Educateur sportif

Benoît JOLY vignette

Benoît JOLY, 22 ans, Educateur sportif à l'Association Espérance (Angers)

Ancien étudiant, Promotion 2011/2012, ayant obtenu une Licence STAPS APA-S en 2014


Benoît JOLY portrait

Benoît JOLY, 22 ans

Educateur sportif à l'Association Espérance (Angers)

Ancien étudiant de la promotion 2011/2012 ayant obtenu une Licence STAPS APA-S en 2014

 

Interviewé par Sandra SEYSSEL

Pour notre interview métier du mois d'octobre, Sandra vous propose de suivre l'entrevue qu'elle a réalisée à la rentrée avec Benoît JOLY, Educateur sportif au sein de l'Association Espérance à Angers.  

Un "ancien" étudiant sorti de l'IFEPSA en 2014 avec une Licence STAPS APA-S en poche et ayant choisi d'intégrer directement le monde du travail après l'obtention de son diplôme !

Un profil atypique à découvrir ici !

 

Sandra SEYSSEL : Bonjour ! Et merci de m'avoir sollicitée pour cette nouvelle interview métier !

Benoît JOLY : De rien ! Je viens régulièrement à l'IFEPSA et je suis très content de pouvoir venir parler de mon métier aujourd'hui !

 

Parcours à l'IFEPSA ...

Sandra SEYSSEL : Surtout que tu ne te prédestinais pas à intégrer l'IFEPSA au départ !

Benoît JOLY : J'ai un parcours assez atypique en fait, puisque j'ai intégré l'IFEPSA 15 jours après la rentrée des étudiants L1 ! J'arrivais d'une Prépa "Maths" MPSI sur Angers et cela ne me plaisait pas ... J'ai donc choisi de me réorienter assez vite, pour finalement intégrer l'IFEPSA ... je connaissais des amis qui y étaient, cela a facilité mon choix ! Une fois arrivé là, je me suis complètement trouvé dans mon élément ... tout de suite ! Les deux premières années se sont déroulées sans problème, ainsi que la troisième année de Licence, surtout que j'ai terminé la Licence 3 en étant déjà employé à 35 heures au sein de l'Association !

 

Sandra SEYSSEL : Il faut tout de même préciser que tu avais aussi des facilités pour suivre les cours !

Benoît JOLY : Oui, c'est vrai, je n'ai pas eu de souci ! Quand je regarde les résultats, je crois que je finis major de promo en L1 et L2 et sur le podium en L3 ! ... J'ai donc pu facilement concilier les études STAPS avec un emploi salarié ...

 

Sandra SEYSSEL : Une opportunité d'emploi qui a découlé des stages que tu as effectués je crois ?

Benoît JOLY : Oui, tout à fait ! En L1, j'ai tout d'abord effectué un stage dans le club de football dans lequel je jouais, auprès d'un public de jeunes, mais cela ne m'a pas forcément plu. C'est vraiment un public qui ne me convenait pas, du fait du comportement que les jeunes peuvent avoir entre eux : ils sont parfois très durs - la violence, les insultes, etc. - et certains sont souvent pris pour cibles parce qu'ils sont en surpoids ou en difficulté dans l'exercice. On voudrait intervenir mais on reste finalement impuissants, on ne peut pas faire grand-chose malheureusement ! Actuellement, je fais encore des TAP (Temps d'Activité Périscolaires) et je me rends compte que les enfants, ce n'est vraiment pas ma tasse de thé ! Je le fais, pas de souci, mais ce n'est pas là où je prends le plus de plaisir ! Quoiqu'il en soit, cela m'a permis de me remettre en question et de me réorienter très tôt. Le second stage, en L2, je l'ai donc réalisé au sein de l'Association Espérance, que j'ai connue par le biais de Vincent NAY (Etudiant de Master 2), qui avait de son côté effectué son stage professionnel de L3 là-bas. De ce stage, en a découlé tout le cheminement actuel. En parallèle du stage, j'ai aussi eu l'occasion de remplacer le BNSSA qui venait de quitter son poste puisque j'étais titulaire du diplôme. J'ai ainsi rapidement travaillé au sein de l'Association, à hauteur de 8 heures par mois, durant ma seconde année. Cela me permettait de garder un contact pendant l'année pour pouvoir enchainer l'année suivante. Je n'ai pas non plus fait le choix d'aller voir ailleurs parce que j'étais bien là où j'étais, donc j'ai poursuivi dans cette voie !

