Masseur-Kinésithérapeute

Lucas GIACOMINO vig

Lucas GIACOMINO, 34 ans, Masseur-Kinésithérapeute en Cabinet à Chinon et à la Fédération Belge de Rugby (Belgique)

Ancien étudiant Licence STAPS "Entraînement Organisation Gestion du Sport et des Loisirs (EOGSL)" en 2005/2006


Lucas GIACOMINO a

Lucas GIACOMINO, 34 ans

Masseur-Kinésithérapeute en Cabinet à Chinon et à la Fédération Belge de Rugby (Belgique)

Ancien étudiant de la promotion Licence STAPS "Entraînement Organisation Gestion du Sport et des Loisirs" en 2005/2006 à l'IFEPSA

Interviewé par Pierre OGER, Étudiant Licence 3 STAPS "Management du sport" - Promotion 2016-2017

Retranscrit par Sandra SEYSSEL

 

En cette fin de semestre, je laisse le soin à l'un de mes étudiants en "Management du sport", Pierre OGER, d'interviewer Lucas GIACOMINO, de passage sur Angers pour nous parler de son activité en tant que kiné du sport.

Rencontre à suivre ici !

 

Pierre OGER : Bonjour et merci de passer par l'IFEPSA pendant vos vacances pour venir nous apporter votre témoignage !

Lucas GIACOMINO : Bonjour, pas de souci, j'étais de passage à Angers !

 

Pierre OGER : Le parcours universitaire, le parcours professionnel, le métier actuel et les conseils aux étudiants sont les 4 thèmes que nous aborderons dans cette interview ...

 

Le parcours universitaire

Pierre OGER : Envisageons donc tout d'abord le parcours que vous avez suivi à l'IFEPSA, de votre arrivée à l'obtention de votre diplôme. Était-ce votre choix, au départ, d'intégrer l'Institut ?

Lucas GIACOMINO : À la base, je faisais du hand-ball et je suis arrivé à Angers avec l'objectif d'intégrer l'IFEPSA. À l'époque, l'entrée à l'IFEPSA se faisait sur concours. Après l'avoir raté une première fois (je suis resté sur la liste d'attente), j'ai décidé de rester une année à Angers pour passer le Brevet d'État d'Éducateur Sportif en collaboration avec le club d'Angers Noyant, afin de préparer à nouveau le concours d'entrée de l'IFEPSA l'année suivante. J'ai donc repassé le concours l'année d'après et, cette fois, cela a marché. C'était donc bien une réelle volonté de ma part d'intégrer une fac de sport, de surcroît au plus près de chez moi. Orléans, cela ne me disait pas trop et dans une structure privée, il y a quand même plus de réussite !

 

Pierre OGER : Comment s'est déroulé votre parcours à l'IFEPSA ensuite ?

Lucas GIACOMINO : J'ai commencé avec l'objectif d'obtenir un DEUG STAPS (bac+2) et c'est à cette époque que nous avons connu le passage au système LMD (Licence Master Doctorat). J'ai donc enchaîné avec la L2 et la L3. Quand nous étions en L3, il n'y avait pas encore de Master proposé à l'IFEPSA pour la poursuite d'études et nous avons alors aussi été les témoins directs de leur mise en œuvre à Angers ! Deux Masters ont été créés en peu de temps pour pouvoir nous proposer quelque chose mais de ma promotion, il n'y en a même pas une dizaine qui sont restés.

 

Pierre OGER :  Revenons à vos deux premières années, pouvez-vous nous en dire un peu plus sur les cours, les stages, etc. ?

Lucas GIACOMINO : Les cours durant les trois premiers semestres étaient vraiment des cours généraux basés autour du sport (histoire, psychologie, sociologie, etc.) et avec énormément de pratiques sportives. Si je me souviens bien, on avait presque 4h de sport par jour, sauf le mercredi où nous entraînions en club (c'était obligatoire dans le cadre de notre formation). Tous les cours étant obligatoires, on n'avait pas trop le temps de se reposer mais on prenait quand même le temps de se retrouver entre étudiants en soirée (ce qui permettait de créer pas mal de liens en plus du sport !).

