne le connaissait quand il était venu présenter le sport dans les collectivités en prenant pour exemple la ville d'Angers. Pour tout le monde, c'était vraiment du chinois ! Je me souviens que nous avions organisé un débriefing avec Aymeric GIGON et la promo et personne n'avait rien compris de l'intervention ! Il n'y avait pas non plus beaucoup de monde intéressé car tout le monde voulait être entraîneur, préparateur physique, etc. Les collectivités, c'est complexe ! Il y a des réformes, des fusions de communes, des histoires de compétences. Ce n'est pas évident et on n'en entend pas forcément parler. Après mon orientation pour le baccalauréat, j'ai dit que je voulais être professeur de sport auprès des enfants mais pas en établissement. C'est là que l'on m'a appris que dans les communes, il existait des intervenants sportifs qui travaillaient auprès des jeunes et c'est comme cela que je me suis intéressé aux collectivités en fait ...

 

Sandra SEYSSEL : Rien que le terme "collectivités" peut faire peur aux étudiants aussi ...

Mathieu COURRILLAUD : Pendant les stages, on comprend qu'il y a les concours, ..., puis en avançant dans le cursus, je m'y suis beaucoup intéressé. Cette conférence m'avait marqué aussi, alors après, est-ce que c'est le manque d'intérêt des étudiants ? Je me rappelle que nous abordions en L1 l'organisation du sport en France mais c'est vrai que c'est très vaste, le mouvement olympique, le mouvement fédéral, etc. Après c'est compliqué car dès la première année, orienter le cours vers le sport dans les collectivités alors qu'il y a à peine 10% de la promotion qui se dirige dans cette voie ...

 

« Je suis intéressé par la vie associative, par le fait d'encadrer les jeunes, personne ne m'a forcé, je l'ai fait car j'ai voulu aider »

 

Sandra SEYSSEL : C'est très technique aussi, c'est du droit donc ce n'est pas évident non plus ...

Mathieu COURRILLAUD : Oui, mais c'est ce que j'avais bien aimé à Saint-Dizier aussi ... les aspects juridiques, les contrats, les conventions ... On apprend tout sur le terrain : l'organisation de manifestations, les courses motorisées, les courses à classements, etc. Même si nous avions aussi eu un cours sur la gestion des équipements, c'est vrai que nous sommes obligés de compléter en stage (d'où l'intérêt de bien choisir ses stages, surtout en master). Ce qui était intéressant sur le master aussi, c'est que nos intervenants étaient de vrais techniciens (responsable des sports du conseil départemental, chargé de mission d'une fédération, etc.) qui partageaient avec nous leur expérience de terrain ! Les interventions extérieures constituent vraiment un plus, cela permet aussi d'échanger sur les métiers. Moi qui suis passé sur les bancs du STAPS, je me rends compte que c'est moi le professionnel aujourd'hui ! Je suis passionné parce que je fais. On entend souvent les sportifs dire qu'ils vivent de leur passion, j'essaie aussi de m'approprier la phrase ! À Saint-Dizier, la personne qui était à ma place avant n'était pas du tout une passionnée de sport, c'était une administrative pur et dur en mode concours et cela se voyait dans la gestion au quotidien ... C'est vrai que je suis un passionné de sport, j'ai pratiqué en milieu associatif, j'ai été bénévole, dirigeant associatif avec un petit parcours en collectivités, donc quelque part, je vis aussi de ma passion. Je suis intéressé par la vie associative, par le fait d'encadrer les jeunes, personne ne m'a forcé, je l'ai fait car j'ai voulu aider. J'apprécie cela aussi, de pouvoir contribuer à quelque chose par une mise en relation, d'aider le club qui veut créer un emploi, c'est vraiment intéressant. Le poste est central et autour j'ai une multitude d'acteurs, des fournisseurs d'équipements et de matériels sportifs, le comité olympique. J'ai aussi réalisé des actions avec le comité handisport, où j'ai retrouvé des étudiants de l'IFEPSA. On apprend sur le tas et c'est vrai que l'expérience acquise lors des stages peut aider, j'avais beaucoup appris sur les aspects juridiques, de fonctionnement, sur les compétences entre les collectivités. J'ai aussi eu la chance d'avoir des personnes en stage qui ont pu m'accompagner.

 
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Sandra SEYSSEL : Ce qui n'est pas toujours le cas ...

Mathieu COURRILLAUD : C'est vrai ! Je me souviens de camarades de promotion qui, une fois arrivés en stage, se voyaient attribuer des tâches à faire sans vraiment de lien. D'autres ont eu plus de chance : mon copain Loïc était en stage à la Communauté de Commune d'Ancenis, avec une création de poste à la clé où il a été pris. J'avais de mon côté essayé au département mais il y avait une restructuration interne donc ce n'était pas le bon moment. Adhérer à des réseaux professionnels, multiplier les échanges de connaissances, c'est très important ! Par exemple, nous avons un projet de construction d'un terrain de tennis et nous avons décidé de solliciter les collectivités qui ont des terrains de tennis pour parler avec elles de leur retour d'expérience sur des questions de maîtrise d'œuvre, de modes de gestion, etc. Nous nous retrouvons ensuite sur les journées du réseau et participer au réseau professionnel de son métier, c'est toujours intéressant. Je côtoie régulièrement des professionnels avec lesquels je peux échanger sur certaines thématiques. La dernière que j'ai faite, c'était sur la gestion des équipements, où chacun exposait ses problématiques sur la sécurité, les contrôles d'accès, les économies d'énergie, la gestion des terrains sportifs. Étant dans la fonction publique territoriale, nous disposons également de tout un catalogue de formations et j'essaie d'en faire pas mal. Par exemple, nous avons des projets de construction d'une salle de sport, de terrains de tennis et de réhabilitation d'équipements, je me suis donc inscrit sur une formation sur comment préparer ce type d'opération, comment passer des conventions avec une association ... Le réseau permet aussi d'échanger sur les opportunités de postes au sein des collectivités ...