 

Sandra SEYSSEL : Pendant le stage de L3 donc ...

Benoît JOLY : Oui, mon stage associatif, je l'ai donc réalisé au sein de l'Association Espérance, avec pour mission principale l'encadrement de l'activité « natation », de par mon BNSSA. Quant à mon stage professionnel, je l'ai également réalisé au sein de l'Association. L'objectif était de mettre en place le Raid de l'Espérance, dont la première édition a eu lieu en 2014 et dans le cadre duquel j'étais accompagné pour cela par une autre étudiante APA-S, Alice BOUTEFROY. Avec Alice, et sous couvert de notre tuteur, nous nous sommes tout d'abord répartis les tâches car le projet était à créer de toute pièce. De mon côté, je me suis principalement occupé de la recherche de partenaires en amont de l'événement et de la gestion des aspects organisationnels liés au déroulement de l'événement à proprement parlé,..., il fallait essayer de prévoir au mieux les imprévus ! Au-delà de mes missions sur le RAID, l'animation et l'encadrement des activités au sein de l'Association faisaient aussi parties intégrantes du stage. Et en parallèle, je continuais à travailler en tant que salarié au sein de l'association.

 

Sandra SEYSSEL : Parles-nous du type de public pris en charge au sein de l'Association ...

Benoît JOLY : Ce sont des adultes déficients intellectuels, c'est-à-dire atteints de déficiences sévères à légères. Pour résumer, la nature de la déficience est déterminée en référence au Q.I. (Quotient Intellectuel) : les personnes en déficience légère auront un Q.I. se situant entre 60 et 75 et pour une déficience sévère, ce seront des personnes dont le Q.I. se situera plutôt en-dessous de 30. Ce test ne constitue peut-être pas le meilleur type d'évaluation mais cela reste un outil fréquemment utilisé. En termes de profils, nous prenons en charge des personnes travaillant en E.S.A.T. (Etablissement et Service d'Aide par le Travail) ainsi que des personnes qui se retrouveront plutôt en foyers médicalisés, avec des troubles autistiques et des besoins médicaux un peu plus importants. C'est le public de prédilection de l'association, qui travaille majoritairement avec des établissements de type « médico-social ». En termes de nature d'intervention, nous n'avons pas de limite de temps : s'il faut recommencer un exercice plusieurs fois, on le fait,... cela passe aussi beaucoup par des jeux ludiques pour que les personnes puissent progresser.

 

Sandra SEYSSEL : Et tu ne t'es jamais posé la question de poursuivre tes études ?

Benoît JOLY : Si, si ! Je me suis effectivement posé la question de savoir si je continuais en Master ou pas ! Mais j'avais cette opportunité d'emploi qui était là ! Une embauche à 35 heures, avec une promesse de CDI à la clé ... J'aurais peut-être pu avoir la possibilité d'allier les deux, le travail et les études. J'ai finalement fait le choix de travailler pour aussi sortir du cadre universitaire ... Ce n'est pas que j'en avais marre mais j'avais aussi envie de voir autre chose ! Et puis mon profil intéressait la structure, dès le premier stage en fait, ce qui fait que l'opportunité était autant pour elle que pour moi. Je l'ai saisie et je pense que dans la conjoncture actuelle, c'est quand même bien d'avoir du travail et de construire son projet professionnel. Mais pourquoi pas, dans l'avenir, reprendre une formation ... pas forcément universitaire, mais plutôt repartir sur un DEJEPS pour devenir "Directeur de structure" ou quelque chose comme cela ! ... sur un poste à responsabilité en tout cas ! J'espère avoir les capacités de faire cela ! Mais pas tout de suite (rires) !

Benoît JOLY encadre
 

Métier actuel ...

Sandra SEYSSEL : Quel est ton quotidien au sein de l'Association ?