 

Pierre OGER :  Comment vous êtes-vous décidé par rapport au choix de filière en L3 ?

Lucas GIACOMINO : Une première étape était effectuée en janvier de l'année de L2, où les enseignements étaient scindés entre d'un côté, les E.O.G.S.L. (Entraînement Organisation et Gestion des Sports et des Loisirs) et les APA-S, et, de l'autre, les métiers de l'enseignement, même si nous gardions malgré tout de nombreux enseignements communs. Pourquoi E.O.G.S.L. ? Eh bien, tout simplement parce que je ne me voyais pas enseigner suite à l'expérience acquise lors du stage dans une école primaire. Je n'avais pas envie de m'enfermer dans un gymnase mais je voulais travailler dans le sport. Il me semble d'ailleurs que les étudiants "sportifs" intégraient davantage cette filière E.O.G.S.L. qui faisait la part belle au management d'organisation et à la gestion.

 

Pierre OGER :  C'est comme si, actuellement, on rassemblait les L3 AEEAPS et les L3 MS ?

Lucas GIACOMINO : Oui, nous étions mélangés et la distinction se faisait au niveau de notre travail de fin d'année où nous devions choisir entre planification d'entraînement ou organisation/gestion. Certains de nos cours restaient en commun, mais pour certaines matières comme la planification d'entraînement ou la comptabilité, nous nous retrouvions entre E.O.G.S.L. (sans les APA-S). La formation ne distinguait pas les deux types de licences comme maintenant.

 

Pierre OGER :  Après l'obtention de votre licence, avez-vous choisi de poursuivre en Master ?

Lucas GIACOMINO : Après ma licence, la situation était un peu compliquée car les Master venaient de se créer et notre promotion était donc dans la première année de la réforme ! De mon côté, je suis parti car je voulais passer mon Brevet d'État. Mais j'ai dû me faire opérer du genou en sortant de l'IFEPSA, suite à une blessure contractée à cause de l'accumulation de la charge d'entraînement et des pratiques sportives annexes. J'ai alors raté les tests physiques pour intégrer le Brevet d'État. Je me suis alors rapproché de plusieurs écoles de kiné pour voir si une passerelle était possible. C'est à cette occasion que l'on m'a expliqué que si je m'installais en Belgique pour y habiter et y travailler 6 mois, je pouvais intégrer la première année de kiné l'année suivante. Il faut savoir qu'il existait en effet une loi prévoyant cela mais qui a été modifiée depuis, avec un délai qui est passé à 18 mois (l'objectif étant que les futurs étudiants résident et travaillent maintenant deux années pleines en Belgique). Dorénavant, les écoles de kiné procèdent également par tirage au sort.

 

Pierre OGER :  Pourquoi cet intérêt pour la filière "kiné" ?

Lucas GIACOMINO : En tant que sportif, j'ai souvent connu des périodes de blessures et je voulais par ailleurs travailler dans le sport. Le choix d'intégrer cette filière s'est donc fait (presque) naturellement. Mes parents sont médecins, je restais ainsi dans la santé en intégrant cette voie. À la fin de la formation, je ne me voyais pas travailler dans l'entraînement sportif (entraîner une équipe) mais je voulais trouver une voie pour continuer à graviter dans le monde du sport. En étant kiné, je travaille maintenant avec une fédération sportive, la fédération belge de rugby, et c'est très bien !

 

Pierre OGER :  Comment avez-vous vécu votre passage en Belgique ?