 

Sandra SEYSSEL : Justement, comment envisagez-vous l'avenir ?

« Le cap, c'est donc 2020 parce que nous avons une bonne feuille de route jusque-là avec des moyens associés et ce n'est pas le cas de tout le monde aujourd'hui ! »

Mathieu COURRILLAUD : Je vis sur Nantes, ma compagne travaille à Nantes et je travaille sur Saint-Sylvain ... Le cap, c'est donc 2020 parce que nous avons une bonne feuille de route jusque-là avec des moyens associés et ce n'est pas le cas de tout le monde aujourd'hui ! Nous avons une commune riche avec 300 entreprises et des revenus fonciers importants, ce qui facilite la mise en œuvre des projets. Nous n'avons pas à choisir entre réaliser la salle de sport ou le terrain de tennis ou arrêter de subventionner untel. Nous avons un vrai rayonnement sportif avec 51% de licenciés extérieurs à la commune ! Nous avons une très forte urbanisation et nous allons rapidement arriver à 8000 habitants. Nous devons donc absolument attaquer des chantiers au niveau des installations mais aussi développer d'autres aspects tels que le sport et le handicap, les sports de nature car nous avons du potentiel. Nous bénéficions également d'initiatives privées avec un golf en train de pousser à Saint-Sylvain, un stade équestre qui sera le plus gros club du Maine-et-Loire en plus de disposer du plus gros club de randonnée, de deux clubs de football, d'un club d'athlétisme reconnu au niveau départemental avec deux Championnes de France d'athlétisme récemment. Nous avons une vraie dynamique sportive à Verrières en Anjou avec une dizaine de pratiques encadrées, sans compter ce qui a trait à la gymnastique d'entretien, la gymnastique douce et les activités loisir comme la zumba avec quasiment 3500 licenciés au total. Ce qui est un cadre très intéressant pour un agent territorial, parce que derrière cela suit aussi, il y a une volonté politique, une bonne relation avec l'élu. Ce qui motive à toujours travailler sur quelque chose de nouveau. Par exemple, je mets en place une soirée des titres sportifs qui n'existait pas avant. L'année dernière, j'ai monté un forum des associations. S'il y a des choses qui commencent à se répéter, je n'éprouve pas de lassitude car l'axe est fixé jusqu'en 2020. Peut-être que dans quelques années, je me dirais que je veux voir autre chose mais ce n'est pas d'actualité pour le moment !

 

Sandra SEYSSEL : Vous êtes dans une logique perpétuelle de progresser !

« J'essaie vraiment de progresser sur des aspects que je connais moins, par exemple la réglementation, j'apprends encore »

Mathieu COURRILLAUD : Oui, c'est aussi une question personnelle : je suis dans la logique de progresser, je ne me repose pas sur mes acquis même si aujourd'hui je suis titulaire de mon poste et que je dispose de la confiance des élus et des agents. J'essaie vraiment de progresser sur des aspects que je connais moins, par exemple la réglementation, j'apprends encore. En résumé, humainement c'est très riche par rapport à la diversité des relations avec les collègues, les élus, les sportifs, les citoyens. On fait aussi un peu d'accueil et d'information auprès du public, des comités sportifs, des autres collectivités, etc. À cette occasion, j'ai pu rencontrer Marie-Jo Pérec qui a inauguré notre piste d'athlétisme ! La semaine prochaine, je vais visiter les installations du S.C.O. parce que celui qui a réalisé nos terrains sportifs est celui qui s'est chargé des terrains du club. J'ai créé le service des sports et je développe mon poste avec. Je travaille seul et je touche à tout, de l'administratif à l'aspect technique, juridique et d'animation. Peut-être qu'un jour je voudrai sortir du milieu des collectivités, aller voir plus haut ou gérer une petite équipe, être plus dans le politique/stratégique ...Je n'ai pas de plan de carrière tracé et je suis intéressé par servir le plus grand nombre et surtout contribuer à mettre en place mon cap 2020.

 

Sandra SEYSSEL : Un vaste programme en perspective !

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Quelques conseils aux étudiants ...

Sandra SEYSSEL : Pour conclure, quels conseils donneriez-vous aux étudiants, même si vous en avez déjà diffusé plusieurs pendant l'interview !

Mathieu COURRILLAUD : Comme je l'ai évoqué précédemment : bien choisir son stage, se servir du réseau tissé en stage et de son réseau associatif ; ne pas voir l'enseignant uniquement dans la relation professeur/étudiant mais aussi comme quelqu'un qui est là pour nous accompagner ; bien comprendre que le travail d'acquisition des connaissances ne se fait pas sans l'implication de l'étudiant !

 

Sandra SEYSSEL : Encore merci pour cette interview très riche et à très vite je pense !

Mathieu COURRILLAUD : Merci à vous d'être venue vers moi. C'est intéressant de pouvoir parler de ma petite expérience en partant de mon cursus IFEPSA. Et puis, c'est toujours un plaisir de retrouver les locaux et de croiser les enseignants ou le personnel administratif que l'on a côtoyé pendant des années.