Benoît JOLY : Une chose très importante tout d'abord : je sais l'heure à laquelle je commence mais je ne sais jamais l'heure à laquelle je vais finir le soir ! Car je dois tenir compte des problématiques des différents publics que je rencontre chaque jour ! Quand j'arrive le matin, je commence par traiter mes mails avant de préparer les séances pour l'après-midi où je suis en face-à-face avec le public. Je peux avoir 2 ou 3 séances différentes dans l'après-midi. Sur des temps plus administratifs, au bureau, je suis en mission de développement sur le secteur Saumurois. Car si l'Association est bien implantée sur Angers, elle a un projet de développement sur Saumur, en réponse à des besoins sur le territoire. L'objectif sera de recréer le schéma Angevin sur Saumur. J'ai donc été muté sur Saumur en tant que "Responsable de l'annexe Saumuroise", avec pour mission principale de développer le projet à travers des missions de recherche de partenariats financiers, d'adhérents, de prestataires pour pouvoir intervenir dans les établissements mais aussi de permettre aux personnes en situation de handicap d'avoir accès à des pratiques sportives de loisirs et/ou à des vacances adaptées. Le constat initial, c'était qu'il y avait des besoins sur le Saumurois, mais pas d'offre réelle pour les satisfaire. Ce qui est paradoxal puisque le département est plutôt bien desservi au niveau des activités proposées, de par l'action du Comité Départemental Handisport et du Comité Départemental Sport Adapté également ! De par l'action de l'IFEPSA aussi ... mais on se rend compte qu'en Mayenne ou vers Rennes, les problématiques sont les mêmes et qu'il n'y a pas grand-chose. De nombreuses perspectives restent à venir en termes de développement. On se rend compte aussi que les territoires les plus développés se situent à proximité des Universités qui sont dynamiques au niveau des formations STAPS spécialisées en "APA-S" (Paris, Montpellier, Grenoble Dijon, etc.). On le voit très fortement lorsque nous participons à des compétitions. Car dans mes missions, il m'arrive aussi d'accompagner des sportifs qui se sont qualifiés pour des compétitions départementales, régionales et nationales. Cette année, j'ai d'ailleurs eu l'occasion d'aller à Chambéry pour une compétition en natation et c'est vrai que l'on recroise les Régions phares. 

   

Sandra SEYSSEL : Mais tu es recruté sur un poste d' "Educateur sportif" au départ non ?

Benoît JOLY : Oui, sauf qu'en pratique, mon métier est beaucoup plus vaste en fait ! On se situe entre l'éducateur spécialisé et l'agent de développement ... C'est aussi le secteur associatif qui veut cela ... Si je prends une anecdote : nous étions en réaménagement des bureaux il n'y a pas si longtemps, j'ai du monter des étagères pour pouvoir stocker du matériel ! L'entretien des véhicules, également, fait partie de ma mission,..., prendre rendez-vous chez le garagiste aussi ! Si on veut que l'Association fonctionne et qu'elle ait une bonne image, cela passe aussi par un véhicule bien entretenu ! Il ne faut donc pas rester bloqué sur le fait que nous ayons une Licence APA-S  et que notre seul but, c'est d'animer des séances. C'est vraiment ce que j'aime dans ce métier, cette diversité de missions que nous pouvons avoir, du simple "balayeur", "laveur de vaisselle" à "éducateur" sur le terrain et presque "responsable" sur l'antenne Saumuroise. Je me rends compte que, depuis l'an dernier, je ne fais pas que du terrain. Rentrent aussi en compte toutes les missions relatives au développement,..., j'étais sur un forum dimanche dernier, 1 100 personnes sont passées, c'était vraiment une journée promotionnelle des associations, où les gens viennent se renseigner pour pratiquer dans le champ social ou sportif aussi. Et il faut répondre présent !  

 

 Sandra SEYSSEL : Le terme "polyvalence" prend ici tout son sens !

Benoît JOLY : Oui ! Il faut savoir s'adapter et dépasser les représentations que l'on peut avoir sur son poste. Dans mon projet personnel et professionnel, ce passage par le terrain et les tâches qui lui sont associées ne pourront que me servir si un jour j'ai la possibilité d'intégrer un poste de direction, ou en tout cas des responsabilités plus importantes dans une structure. Je travaille de toute façon en collaboration sur le projet de l'antenne Saumuroise. Cela reste tout de même le projet de Nicolas FAUCON, qui suit actuellement une formation pour devenir "Directeur de structure". Mais je suis son homme de terrain et je suis en charge de la réalisation des différentes missions sur le territoire là-bas.  

 

Sandra SEYSSEL : Concernant ta mission de recherche de partenaires, tu es quand même à des années lumière de ta formation ! Tu t'es formé tout seul à cet exercice ?