Lucas GIACOMINO : Le système est différent par rapport à la France. Si on retrouve également des universités et des grandes écoles qui cohabitent, le public est réputé « pour être plus difficile » que le privé. Alors que c'est l'inverse en France. J'ai de mon côté choisi d'intégrer l'université et cela m'a plutôt bien réussi car j'avais déjà acquis une méthodologie de travail en amont à l'IFEPSA. Pendant ma formation, j'ai également effectué des stages avec l'équipe nationale de hand-ball Belge, avec le Standard de Liège en football, ..., en fait, j'ai orienté mes stages dans le domaine du sport et c'est cela aussi qui m'a aidé à intégrer le monde du sport ensuite en tant que kiné. C'est à ce moment-là que je me suis à nouveau blessé à l'épaule et cela a duré 6 mois. Le président du club m'a alors dit qu'il ne comptait plus sur moi en tant que joueur mais que le poste de kiné était pour moi ! J'étais en deuxième année de kiné ... et cela a continué ainsi pendant les 2 années restantes ! Là, j'ai pris un pas d'avance sur tout le monde, en matière de diagnostic et au niveau des tests par exemple. En plus, je pouvais appliquer directement les apports théoriques au sein de mon club ! Après, le fait d'être plus âgé a joué aussi puisque j'étais plus autonome, j'allais plus facilement chercher l'information moi-même.

 

Pierre OGER :  Si vous deviez résumer votre parcours scolaire et universitaire ?

Lucas GIACOMINO : Tout ne s'est pas toujours déroulé comme prévu ! J'ai redoublé mon bac mais heureusement validé ma licence en trois ans (la première année sans seconde session puis la seconde et la troisième année, en seconde session). En Belgique, j'ai validé toutes mes années, le système n'était pas pareil pour les notations car la compensation n'était plus possible (à l'époque, il y avait possibilité de valider des modules par compensation d'un autre module et cela m'a bien aidé). En plus, il fallait obtenir 12 de moyenne générale (nous avions seulement le droit d'avoir une seule note en-dessous de 10).

 

Pierre OGER :  Maintenant, nous avons un contrôle continu à l'IFEPSA ...

Lucas GIACOMINO : Ah oui ? Cela n'existait pas de mon temps. En Belgique, on a un mois d'examen avec une épreuve tous les 4 ou 5 jours, matière par matière. On a aussi les mêmes principes de modules avec les unités, sous-unités. Aux 7 examens, il fallait obtenir plus de 10 et 12 de moyenne au module. Si nous en rations un, nous devions repasser tout le module ...

 
Lucas GIACOMINO équipe1

Le parcours professionnel

Pierre OGER : Vous avez précisé juste avant que vous aviez commencé à travailler en tant que kiné alors que vous étiez encore en formation ... avez-vous eu d'autres expériences professionnelles avant ?

Lucas GIACOMINO : Le premier métier que j'ai exercé, c'est quand j'étais à l'IFEPSA ! J'étais maître-nageur à Avoine en Touraine ; je rentrais les weekends pour travailler là-bas. Ensuite, j'ai été entraîneur dans le même club avant de partir. Quand je suis arrivé en Belgique, j'ai travaillé en tant que laveur de voiture pendant un an. Puis j'ai repris les cours. C'est à ce moment-là que je me suis dit que je ne pouvais pas faire cela toute ma vie, ce qui a été une motivation pour les examens aussi ! Parce que si je ratais, j'allais continuer à laver des voitures ! On se dit alors qu'il faut se bouger ! Mais j'ai toujours travaillé pendant mes études en Belgique : de barman en passant par laveur de voitures, joueur de handball, surveillant de baignade, maitre-nageur, entraîneur de l'équipe de hand-ball universitaire. En fait, il n'y avait plus d'équipe depuis un moment et on a décidé de recréer une équipe alors que j'étais en première année. Lors de ma troisième année, nous étions « Champion de Belgique universitaire » ! Ensuite, j'ai enchaîné avec des interventions en tant que kiné au sein de l'équipe de mon club puis avec des vacations avec l'équipe nationale de Belgique en hand-ball pendant que j'étais étudiant en dernière année.

Pierre OGER : Ce qui nous amène à votre métier actuel ...