Benoît JOLY : Pour tout dire, c'est un peu au culot en fait, puisque je n'ai suivi aucune formation en la matière ! J'envoie des mails, je prends des rendez-vous pour pouvoir ensuite aller faire la présentation de notre projet sur Saumur et de nos besoins. Après, cela prend ou non ... La recherche est de toute façon orientée au départ puisque je contacte pour le moment principalement des établissements médico-sociaux ,..., je dispose quand même d'un listing où j'ai recensé tous les établissements sur le territoire, un listing que j'ai requalifié en indiquant la personne ressource et que je complète en termes de suivi pour indiquer le nombre de contacts pris, les rendez-vous effectués et les partenariats conclus. L'aspect vestimentaire joue ici, aussi, un rôle important : je ne vais pas arriver lors d'un rendez-vous en jogging, t-shirt,..., il faut faire l'effort de s'habiller correctement, c'est de la logique ! En tout cas, cela fonctionne bien pour le moment ... Je n'ai jamais eu de trop de difficultés à aller vers les gens et plus je rencontre des directeurs d'établissements, plus j'acquière de l'expérience de toute façon ! Après, c'est vrai que je travaille dans le secteur du handicap, ce qui fait que les personnes sont peut-être aussi plus ouvertes, au départ, qu'un P.D.G. d'une grande entreprise ... Le fait que l'Association ne poursuive pas un but lucratif doit certainement jouer aussi ... tout comme le fait que l'argent récolté bénéficiera aux personnes en situation de handicap à travers les activités mises en place ...

 

Sandra SEYSSEL : Malgré tout, quand tu essuies des refus, quel en est le motif principal ?

Benoît JOLY : Le principal motif de refus que l'on peut avoir, c'est le manque de ressources. Les établissements n'ont pas forcément les finances pour pouvoir mettre en place des activités sportives. En revanche, ils ne restent pas fermés non plus et il nous arrive parfois de travailler ensemble sur l'offre de vacances proposée aux adultes. A mon sens, il existe toutefois un frein important : le secteur du handicap reste un secteur méconnu,..., pour autant, les personnes qui se trouvent dans ces établissements ont le droit d'avoir accès, au même titre que les personnes valides, à des activités de loisirs et/ou sportives. On se rend compte qu'il s'agit d'un milieu assez fermé, où certains établissements n'ont tout simplement pas connaissance que ces activités existent et qu'elles sont possibles pour ces personnes. Il faut arriver à convaincre les établissements, les tuteurs et/ou les responsables légaux que ces activités ont un réel bénéfice pour les personnes. Le dialogue avec les structures est donc primordial tout comme l'échange en face-à-face avec des directeurs ... avec une présentation de nos compétences pour les accompagner. Cette démarche pourrait presque s'apparenter à une démarche commerciale finalement ! En tout cas, je m'y retrouve pleinement ! J'estime comme une chance d'avoir un poste comme celui-ci !

 

Sandra SEYSSEL : Tu interviens aussi à d'autres niveaux ! ...

Benoît JOLY : Oui, puisque j'étais présent lors de la Fête du sport à Saumur, en juin dernier, pour présenter l'activité kinball et par là, le rayonnement de l'association sur le territoire. Je fais aussi de l'accompagnement sur des sorties davantage typées "culture" (cinéma) et ce n'est pas une mission que l'on aborde dans les formations STAPS. Là encore, cela fait partie de notre quotidien. Je participe aussi à des missions d'accompagnement en séjours adaptés pendant les vacances : cet été, j'étais avec un groupe aux Pays-Bas pendant 10 jours et là, nous sommes 24h/24h avec le groupe,..., en tant qu'animateur de tout type d'activités, il faut rechercher les activités pouvant être réalisées sur place, mais aussi dans l'accompagnement à la douche pour certains, à faire la cuisine pour d'autres. Pour le séjour aux Pays-Bas, les personnes étaient très autonomes avec peu d'intervention à effectuer en termes de soins mais dans l'Association, nous proposons aussi des séjours de type PFA (Personnes à Faible Autonomie) », avec des personnes arrivant de foyer occupationnel, de FAM (Foyer d'Accueil Médicalisé), de M.A.S. (Maison d'Accueil Spécialisé) et là, nous avons une mission de soins qui va du change à l'accompagnement total à la douche. Nous sortons alors complètement du cadre Stapsien et de la Licence, mais ce sont des expériences de vie et de partage avec le public qui ne sont pas comparables dans d'autres structures.  Cet été, 30 séjours ont été réalisés et 156 personnes ont pu bénéficier de vacances adaptées (Pays-Bas, Espagne, Suisse, régions de montagne, bord de mer, Massif Central ainsi que des séjours plus proches).

 

Sandra SEYSSEL : Des missions et un public diversifiés ... tu es encore loin d'avoir fait le tour !