 

Le métier actuel

Pierre OGER :  Abordons maintenant votre activité de kiné du sport à proprement parlé ...

Lucas GIACOMINO : Eh bien, je travaille en tant que libéral puisque je travaille dans un cabinet où je reçois de plus en plus de sportifs. Cela fait deux ans que je suis revenu dans la Région. Côté patients, je m'occupe aussi bien de sportifs pratiquant en loisir que de jeunes évoluant dans des pôles, avec toutes les sections sportives qui se sont développées. Près de chez moi, on retrouve en fait 6 ou 7 sections sportives qui se sont créées, avec des jeunes qui sont classés au niveau national.

 

Pierre OGER : Cela se passe comment ? Vous concluez des partenariats pour pouvoir intervenir ?

Lucas GIACOMINO : Oui, je signe des conventions avec ces structures, où j'interviens en tant que kiné. Il faut donc savoir se vendre, négocier pour défendre le projet que l'on souhaite mettre en place et expliquer, aussi, sa façon de fonctionner pour voir si cela peut leur convenir ou non. En termes de patients, je prends aussi en charge des sportifs que je rencontre sur les terrains, dans les clubs de sport ou encore par connaissances ... mais mon champ d'intervention se tourne plus vers la traumatologie.

 

Pierre OGER : Dans le cadre de votre activité, vous gardez un lien fort avec la Belgique je crois ?

Lucas GIACOMINO : Oui, puisque je m'occupe des équipes de rugby à 15 et à 7. Lorsque nous avons des matches ou des tournois, je prends alors un remplaçant et je pars pour une semaine ! Par exemple, je ne serai pas présent au cabinet entre février et mars prochains car nous serons en Six Nations B et nous enchainerons alors 7 semaines de tournoi (avec des rencontres contre la Roumanie, la Géorgie, la Russie, l'Espagne et l'Allemagne). Si nous recevons trois fois, nous devrons ensuite nous déplacer en Allemagne et en Espagne. Je ne pourrai donc pas rester à mon cabinet. 

 

Pierre OGER : Il faut bien gérer son activité ! ...

Lucas GIACOMINO : C'est vrai que dans tout cela, avoir été étudiant à l'IFEPSA a été un plus ! Lorsque l'on parle de gestion et de management, on n'est pas dans l'inconnu ! Cette formation-là, c'est un plus dans le sport ! Je m'en rends compte, 10 ans après en n'ayant plus seulement la vision étudiant ! On se rend compte qu'on a appris énormément : quand je travaille avec certains managers ou coaches, ils m'écoutent parce que je connais certaines choses ... ils se demandent d'ailleurs d'où je tiens l'information ! Lorsqu'on est confronté à un problème, on essaie de le résoudre. Et c'est vrai qu'à l'IFEPSA, on nous fait réfléchir ! En tant qu'étudiant, on ne voit pas forcément l'intérêt mais après coup, on se rend compte que cela peut te servir ! ... En 2009, je suis revenu à l'IFEPSA pour obtenir mes validations en psychologie, ..., je savais que sur les trois années en psychologie, j'avais dû avoir 12 de moyenne maximum. Quand je suis arrivé en Belgique et que j'ai montré le programme, ils  voulaient transposer ma note en 16 ! Nicolas Hauw m'a même proposé ensuite de venir parler de mon expérience auprès d'un groupe d'étudiants ! ... Pour conclure, il faut reconnaître que les intervenants sont de qualité, je ne sais pas si Hassen Slimani en sociologie et Laurent Saurin en planification d'entraînement sont toujours là mais ils étaient très intéressants !

 

Pierre OGER : En management, nous avons des interventions sur site, comme au HBC Nantes par exemple, et cela permet de se confronter aux professionnels et à leurs réalités aussi !

Lucas GIACOMINO :  C'est vrai que sur la qualité des intervenants et des professeurs ici, il n'y a rien à redire, c'est le privé quoi !