Benoît JOLY : C'est sûr, j'ai de la chance ! Je pense que faire comme certains étudiants, qui ont fait le choix de rentrer dans des instituts comme les I.M.E. (Instituts Médico-Educatifs) ou les foyers occupationnels où ils ne font que des séances, cela ne m'aurait pas forcément plu ! Car il faut se plier aux directives de l'Education Nationale sur la mise en place des séances et que cette mission devient redondante au bout d'un moment ! Toujours le même public, toujours des séances sportives. Au même titre d'ailleurs, que les étudiants qui choisissent de rejoindre la filière "enseignement",..., c'était vraiment un secteur qui ne m'intéressait pas du tout par contre ! Mais je respecte les étudiants qui font ce choix.

    

Sandra SEYSSEL : Vois-tu une mission plus intéressante qu'une autre dans ton métier ?

Benoît JOLY : Je n'en trouve pas à vrai dire ... Cela me fait penser à une étude qui comparait les salariés du milieu associatif et ceux des entreprises, qui révélait que les premiers avaient plus d'intérêt et de motivation à leurs tâches alors qu'ils gagnent moins que les autres, parce qu'ils ont plus d'autonomie dans leurs missions. Nous, salariés du milieu associatif, nous ne sommes pas forcément motivés par la récompense (motivation plutôt extrinsèque) mais au contraire par notre activité. De mon côté, ce n'est effectivement pas le salaire qui me motive mais davantage un sourire, l'expression d'une personne assez lourdement en situation de handicap. C'est ce qui me satisfait dans mon travail avant tout ! 

 

Benoît JOLY judo
 

Conseils aux étudiants ...

Sandra SEYSSEL : Le stage a joué un rôle important pour toi, quel(s) conseil(s) pourrais-tu donner aux étudiants ?

Benoît JOLY : Ne pas avoir peur des tâches qui pourraient vous être confiées, même si elles ne correspondent pas vraiment à l'idée qu'ils se font du métier. Prendre en compte le caractère de la structure, sa logique et sa finalité. Se mettre au courant des projets de la structure, réaliser un diagnostic initial de son fonctionnement pour lui proposer des axes de développement cohérents. C'est là que tout se joue ... Aussi, instaurer la confiance dans la relation avec le tuteur de stage ... un étudiant qui s'investit pleinement dans son stage sera récompensé je pense, d'une manière ou d'une autre, que ce soit à travers les recommandations que l'employeur pourra faire ensuite ou les possibilités d'embauche qu'il pourra faire. Faut y aller, se motiver ! Je pense qu'il y a une réelle différence entre le monde professionnel et le cursus universitaire ! Toute la théorie est très importante et nous sert tous les jours sur le terrain, mais il faut aussi souvent s'adapter aux contraintes et aux impondérables du terrain ! Nous faisons comme nous pouvons ! Nous devons être créatifs ...

 

Sandra SEYSSEL : Tu accordes aussi une importance au savoir-être ...

Benoît JOLY : Oui ! Il ne faut pas être en attente de missions mais être force de proposition ! Je m'en rends compte maintenant que je travaille, avec les services civiques que nous avons au sein de l'association. Certains sont investis et prennent des initiatives, d'autres sont plus attentistes et il nous appartient de les accompagner au mieux ! Ne jamais arriver en vous disant "je sais tout faire", "je n'ai plus rien à apprendre" ! Il faut savoir accepter les critiques et se remettre en question ! De mon côté, je sais que j'ai beaucoup évolué par rapport à cela depuis que j'ai intégré l'Association ! Il faut aussi ne pas rester sur un échec si la personne n'a pas réussi, et ce malgré le sentiment de frustration que nous pouvons éprouver parfois ...

 

Sandra SEYSSEL : Au vu de tes missions de développement, le secteur du handicap peut également offrir des possibilités de stage à des profils typés "management" ?

Benoît JOLY : Les exigences de polyvalence font qu'à l'heure actuelle, tout est ouvert à qui se saisira des opportunités : des profils typés "management" auront de plus en plus un rôle à jouer dans des structures liées au secteur du handicap de par leurs compétences organisationnelles et leurs capacités à monter des projets de développement et ce, alors même qu'animer dans le champ du handicap ne constitue pas leur cœur de métier ! Il ne faut donc pas se restreindre en termes de secteurs d'activité ! Tout est possible !

 

Sandra SEYSSEL : C'est sur ce message optimiste que nous clôturons cette interview ! ... Merci à toi pour cet échange, bonne chance pour tous tes projets !

Benoît JOLY : Merci Sandra pour cette interview et bon courage à tous pour la suite de vos études !