 

Pierre OGER : Avec le recul, quelle analyse faites-vous de votre métier ?

Lucas GIACOMINO :  Être kiné implique de toujours se mettre au niveau. Par exemple dans le rugby, j'évolue au niveau international et je dois donc passer des formations spécifiques avec World Rugby sur la prise en charge des blessés (formation en anglais bien sûr). Après, c'est aussi l'avantage d'être en sélection plutôt qu'en club, parce que j'ai travaillé en club professionnel en pro D2 avec Carcassonne en tant que kiné en charge de l'équipe professionnelle. En sélection, les joueurs viennent voir le kiné mais ils sont toujours censés être en bonne forme puisqu'on ne prend pas les blessés en sélection. Du coup, c'est facile de travailler avec eux car on est confronté à des petites blessures (coups à l'entraînement). Alors qu'en club, on aura à prendre en charge le sportif qui a eu une fracture, les ligaments rompus et là, il faut le suivre, le remettre sur le terrain de A à Z. C'est davantage de travail mais la compensation, c'est que l'on a plus de temps, plus de moyens, plus de structures. Ce n'est pas la même chose ...

 

Pierre OGER : Comment se passe la relation joueurs/kiné/staff ?

Lucas GIACOMINO :  En clair, le kiné du sport, c'est un peu un espion, le traitre et l'ami de tout le monde ! Il se situe entre deux : il passe la moitié du temps avec les joueurs et l'autre moitié avec le staff. Les informations qu'il reçoit des joueurs, il doit les transmettre au staff (enfin ce qui reste dans le cadre de l'activité professionnelle) mais les informations qu'il reçoit du staff, il les filtre avant de les transmettre aux joueurs. Il peut dire certaines choses mais il ne peut pas tout dire ! Les joueurs se confient à leur kiné et le kiné, de son côté, les sonde un peu, les questionne sur la vie de groupe, etc. Il faut être malin ! Le kiné navigue, en permanence, en fonction des joueurs : avec untel, il va procéder d'une certaine façon et avec un autre, il agira autrement. Il essaie de s'adapter à chaque fois !

 

Pierre OGER : Travailler au sein de votre cabinet ou pour la sélection, quel est le gagnant ?

Lucas GIACOMINO : C'est sûr que je préfère travailler avec l'équipe nationale plutôt que d'être dans mon cabinet, c'est plus passionnant ! Disons que ce n'est pas le même travail ! Avec les sélections, je voyage beaucoup : là, on revient de Dubaï avec l'équipe de rugby à 7, après 8 jours sur place où nous avions un tournoi de préparation. Avec l'équipe à 15, nous avons passé 8 jours au Portugal pour la tournée d'automne où nous avons joué deux tests-matches contre le Portugal. C'est vrai que j'ai quasiment fait le tour du monde avec les équipes ! Je suis kiné depuis 2011 et j'ai commencé avec la fédération Belge avant d'être diplômé en mars 2011. C'est sans doute pour cela que je me sens plus à l'aise avec un groupe de sportifs qu'avec des patients plus classiques ! On ne fait pas les mêmes choses entre des sportifs et des non sportifs. Le corps, cela reste de la physiologie et s'il n'est pas prêt à subir un effort, on doit adapter au public. D'avoir fait STAPS avant kiné, c'est un bon point car nous avons eu des cours de planification, de musculation, de renforcement musculaire.

 

Pierre OGER : Comment voyez-vous l'avenir ?

Lucas GIACOMINO : Pour le moment, je ne sais pas trop ! Nous avons des projets sympathiques avec la Belgique. L'avantage avec ce pays c'est qu'ils partent de loin, tout est à créer ! L'équipe est assez vieille mais la culture du rugby et du sport de haut niveau est née il y a quelques années et avec elle tout ce qui a trait au développement, à l'accompagnement du sportif, à la gestion, au management et à la planification de l'entraînement. La fédération nous laisse ainsi beaucoup d'autonomie, nous sommes deux kinés et un médecin. Après, il y a aussi une commission médicale avec laquelle on travaille pour développer un réseau, mettre en place le système médical au sein de la Fédération Belge auprès des joueurs belges. C'est hyper intéressant ! Et c'est bien de voir cela ! Par exemple, travailler aujourd'hui avec l'équipe de France de rugby serait du prestige tout est préparé : il y a des classeurs et des fiches en fonction de telle ou telle pathologie sur lesquelles il suffit de se baser. On ne crée donc rien mais on reçoit des dotations, on est bien payé, on peut voyager : c'est le côté brillant quand on est kiné. Après je me dis que le jour où j'en aurai marre du rugby, où tous les projets actuels s'arrêtent ou changent, où les entraîneurs ne seront plus là, je n'aurai plus d'interventions et je reverrai peut-être mes positions ! Car en tant que kiné, cela fonctionne comme cela : lorsqu'un nouvel entraîneur arrive, il aime bien travailler avec son staff dont on ne fait pas partie et on doit partir. On est toujours dans une forme d'équilibre avec un avenir incertain. Pour revenir à la question, je ne suis pas quelqu'un qui va frapper aux portes, envoyer des CV pour dire « prenez-moi, prenez-moi ! ». Par contre, si un jour on m'appelle, je réfléchirai. Là, j'ai refusé de rejoindre un club de Nevers qui m'a contacté par le biais d'un joueur puisque j'ai le projet avec la fédération. Mais j'ai gardé le contact et j'attends pour le moment. Là, je vais sûrement commencer un projet avec la gymnastique, à voir le résultat. Moi je ne suis pas fermé ...

 

Pierre OGER : Je reviens à votre projet avec la Belgique pour la Coupe du Monde 2019 en rugby, l'objectif sera vraiment de qualifier l'équipe de Belgique ?

Lucas GIACOMINO : Oui ! Nous étions en 6 Nations C en 2014, que l'on gagné et nous sommes donc montés en 6 Nations B. Pour participer à la Coupe du Monde, il faut faire partie des trois premières équipes du 6 Nations B, en sachant que l'on rajoute les équipes du 6 Nations A qui sont automatiquement sélectionnées. En sachant que dans les trois il y a déjà la Géorgie de qualifiées, il reste donc 2 places potentielles. Cette place va se jouer l'année prochaine, aux Championnats d'Europe. Cette année, notre objectif est le maintien et l'année prochaine de finir troisième.  Mais les règles de sélection ne sont pas encore définies donc on attend. En tout cas, c'est cela qui forme un groupe. Avec le staff, nous avons traversé des épreuves donc plus rien ne peut nous surprendre ! Le projet est intéressant !

Lucas GIACOMINO équipe2
 

Les conseils aux étudiants

Pierre OGER :  Pour conclure cette interview après toutes ces perspectives, auriez-vous quelques conseils à donner aux étudiants de l'IFEPSA ?

Lucas GIACOMINO : Au niveau des études, il faut travailler !, parce qu'on n'a rien sans rien ! Il faut rester ouvert à tout, engranger des connaissances variées, s'ouvrir à des expériences nouvelles et voir ce que l'on peut en retirer. Également, il faut savoir prendre des risques, ne pas hésiter à saisir les occasions qui se présentent : en clair, il faut être opportuniste ! Qui ne tente rien n'a rien ! Au niveau des qualités, la franchise peut être un atout : j'ai toujours été quelqu'un qui disait les choses, que ce soit aux professeurs ou aux autres élèves, même si cela m'a porté préjudice pour certaines choses, cela m'a plus rendu service au final.

Quand on a une idée aussi, il faut aller au bout. Si on est sûr de ses choix et de ce que l'on veut faire, il faut foncer !

 

Pierre OGER :  Merci pour ces conseils et le temps que vous nous avez accordés !

Lucas GIACOMINO : Merci à toi et bon courage pour la fin de ta formation !